Anaïs Caradeux : "Les galères de cette année m’ont encore plus motivée" (interview exclu)

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La blessure d'Anaïs Caradeux lors des X Games lui a fait perdre une saison, mais pas sa motivation. La Française est plus déterminée que jamais à décrocher l'or à l'issue de sa saison 2014-2015 comme elle nous l'a expliqué.

Anaïs Caradeux a grandi en Guadeloupe jusqu'à ses sept ans. Son arrivée à Annecy marque également son entrée dans le domaine du sport avec le patinage artistique, qu'elle pratique jusqu'à ses douze ans. C'est en déménageant à La Clusaz qu'elle débute le ski halfpipe. Elle s'illustre rapidement dans cette discipline, remportant notamment un globe, et deux épreuves de coupe du monde. La carrière d'Anaïs Caradeux a cependant connu une periode de creux lorsqu'elle s'est blessée en janvier 2014 lors des X Games. S'en sont suivis des mois de réeducation une opération et la perte de sponsors. Un passage à vide qui, contre toute attente a remotivé la freestyleuse. Elle s'apprête à remettre le pied à l'étrier sur les épreuves de ski halfpipe ce vendredi à Copper Mountain aux Etats-Unis. A lire aussi : Martinod, Rolland, Krief, Caradeux... A l'entraînement sur le halfpipe de Tignes.

Sur quelle structure d'entraînement pars-tu cette année ?

Je m'entraîne toujours avec Elena Chase, comme la structure reste inchangée pour Greg Guénet, elle le reste pour moi. J'ai toujours Elena, ma coach privée, les garçons et Marie ont toujours Greg comme coach. Je finance personnellement ma coach et quand je vais sur les coupes du monde, je finance également son voyage. La fédération m'aide à payer ses hôtels et ses pass.

N'est-ce pas trop lourd financièrement pour toi ?

C'est très lourd, c'est pour ça que je lance ma campagne de levée de fonds sur Fosburit. J'ai besoin d'aide pour me financer, parce que j'ai perdu un de mes sponsors et donc une partie de mon budget. Donc je fais appel aux gens pour tenter de subvenir à mes dépenses et de me permettre d'aller chercher, je l'espère, une médaille d'or aux mondiaux.

Tu as passé la tête à l'envers pour la première fois l'année dernière. Penses-tu qu'il s'agit d'un mouvement indispensable en compétition pour marquer des points ?

Je pense que si on veut finir sur le podium oui. Il faut avoir une base technique qui inclut une rotation avec la tête en bas que ce soit un cork ou un flair, comme ce que je fais. Sans oublier une bonne amplitude.

Imagines-tu une figure spécifique ?

J'imagine beaucoup de choses (rires) ! Je dois retravailler sur mon accent, pouvoir le mettre en cork, au début de mon run. Et sur un autre petit truc, mais je ne m'avance pas trop pour l'instant !

Anaïs Caradeux : "Les galères de cette année m’ont encore plus motivée" (interview exclu)

Marie Martinod a repris le leadership en France en halfpipe. Comment est-ce que tu gères cette concurrence ?

Honnêtement, depuis les Jeux, j'ai un peu "enchaîné les galères", j'ai perdu mes sponsors, je me suis fait opérer pour la première fois de ma carrière et finalement, je pense que c'est ce qu'il me fallait. C'est un peu toucher le fond de la piscine pour pouvoir remonter. Je m'étais toujours demandé comment j'allais réagir à de vraies difficultés, puisque je n'en ai jamais rencontrées durant ma carrière. Et je pense que ça me motive encore plus. Je trouve une nouvelle énergie, une nouvelle niaque, puisque depuis quelques années je m'étais laissée portée par le flot : mes sponsors me suivaient, j'allais être réinvitée aux X Games, à la coupe du monde. Aujourd'hui tout est remis en question. Il faut que je me re-sélectionne comme la toute première année. Je ne sais pas si je vais réussir à revenir, mais je sais que je vais tout donner. Voir qu'il y avait un autre monde en dehors du ski ça m'a également enlevé un poids des épaules. Quand pendant des années tu penses que tu n'es bonne qu'à une chose, tu te mets la pression, parce qu'il ne faut pas que tu te loupes. Et finalement c'est arrivé, la blessure, les sponsors, et Marie. J'avais deux choix, mal le prendre et abandonner, ou voir le positif et me battre. J'ai choisi la seconde option !

Tu étais sur le Quiksilver Pro en septembre. As-tu pensé à une reconversion ?

(Rires) Oh je rêverais d'envisager cette reconversion ! Mais pour l'instant je passe plus de temps à couler près de ma planche Bic en mousse rose que dessus (rires) ! Je suis allée surfer avec Mathieu Crepel et quelques amis, et il y avait deux ou trois séries qui arrivaient dans le fond. 1m80... J'ai bien flippé dans l'eau (rires) ! Donc je m'éclate, il n'y a pas de pression dans le surf, et je sais que je peux tout essayer, l'eau ça ne fait pas mal... En principe (rires) ! A Hossegor les vagues sont dures à surfer mais c'est un banc de sable, donc le côté danger est un peu diminué, sauf quand on imagine comme moi que l'on peut suivre des potes qui eux savent très bien surfer (rires). Je me suis retrouvée dans le même restaurant que John John (Florence ndlr) qui fêtait son titre et j'ai adoré l'ambiance qu'il y avait. J'aimerais bien ajouter un peu de ça dans le ski, des petits rituels, avec des colliers de fleurs, les gens qui te portent sur leurs épaules… Passer un mois et demi à Hossegor m'a donné un coup de frais. Ça n'était pas des vacances, j'étais en rééducation à Capbreton, donc trois semaines à raison de huit heures de sport enfermée. J'ai profité de mes deux semaines de vacances !

Anaïs Caradeux : "Les galères de cette année m’ont encore plus motivée" (interview exclu)

Le plus beau spot sur lequel tu aies ridé ?

Chez moi, et c'est juste trop beau ! (La Clusaz)

Ton plus grand adversaire ?

Moi-même.

Ta plus grosse chute ?

Je peux faire un top 3 (rires) ? Les Jeux, les X Games l'an dernier à Aspen, et les X Games il y a trois ans à Tignes.

Ta plus grande réussite ?

Me faire confiance.

Les posters que tu avais accrochés dans ta chambre quand tu étais petite ?

Mathieu Crepel, Candide Thovex et Sarah Burke.

Tes vacances cet été c'était plutôt farniente, sportif ou festif ?

Ça a été grosse fête et école avec mes colocs à Annecy, et sportif farniente à Hossegor ces derniers mois.

Ce que tu aimes en compétition ?

L'adrénaline, et le dépassement de soi.

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Source : Maud Julien Le Pommeray