Cyril Despres, 4e du Dakar 2014 en interview exclusive !

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Si Cyril Despres a terminé 4e du Dakar 2014 avec sa Yamaha, le Français a prouvé sur la deuxième semaine de course du rallye raid qu’il pouvait largement rivaliser avec Marc Coma et sa KTM, vainqueur de cette édition. Interview exclusive avec le Français, de retour en Andorre, qui revient pour nous sur ce Dakar mouvementé.

Désormais engagé avec les légendaires motos bleues de Yamaha, Cyril Despres a pris des risques cette année en changeant de team et en débarquant chez le constructeur japonais alors qu’il avait remporté ses cinq succès sur le plus difficile rallye raid du monde avec KTM. Mais le Français est un homme de challenge et celui-ci était à la hauteur du pilote à l’image d’un Valentino Rossi qui choisit en 2004 de rejoindre Yamaha alors qu’il venait d’être sacré sur une Honda. Pour Despres, l’objectif était clair cette année : Aller chercher Stéphane Peterhansel et ses six victoires sur le Dakar. Raté pour 2014 car c’est finalement Marc Coma qui s’est imposé sur ce Dakar 2014 en moto, mais le natif de Nemours reviendra probablement encore plus fort l’année prochaine avec une moto qu’il connaitra encore mieux. En attendant, on fait avec lui le bilan de cette édition 2014.

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Cyril, tu termines à la 4e place de ce Dakar 2014. Une course sur laquelle tout est devenu plus difficile pour toi au classement général dès le 5ème jour (il se retrouve alors à près de 2h30 de Coma).

Oui, j’ai perdu beaucoup de temps sur les premières étapes. Devant, Marc Coma a pu rapidement avoir une grosse avance et c’était plus facile pour lui car il devait surtout gérer. J’ai donné le maximum jusqu’à la fin. C’était une première expérience pour moi avec Yamaha. On a besoin de faire des kilomètres avec cette moto, de se retrouver en phase de problème pour savoir sur quoi on doit travailler. Mais à part ces soucis en début de rallye qui nous coûte la victoire, le reste a plutôt bien fonctionné pour nous.

Sur la cinquième étape, tu es tout proche de tomber en panne. Raconte-nous cet épisode.

Sur cette étape, j’ai eu une surconsommation dans une partie assez délicate sur laquelle Paulo Goncalves a notamment brulé sa moto. C’était un passage technique difficile à gérer. Quand on est arrivé dans un rio (une rivière asséchée), il y a avait pas mal de pilotes qui tournaient en rond à cause d’un point GPS pas facile à trouver. Moi, j’étais déjà limite au niveau de la consommation d’essence. Donc j’avais deux solution : Soit faire comme tout le monde en cherchant le point GPS et en prenant le risque de tomber en panne, soit laisser tomber le point GPS en essayant de ne pas perdre trop de temps et en terminant la spéciale. Le tout, en espérant trouver des spectateurs qui pourraient m’aider pour l’essence. J’ai choisi la deuxième option, et j’ai donc eu de la chance de tomber sur un pilote amateur de quad qui m’a dépanné. C’est un type de problème que l’on ne s’attendait pas à trouver, mais le tracé nous a joué quelques surprises. Le tout dans des températures qui avoisinaient les 47° en plein soleil…

Au soir de la 6e étape, tu es à près de 2h30 de Coma. Tu y crois alors encore ?

Quand tu sais que tu vas partir pour faire six heures de moto, il faut y croire, car sinon, ça devient très difficile. Je ne suis pas du genre à baisser les bras. Et même avec autant de temps à rattraper, j’ai préservé pour aller au bout. J’ai donné le maximum malgré mes problèmes de début de rallye. Mais c’est évident que l’on arrive plus facilement à gérer ce genre de situation quand on a 40 ans que lorsqu’on en a 25.

Tu as aussi eu des problèmes de boitier avec l’iritrack (boîtier solidaire au GPS, qui permet au PC course de connaître à tout moment le positionnement par satellite de chaque concurrent).

Pour le coup, c’est vraiment la faute à pas de chance. Il faut savoir que dans les sports mécaniques, quand on a un problème, on le règle et c’est bon, ça n’arrive plus. Là, ça nous a tué notre course.

Au-delà de l’aspect pur compétition, as-tu pris du plaisir à pilote la Yamaha ?

Oui clairement. C’est une moto plus facile à manier que la KTM sur certains types de terrain. Mais il faut aussi avouer que les concurrents ont fait de gros efforts cette année avec de très bonnes motos. Des nouvelles machines que l’on ne s’attendait peut-être pas à voir à un niveau pareil.

Sur le Dakar, les pilotes (en particulier les motards) ont-eu l’air très éprouvés par les conditions cette année.

C’est vrai que la première semaine a été très difficile. Sur la totalité du Dakar, je dirais que ce n’était pas le plus dur de tous. Car la deuxième semaine a finalement été plutôt calme. Ce qui nous a fait du mal, surtout à nous les motards, ce sont les premières spéciales avec des réveils très tôt le matin. Si on rajoute en plus les températures que l’on a pu avoir sur certaines étapes et des pistes rendues cassantes par les pluies, ça t’épuise très rapidement.

Quel est ton programme maintenant ?

Pour l’instant, je fais un break car après quatre ou cinq mois à se préparer exclusivement pour le Dakar, on a forcément un coup de moins bien ensuite. On doit récupérer. A ce jour, rien n’a trop été fixé pour la suite. Mais on fera évidemment un bilan de ce Dakar quand toute l’équipe sera rentrée sur Paris. Ensuite, il sera temps de penser à aller chercher à nouveau le record de Peterhansel… (qui a six victoires sur le Dakar en moto alors que le pilote Yamaha en possède cinq).Paris Dakar 2014 : Marc Coma réagit après sa 4e victoire en moto !

Cyril Despres, 4e du Dakar 2014 en interview exclusive ! - photo
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