Emilien Badoux : "En freeride, il ne faut faire qu'un avec la montagne" (interview exclu)

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Découvrez l'interview exclu meltyXtrem d'Emilien Badoux, champion du monde de snowboard freeride ! Le vainqueur du Freeride World Tour 2014 revient sur son parcours et nous offre sa vision de la discipline.

Le freerider Emilien Badoux a vécu une saison 2014 inoubliable, snowboard aux pieds. Il a en effet remporté, fin mars, le classement général du Swatch Freeride World Tour à l'issue de l'Xtreme de Verbier. Emilien Badoux est donc le nouveau champion du monde en titre de snowboard freeride. Une belle consécration pour ce rider suisse de 30 ans, cinquième mondial l'an passé. Le 24 janvier prochain s'ouvrira le Freeride World Tour 2015, meltyXtrem vous avait d'ailleurs dévoilé le calendrier des épreuves. A l'aube de cette nouvelle saison, Emilien Badoux s'est confié à meltyXtrem. Il revient sur son parcours, nous livre sa vision du freeride et nous parle de sa collecte de fonds sur Sponsorise.Me. Objectif du champion : financer une partie de sa saison 2015, pour continuer à vivre sa passion de la montagne. Interview exclu !

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Emilien, tu as démarré la compétition par le freestyle et le backcountry, passant pro à 16 ans. Comment s'organisait alors ta vie sur le circuit snow ?

Ahahah, j'adore cette question car elle cible vraiment bien mon état d'esprit de l'époque. Eh bien, j'étais très rebelle face à toute structure d'entraînement, je ridais juste pour le plaisir et le spirit. J'ai très vite pris le chemin des photos et vidéos, car cela me laissait une plus grande part de créativité.

Tu as remporté, à ce moment, plusieurs titres de champion de Suisse junior en halfpipe. Qu'est ce que tu appréciais le plus dans cette discipline ?

Ce sont vraiment les sensations dans un pipe qui m'ont motivé à en faire beaucoup. Comme j'étais doué là-dedans, cela m'a permis de gagner plusieurs fois de suite et de me trouver des nouveaux sponsors.

Dix ans plus tard, en 2009, tu choisis de te consacrer pleinement au freeride. Etait-ce une décision simple ?

Ce passage au freeride s'est fait naturellement, car j'ai choisi d'arrêter ma carrière freestyle afin de me former en temps que paysagiste et professeur de snowboard. J'avais alors moins de temps pour rider l'hiver. J'ai donc voulu que chaque journée soit comme celle que je préfère, c'est a dire dans la poudreuse à dévaler les pentes encore vierges.

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Quelle était alors ta vision du Freeride World Tour ?

J'avais comme exemple Cyril Nery, plusieurs fois vainqueur de l'Xtrem de Verbier et pleins d'autres amis qui étaient sur le Tour. C'était pour moi un rêve de les rejoindre. J'avoue que je ne me rends pas encore bien compte que j'ai gagné le titre mondial 2014, tellement c'est énorme. Ce sacre confirme mes souhaits les plus chers et me redonne un sacré punch pour les années a venir !

Si tu devais définir l'esprit du freeride, que dirais-tu ?

Je dirais que le but est de ne faire qu'un avec la montagne, de sentir la neige, de la lire. Il faut que chaque virage ou saut te soit dicté par elle. C'est un peu comme une vague pour un surfeur, c'est toi qui t'adapte à ses courbes pour exprimer du mieux possible cet art qu'est la glisse.

Emilien Badoux : "En freeride, il ne faut faire qu'un avec la montagne" (interview exclu)

On imagine que la disparition des freeskiers JP Auclair et Andreas Fransson fut un choc pour toi...

Oui c'était une très triste nouvelle de savoir que même les meilleurs partent et souvent les premiers. J'aime à penser que la montagne les a surtout fait vivre... Ride in Peace JP et Andreas.

Tu as récemment lancé une collecte de fonds sur Sponsorise.Me, pour financer ta saison 2015. Qu'est ce qui t'as conduit vers cette démarche ?

Les temps sont durs dans le domaine du sponsoring, j'ai même eu une agence de sponsoring réputée qui ne m'a pas trouvé de nouveaux partenaires. Alors que sur Internet, il est possible de toucher des gens et de leur proposer des services ou contreparties intéressantes.

Le financement participatif est-il aujourd'hui une vraie alternative au sponsoring sportif traditionnel ?

Je pense que le milieu du sponsoring a totalement changé depuis l'apparition d'Internet et que les rideurs doivent être présents sur plusieurs toiles. L'important est de faire parler de nos projets, d'avoir de bonnes connections, pour se tisser un réseau de gens qui nous suivent et nous sponsorisent.

Emilien Badoux : "En freeride, il ne faut faire qu'un avec la montagne" (interview exclu)

Estelle Balet et Jérémie Heitz ont aussi fait briller le drapeau helvète sur le podium du FWT 2014. A quoi est due, à tes yeux, cette belle dynamique de la Suisse en freeride ?

Cette dynamique vient de nos montagnes, du fait que nous venons tous de la même vallée. Cela nous lie. D'autre part, nous ne sommes pas en concurrence (Jérémy Heitz est skieur, ndlr), c'est donc vraiment motivant lorsque les autres Suisses gagnent aussi .

Avoir un titre mondial à défendre change t-il ta préparation pour le Freeride World Tour 2015 ?

Oui bien sûr, il faut se donner encore plus les moyens de progresser, car rien n'est acquis pour l'année d'après. Suite à ma victoire sur le FWT 2014, j'aurais pu arrêter là ma carrière si j'estimais ne pas pouvoir faire mieux. Mais j'ai senti que j'avais encore une marge de progression. Alors je me réjouis déjà de remettre mon titre en jeu !

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Source : Freeride World Tour 2014/Daher/Carlier