Gary Hunt : "À 27m de haut, une petite erreur peut faire très mal" (exclu)

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Gary Hunt, double tenant du titre sur le Red Bull Cliff Diving et champion du monde de saut de haut vol, s'apprête à remettre ses titres en jeu. meltyXtrem l'a rencontré en exclusivité pour une interview en hauteur.

À presque 32 ans (il les aura le 11 juin), Gary Hunt vit la tête dans les nuages. Double tenant du titre du Red Bull Cliff Diving - il a remporté cette compétition à cinq reprises (2010, 2011, 2012, 2014 et 2015) - et champion du monde de saut de haut vol en 2015, il survole la discipline depuis plusieurs saisons. Fan d'Orlando Duque à ses débuts, il a désormais dépassé son idole et aborde la nouvelle saison dans la peau du grand favori à sa propre succession. Le Britannique, qui souhaite "battre le record du plus grand nombre de points sur un plongeon" (actuellement détenu par le Russe Artem Silchenko), se sent prêt pour la première étape de la saison 2016 qui emmènera les meilleurs plongeurs au Texas (États-Unis) le 4 juin. C'est dans la piscine municipale de Montreuil (Seine-Saint-Denis) que Gary Hunt, qui vit en France depuis presque six ans, a répondu aux questions de meltyXtrem, pour une interview exclusive. À lire aussi : Red Bull Cliff Diving 2016 : Rendez-vous le samedi 4 juin au Texas pour la première étape ! (vidéo)

La saison 2016

"Je me sens bien et fort. Mon but est d'ajouter une vrille à un de mes plongeons. Pour cela, je dois être encore meilleur que l'année dernière. Pour le moment, j'ai l'impression d'être sur la bonne voie mais il peut quand même y avoir des surprises au Texas. Mon but est de réussir mes deux nouveaux plongeons le plus vite possible pour être à chaque fois sur le podium. Cette année, je vais peut-être moins me concentrer sur le résultat que sur la technicité de mes sauts. Car si je les réussis parfaitement, je devrais être le meilleur."

Gary Hunt : "À 27m de haut, une petite erreur peut faire très mal" (exclu)

"J'ai déjà tenté d'ajouter une vrille à mon plongeon il y a deux ans, mais je ne l'avais pas bien exécutée. C'était juste à l'entraînement et il y avait un mètre de plus en hauteur (28m au lieu de 27m en compétition, ndlr). Cela fait maintenant trois ans que j'imagine cette vrille supplémentaire mais c'est uniquement maintenant que je me sens assez fort pour l'intégrer à mon saut en compétition. Une des différences est qu'aujourd'hui, on a le droit à une prise d'élan. Alors cela aide."

Un entraînement spécial

"On coupe le plongeon en plusieurs parties, en général sur dix mètres. Et c'est seulement la veille que l'on peut tenter l'enchaînement intégral. Cela implique une grosse concentration mentale. Il faut aussi visualiser au mieux son saut, l'imaginer des centaines de fois avant de s'élancer."

Gary Hunt : "À 27m de haut, une petite erreur peut faire très mal" (exclu)

"Tous les sports de la gymnastique, comme le trampoline par exemple, nous aident beaucoup. On ne peut pas s'entraîner uniquement sur un plongeon car on doit énormément travailler sur notre situation dans l'espace lorsqu'on est dans l'air. Pour le mental, personnellement, j'utilise le jonglage. J'ai voulu apprendre cet art et j'ai commencé à amener des boules et des massues en compétition. Je me suis aperçu que c'était une bonne distraction pour moi car quand je jonglais, j'enlevais de mon esprit toute la nervosité liée aux sauts. Alors c'est un bon outil pour mon cerveau et je continue de jongler avant chaque compétition."

La prise de risque

"Il y a forcément de la peur à chaque fois que tu sautes de 27 mètres de haut. Lorsque tu réalises jusqu'à cinq plongeons dans la journée, ce sentiment s'estompe un peu car on s'habitue à l'impact. Mais on n'oublie jamais que la moindre petite erreur peut faire très mal alors on ne peut jamais être distrait."

"Depuis 2013 où j'ai perdu le championnat du monde et le Red Bull Cliff Diving, j'ai commencé à être plus sérieux à l'entraînement. J'ai gagné en confiance et je suis devenu plus détendu avec la masse de travail que je réalise. Je suis plus sûr de moi désormais. Cette année va être différente car il va y avoir un plongeon simple, un plongeon intermédiaire et un plongeon difficile. J'ai travaillé sur un intermédiaire assez compliqué donc je m'attends à une grosse charge de travail à nouveau pour être au point."

Gary Hunt : "À 27m de haut, une petite erreur peut faire très mal" (exclu)

Des étapes à couper le souffle

"L'étape à La Rochelle est particulière car il y fait souvent très froid et le vent souffle fort. Et puis il y a jusqu'à 75 000 personnes, je vis en France depuis presque six ans et j'ai quelques amis qui en profitent pour venir me voir. Disons que j'aime cette étape autant que la déteste (rires). J'ai beaucoup aimé le Mexique l'an dernier (il ne sera pas au calendrier en 2016) car on plonge dans un cénote et c'est vraiment magnifique. J'ai hâte de découvrir les nouveautés au Japon et à Dubaï."

Gary Hunt : "À 27m de haut, une petite erreur peut faire très mal" (exclu)

Ambition olympique

"Il faut commencer avec le but de devenir champion olympique, sur dix mètres de haut donc. Personnellement, j'ai débuté à l'âge de 9 ans et j'ai sauté de dix mètres jusqu'à 22 ou 23 ans. C'est seulement après que je me suis engagé à 27 mètres. Avec les championnats du monde et l'acceptation de la discipline par la Fina (fédération internationale de natation), le comité olympique peut nous voir davantage. Je pense que c'est un bon pas de fait avant de pouvoir postuler aux Jeux olympiques. Je crois qu'il nous faut encore plus de plongeurs et de plongeuses capables de sauter de 27 mètres pour s'ouvrir définitivement les portes des JO."