Antoine Bizet : "La Nuit de la glisse, c’est vraiment une grosse production" interview exclu du rider MTB

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Antoine Bizet fait partie du casting de la Nuit de la glisse dont l’avant-première aura lieu ce vendredi au Grand Rex à Paris. En attendant de découvrir le dernier opus de Thierry Donard, le rider MTB a commenté pour nous 18 photos et vidéos que nous lui avons présentées.

Cette semaine, meltyXtrem vous détaillait les riders présents pour ''Addicted to Life'' au Grand Rex à Paris. Parmi les grands noms des sports extrêmes que vous pourrez voir lors de l’avant-première dans la capitale ce 28 novembre, Antoine Bizet est un de ceux que Thierry Donard (le réalisateur de la Nuit de la glisse) a choisi de suivre pour ce nouvel opus. Brillante idée car le MTB était loin d’être la discipline la plus représentée sur les dernières éditions de la Nuit de la glisse. Arrivé tout droit de Versailles avec son dernier Kona 29'' (" j'ai pédalé une bonne heure à fond ") Antoine nous a expliqué la particularité de tourner avec cette équipe, les spots sur lesquels on le retrouvera à l’écran et commente pour nous les images et vidéos marquantes de sa carrière sur ces deux dernières années.

Antoine Bizet : "La Nuit de la glisse, c’est vraiment une grosse production" interview exclu du rider MTB

L'affiche de la Nuit de la glisse : " Thierry m’a contacté il y a deux ans, mais le tournage était trop court en 2013. On est donc reparti cette année au printemps en Espagne pour aller filmer ma part’. On a eu quelques soucis avec une grosse ligne à tricks qu’on avait trouvée et qui offrait un step up trop gros par rapport à la vitesse qu’on pouvait avoir en arrivant dessus. Finalement, on s’est dit qu’on allait davantage montrer une histoire autour de la recherche du spot parfait. Résultat, on est finalement allé filmer en freeride sur différents spots. A Montpellier dans les terres rouges et à Châtel dans les Alpes. On a aussi filmé à Barcelone une dernière part’. Avec Thierry, c’est vraiment une grosse équipe de tournage qui était autour de moi. C’était une première pour moi avec les drones, les caméras… En plus, ils ont un autre regard sur le vélo par rapport aux pros avec qui je travaille d’habitude. C’est davantage le regard du public. Et comme ils ont déjà tout filmé, il y a de l’originalité par rapport à ce qu’on voit d’habitude dans le MTB.

Antoine Bizet : "La Nuit de la glisse, c’est vraiment une grosse production" interview exclu du rider MTB

Je sais qu’il y a souvent du surf dans la Nuit de la glisse. J’ai la chance d’être sponsorisé par Ion. Ils m’ont donné une planche il y a deux ans et je l’ai emmenée avec moi dans ma maison de vacances à Arcachon où il y a des bons spots. J’y connais pas grand-chose, mais j’adore faire du surf notamment avec ma bande de potes de Versailles. Même chose pour le ski, j’en fais un peu avec un de mes meilleurs potes du lycée qui habite à Tignes maintenant. Mais, j’ai moins le temps aujourd’hui pour faire d’autres sports. Je préfère faire du vélo, même en hiver. Là par exemple pendant l’intersaison, je vais à Barcelone dès dimanche et ensuite en nouvelle Zélande pour rider.

Antoine Bizet : "La Nuit de la glisse, c’est vraiment une grosse production" interview exclu du rider MTB

Sur le papier, tous ces mecs sont censés être des rivaux. Mais on voyage toujours ensemble, on fait la fête après la compet’… Donc forcément, on est quand même proche, notamment avec les cinq Français, Louis Reboul, Yannick Granieri, Mehdi Ghani qui a eu quelques blessures mais qui a un gros niveau. Il y a aussi Thomas Lemoine et Simon Pagès. Perso, je suis moins dans l’adversité. Ma vision des choses, c’est que je vois la ligne et je veux y placer tel ou tel trick. Je me lance un défi. Ensuite le résultat tombe. Je recherche plus à repousser mes propres limites qu'à me "fighter" contre les autres.

Antoine Bizet : "La Nuit de la glisse, c’est vraiment une grosse production" interview exclu du rider MTB

Là par contre, ce sont mes potes versaillais ! Ils sont dans les canapés à côté d’une grosse bosse sur mon terrain d’entrainement. Ils font du vélo une session sur cinq ou dix. La plupart du temps, ils prennent les bières et ils me regardent (rires). Ce jour-là, on s’était vraiment fait une bonne session. Je revenais de deux mois de trip, donc ça fait toujours plaisir de revoir les potes.

Antoine Bizet : "La Nuit de la glisse, c’est vraiment une grosse production" interview exclu du rider MTB

Toujours à Versailles, au même endroit. Cette ligne, je l’ai construite avec des sauts de plus en plus gros. Là maintenant, c’est une des lignes les plus folles que je connaisse. Je suis allé aux États-Unis et au Canada et j’ai pu comparer. Il y a cinq sauts de 10 mètres de long... Ça mène dans la forêt jusqu’à un gros gap de 15 mètres. D’ailleurs, j’ai même réussi à le faire en backflip ce week-end.

Antoine Bizet : "La Nuit de la glisse, c’est vraiment une grosse production" interview exclu du rider MTB

C’est Ludo Gardarin qui est l’importateur Kona France qui m’a amené chez eux, en 2011. Je l’avais rencontré au Roc d’Azur cette année-là. Il m’avait donné trois vélos et c’était parti. Ensuite, j’ai fait une deuxième place au Châtel Mountain Style toujours en 2011. Sur cette compet’, j’ai battu plein d’Américains et de Canadiens. C’est là que Kona m’a réellement fait signer mon premier contrat pro en me donnant la possibilité de faire le World Tour l’année d’après. En 2012, je termine deuxième sur la Rampage, mon plus gros résultat jusqu’à maintenant. J’ai eu des propositions d’autres marques, j’ai bien réfléchi, mais je suis resté chez Kona car les vélos sont vraiment au top. J’ai mon bike de descente en carbone qui est juste une tuerie. Mon dirt est à peine à 11kg, il a une géométrie nickel. Bref, je n’ai pas envie de changer et j’ai même signé un nouveau contrat pour deux ans. Je suis chez eux au moins jusqu’en 2016.

Antoine Bizet : "La Nuit de la glisse, c’est vraiment une grosse production" interview exclu du rider MTB

La Rampage évidemment… Dans ma carrière, c’est le second tremplin après le Châtel Mountain Style en 2011. Ce premier event avait lancé ma carrière et la Rampage m’a fait franchir un autre palier. Des nouveaux sponsors notamment sont arrivés. Sur un plan médiatique, la Rampage, c’est une autre planète par rapport à tous les autres events MTB de la planète. Il y a deux ans, je me suis dit "objectif Rampage" et je me suis raté en chutant. Donc pour 2015, je me fixe un peu moins la dessus, même si ça reste évidemment mon event préféré et que je veux absolument carburer là-bas.

Antoine Bizet : "La Nuit de la glisse, c’est vraiment une grosse production" interview exclu du rider MTB

C’est Cameron Zink qui balance un énorme backflip sur le plus gros module en 2013. La Rampage, c’est un événement incroyable Au niveau technique, c’est ce qui se fait de mieux. Moi, j’y retourne tout le temps pour m’entrainer et rouler les lignes. Sur place, tu trouves 20 cm de terre meuble. Si tu veux te construire une bosse, tu mets de l’eau, tu tasses et ça devient tout de suite un terrain de jeu incroyable. Tu peux vraiment envoyer car c’est super raide. C’est de la grosse pente, tu as l’impression d’être en ski freeride en quelques sortes. D’ailleurs, les modules en bois de la Rampage finissent en barbecue car ils sont trop dangereux et les organisateurs n’ont pas envie de voir un rider se blesser en les tentant hors compétition.

Mon double backflip sur le Nine Knights. C’est effectivement une première en MTB. J’avais un vélo de descente. Et ces bikes sont beaucoup plus durs à bouger qu’en dirt par exemple. C’est un peu comme une motocross. Il y a des grosses suspensions, ça pèse plus lourd et les pneus sont balèzes. Bref, ce n’est pas vraiment fait pour faire des figures à la base. Mais en freeride, avec la pratique que j’ai et avec des gros sauts et des bonnes réceptions, tu peux faire des choses sympas. D’autant plus que je fais pas mal de dirt et que j’ai été gymnaste, donc ça aide pour envoyer des figures.

Antoine Bizet : "La Nuit de la glisse, c’est vraiment une grosse production" interview exclu du rider MTB

Pas vraiment envie de le voir ce classement… Je me suis blessé au deuxième event du World Tour, c’est pour ça que je ne suis pas dans les 10 premiers (il termine l’année 18e), même si c’est cool pour mes potes qui ont fait des bonnes places. Rheeder et Semenuk sont des machines avec un terrain parfait au Canada pour s’entraîner toute la journée. Ils ont une grosse technique. Anthony Messere, c’est un jeune Canadien bien fougueux qui a fait troisième au Crankworx de Whistler il y a quelques années. Le problème avec lui c’est qu’il se crashait toujours jusqu’à cette année où il a enfin fait preuve de régularité. Pour Thomas Genon, on a commencé le vélo ensemble aux Deux Alpes en 2007, on est pas mal proche. Godziek, c’est un pote polonais avec lequel je vais à Barcelone la semaine prochaine. Il a un bon style à lui, un peu typé motocross. Nicho Rogatkin, il vient du BMX. Il est sur le MTB depuis l’année dernière. Il met quasiment tous ses tricks de BMX avec son mountain bike. Yannick est un pote avec qui ont fait des saisons depuis longtemps. Et Louis qui a aussi eu pas mal de blessures a pu enfin faire un World Tour propre avec son style fluide et ample.

Mon best trick à Mexico sur la Downhill Taxco 2014. Là-bas, le public est fou, comme les escaliers… C’est un voyage à part entière de partir au Mexique. D’un côté, il y a la course et de l’autre, tout l’environnement particulier autour de la compet’. Ils construisent un parcours de dingues avec les montagnes qui sont très raides autour. C’est beaucoup plus détente par rapport aux autres events de l’année où les sponsors t’attendent un peu plus. En France, je n’ai malheureusement pas pu aller à la descente urbaine de Grasses remporté par Yoann Barelli même si Lionel Beccari m’avait proposé de venir. Mais si je peux, je viendrai l’année prochaine.

Antoine Bizet : "La Nuit de la glisse, c’est vraiment une grosse production" interview exclu du rider MTB

Je me protège dès que je ride. J’ai un gros pare pierres qui s’attache avec mon protège cervicales. Là, ce sont des casques de motocross de mon sponsor Kali. C’est un type de casque entre motocross et vélo. Il est plus léger et compact, mais il me permet surtout d’encaisser les chocs en MTB surtout quand on sait que les casques pour vélo sont faits pour des chocs à 14 km/h maximum En général, à la Rampage, je suis un peu plus rapide que 14 km/h, donc ce genre de casque est plutôt utile. Au niveau des blessures, je me suis entre autres retourné le coude en 2009, cassé la clavicule deux fois… Cette année, je me suis déboité deux doigts et je me suis perforé le rein avec mon coude à Wishtler. Hémorragie interne et deux mois de convalescence. Adieu Rampage…

Antoine Bizet : "La Nuit de la glisse, c’est vraiment une grosse production" interview exclu du rider MTB

Mon double backflip sur le White Style. C’est le seul event MTB sur neige. Il y en a peut-être d’autres au Canada, mais c’est le seul avec une dimension internationale. Il faut juste que la neige soit dure, car sinon c’est de la soupe. La dernière fois, il faisait – 14 à Leogang en Autriche, donc il n’y avait pas vraiment de problème à ce niveau-là. Dans le même genre, la Mégavalanche de l’Alpes d’Huez me tente pas mal. Le problème, c’est que j’ai un calendrier déjà bien chargé l’été.

Mon premier bigbike flair. Au niveau des figures, je suis plus branché gros sauts et grosse rotations. J’ai pas mal regardé les Red Bull X Fighters pendant ma convalescence. Je suis notamment allé à Munich pour voir Tom Pagès en live.

Antoine Bizet : "La Nuit de la glisse, c’est vraiment une grosse production" interview exclu du rider MTB

L’affiche du film Hexagone (film 100% français). Je fais partie des riders qui y ont participé. On a filmé une bonne part’ l’été dernier. Mais c’est un peu dommage car j’aurais aimé mettre certaines de mes figures en dirt comme des fronts flip ou des doubles flip, mais on n’a pas eu assez de temps. Ça n’empêche pas que le film est quand même incroyable. La qualité vidéo, la diversité, il y a tout ce qu’il faut pour faire une grosse prod'. On n’a pas grand-chose à envier aux Nord-Américains sur ce plan-là.

Ma série From Bizet With Love. L’idée vient de moi. C’est mon meilleur pote Jules Langeard qui filme. La série s’étale sur deux ans et permet de voir l’envers du décor, comment on imagine les runs, la façon dont on se prépare, notre quotidien en fait, tout en évitant de rendre ça ennuyeux. On ne sait pas si on tournera une troisième saison. Déjà qu’on n’a pas vraiment pu terminer la saison 2. J’ai aussi d’autres projets dont un avec la Nuit de la glisse où j’aimerais bien continuer avec une part’ dans un endroit secret. Je pars aussi bientôt en Nouvelle-Zélande pour un autre film, donc les projets ne manquent pas.

Antoine Bizet : "La Nuit de la glisse, c’est vraiment une grosse production" interview exclu du rider MTB

Probikeshop, le site de vente en ligne qui est un de mes sponsors. Au niveau du matos, si j’ai besoin d’un truc à l’express, le service est top et ils vendent une bonne partie des marques que j’utilise. Il y a Gracia aussi qui est ambassadeur. Mais lui quand je le vois, c’est toujours au bar en train de faire le con. J’étais au FISE en Andorre cet été et il est venu nous voir rouler sur les modules. C’est vraiment un monstre au niveau palmarès et toujours avec le bon état esprit, dans la déconne et la bonne ambiance. C’est un exemple. On avait pour idée d’aller rider ensemble au Maroc. J’espère que ça se fera.

Antoine Bizet front flip over river from Art Barn on Vimeo.

Mon front à Whistler. J’y suis resté deux semaines en août, même si le road trip a été raccourci pour moi à cause de ma blessure au rein. Là, c’est un gros jump shapé pour la série New World Disorder (regardez l'épisode 10 à cette adresse). C’est un canyon gap qu'on pourrait décrire comme un jump au-dessus d’une rivière. Y’a un bon trou en dessous donc faut pas vraiment se rater. Le front, ça reste un de mes plus gros tricks en vélo de descente. Au Canada, ils ont en général de très belles pistes. Cette année par exemple, il y a le Coast Gravity Park qui est sorti et il a l’air top. Je n’ai pas pu le tester car j’étais blessé mais des potes m’ont dit qu’il était vraiment pas mal. Les parks sont aussi bien pensés au Canada. Au niveau sécurité, tu sens qu’ils ont bien réfléchi avant de shaper. " A lire aussi : Nuit de la glisse 2014 : Vidéo teaser du film ''Addicted to Life'' le 28 novembre au Grand Rex.