Charles Navillod : Tignes, X Games, ski de bosses ( interview exclue ! )

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Sous son air décontracté et rigolard, Charles Navillod cache un tempérament frénétique. Plus qu'une véritable passion, le ski est devenu son gagne pain. Confessions d'un enfant de la montagne savoyarde.

Aujourd'hui, tu profites des bonnes conditions météo pour rider. Quel a été ton programme de la journée ? Alors, j'ai skié avec mon frère Mathieu et un jeune rider Antoine Blanqui. Grosse journée continue à Tignes aux Tufs, un spot que je ponce souvent. C'est certainement une des meilleures sessions de cet hiver grâce à des conditions au top !

Tout d'abord, abordons ton actualité. Tu as posté ta dernière vidéo "Nos jours heureux" en février dernier. As-tu d'autres projets en cours ? La semaine passée avec mon frère Mathieu, nous avons tourné un édit sur le ski de bosses avec des plans sympas à l'ancienne. Nous avons testé la gamme des skis Black Crows. Le montage sera bientôt terminé. Sinon, ce n'était pas prévu mais je vais monter une petite vidéo sur nos runs d'aujourd'hui (rires). J'ai pas mal de projets avec Ken, un jeune cameraman tignard très doué. A côté de ça, je fournis du contenu hors piste et freeride pour Tignes, environ une vidéo toutes les deux semaines. Puis, je shoote souvent avec Andy Parant, photographe tignard afin de promouvoir la station savoyarde l'hiver prochain.

Dans le même esprit, quel est le projet ski de tes rêves ? Un trip en Alaska, ça serait magique ! Malheureusement, impossible de le réaliser pour l'instant. Le budget hélico représente à lui seul 50 000 à 60 000 euros pour quelques jours de ski. Autrement, en avril ou début de saison prochaine, je pars avec des potes en trip ski à l'Etna (Sicile) pas loin du volcan. Ça va être cool !

Tu as grandi dans les montagnes à Tignes. En quoi cette station est différente des autres ? C'est dur d'être équitable dans mon jugement car je suis amoureux de la station (rires). Ma famille est originaire d'ici. J'y suis né et j'y ai toujours skié. De plus, j'ai participé à des compétitions en ski de bosses dans les Alpes et en Europe. Ailleurs, on ne retrouve pas autant de variété ni les mêmes dénivelés. Ça reste un domaine incroyable !

Charles Navillod : Tignes, X Games, ski de bosses ( interview exclue ! )

Justement, à l'aube des Winter X Games, quels sont tes pronostics concernant le ski superpipe et slopestyle ? Pour le slopestyle, je n'ai pas vraiment de pronostics. Côté superpipe, je verrais bien l'or pour Torin Yater-Wallace, Kévin Rolland en argent et Thomas Krief en bronze. Hier, j'ai vu Toto et Mitch, ils ont l'air en forme. Après Torin reste au-dessus du lot. Mais faut envoyer du positif ! Bien sûr, j'irais les encourager sur les qualifications et les finales.

Entre 2004 et 2007, tu as participé à des compétitions internationales en ski de bosses. Pourquoi n'as-tu pas été plus loin ? A 13 ans, j'ai commencé le ski de bosses. À 15 ans, j'ai intégré le comité de Savoie puis la FFS (Fédération Française de Ski) à 18 ans. Durant cette période, j'ai enchaîné les blessures au genou, au pouce ... Forcément, je n'ai pas eu le temps de m'épanouir ni de performer réellement en compétition. Après deux ans en équipe de France, j'ai tout arrêté à la suite d'une douloureuse blessure à la cheville. De là, j'ai réussi mon diplôme pour devenir moniteur de ski.

Comment as-tu vécu cette expérience du ski à haut niveau ? L'avantage, c'est le vécu et toute la confiance que cela t'apporte par rapport à la vie en général. Sans oublier tous les gens formidables que tu rencontres. En revanche, l'aspect négatif se ressent au niveau du rythme de vie. Pas toujours évident de s'entraîner 330 jours par an uniquement pour ton sport. En fait, j'avais très peu de temps libre. Et puis, en France, ce sport reste peu médiatisé. C'est difficile de vivre de ça à part si tu fais partie des cinq meilleurs mondiaux.

Qu'est ce que la FFS t'a apporté au point de vue professionnel et personnel ? De mon passé de bosseurs, je retiens les voyages, les bons moments avec l'équipe et surtout le pic de progression que j'ai eu. Néanmoins, à mon époque, je me sentais un peu bridé. Tout le monde devait skier de la même façon comme si on était dans le même moule. En gros, j'ai arrêté de me faire plaisir quand je suis entré en équipe de France. Maintenant ça a beaucoup évolué. Inévitablement, ça a participé à mon orientation vers le ski freestyle et freeride. Cet aspect créatif illimité et cette sensation de liberté m'attirent beaucoup. Du coup, j'apprends toujours.

Charles Navillod : Tignes, X Games, ski de bosses ( interview exclue ! )

Préfères-tu le freeride, le freestyle ou le backcountry ? Pour moi, le freeride backcountry incarne le mix parfait. C'est vraiment plaisant, ça mixe les deux disciplines (freestyle/freeride) et niveau sensation, j'adore.

Aujourd'hui comment vis-tu du ski ? Je suis moniteur de ski chez Evolution 2, une école de ski indépendante, à Tignes. La reconversion s'est opérée assez naturellement. J'ai commencé à donner des cours freestyle/freeride contre de l'argent de poche. Petit à petit, j'ai pu développer mes propres produits et je prends mon pied !

À part le ski, pratiques-tu d'autres sports ? Dès que j'ai arrêté la compétition, j'ai monté une école de surf à Soulac près de Bordeaux, avec Guilbault Colas le n°1 du ski de bosses. Ça reste un sport de glisse toujours dans le même esprit. Sinon, je fais un peu de vélo et je regarde de temps en temps la Formule 1, l'élite de l'automobile. Par ailleurs, je vous invite à liker ma Page Facebook où vous pourrez trouver toutes mes vidéos et mes actus. Que pensez-vous de Charles Navillod ?

Charles Navillod : Tignes, X Games, ski de bosses ( interview exclue ! )
Charles Navillod : Tignes, X Games, ski de bosses ( interview exclue ! )
Source : Charles Navillod