Hannah Barnes : "J’ai eu peur à Whistler et je me suis éclatée sur l’Enduro World Series de Valloire"

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Hannah Barnes était cette saison aux quatre coins du globe pour les Enduro World Series. La rideuse Met et BlueGrass a passé beaucoup de temps dans son van à essayer de faire sécher ses affaires, et des soucis de santé qui l'ont empêché de participer à l'une des courses. Interview sur une saison riche d’enduro et d’aventures pour la Britannique.

Cette année, les Enduro World Series 2014 ont été remportés par Jared Graves et Tracy Moseley. De son côté Hannah Barnes a aussi fait le tour du monde pour dévaler les plus descente enduro du globe sur cette deuxième édition de la coupe du monde de la spécialité. Récit : " J'ai commencé la saison près de chez moi, en Ecosse, à Peebles très précisément. C'était vraiment cool de participer à une course internationale aussi importante dans un endroit que je connaissais bien. Mes parents ont pu venir m'aider. Il avait pas mal plus la semaine d'avant la course, et quand je venais repérer les pistes c'était vraiment glissant. On avait trois jours pour repérer, et la course était sur deux jours, donc au total j'ai passé cinq longues journées sur mon vélo. Comme je vivais dans mon van ce n'était pas évident de garder mon matériel sec, sans parler de la propreté ! Sans remontées et avec huit pistes à faire c'était une course très éprouvante, avec beaucoup de montées chaque jour. Ça a été difficile de trouver mon rythme pendant la course et je n'étais pas particulièrement contente de mon résultat, mais au final c'était vraiment agréable de commencer la saison au soleil et en Ecosse.

Hannah Barnes : "J’ai eu peur à Whistler et je me suis éclatée sur l’Enduro World Series de Valloire"

La prochaine étape c'était un roadtrip en van jusqu'à Valloire, en France. Valloire est au milieu de montagnes gigantesques, et le célèbre col du Galibier est seulement quelques km plus haut dans la vallée. Qui dit grosses montagnes dit pistes longues et difficiles. Les règles de l'Enduro en France n'autorisent qu'un seul repérage, à la limite si on arrive tôt on peut faire la piste à pied en plus. J'ai préféré reposer mes jambes et je me suis contentée de mon unique tour de repérage. Comme c'est une station de sport d'hiver il y a des remontées mécaniques partout, donc c'était plutôt facile de se rendre au départ de la course. Les pistes étaient géniales, une bonne Enduro française à l'ancienne, avec des pistes bien larges, toutes fraîches, et plein d'options. J'ai vraiment adoré rouler à Valloire, c'était un vrai challenge avec des segments particulièrement longs !

Hannah Barnes : "J’ai eu peur à Whistler et je me suis éclatée sur l’Enduro World Series de Valloire"

J'ai continué mon trip en van jusqu'à La Thuile en Italie. Avec la vue sur le Mont-blanc, c'était un spot plutôt spectaculaire pour une course. Repérage à volonté et remontées mécaniques, donc j'ai pu rouler autant que je voulais ! La Thuile avait des pistes incroyables et vraiment marrantes à faire. On avait beau être relativement au Sud de l'Europe en plein mois de Juin, les températures ne montaient jamais au-dessus de 10°C, et ce n'était pas toujours évident de se maintenir au chaud. Il ne faisait pas trop froid dans le van en bas des pentes, mais une fois arrivé à 2600m on se gelait ! Quand je suis descendue du télésiège la première fois pour faire mon tour de repérage c'était carrément la tempête de neige !

Hannah Barnes : "J’ai eu peur à Whistler et je me suis éclatée sur l’Enduro World Series de Valloire"

C'était bizarre de passer du soleil brûlant de Valloire au plein hiver une semaine après ! Je me dépêchais de descendre les pistes et j'allais vite me réchauffer avec un bon cappuccino italien. Avec le mauvais temps, entre les repérages et les courses, on a tous fini par passer une bonne partie de la semaine à nous réfugier dans les cafés de La Thuile. La course était un vrai challenge, les pistes étaient incroyables et j'étais contente de finir cette semaine difficile avec un bon résultat. Après avoir conduit tout le chemin du retour jusqu'à chez moi, à Fort William, j'ai garé mon van et ai sauté dans un avion direction le Colorado pour la prochaine étape de l'EWS. Winter Park est une petite station de ski dans la chaîne des montagnes Rocheuses, pas loin de Denver. Denver est déjà à une assez haute altitude, mais Winter Park c'est une autre histoire, avec des sommets à 2800m, plus haut que les sommets de La Thuile ! J'étais fatiguée rien qu'à monter les escaliers, et un peu déstabilisée au début. Avec le décalage horaire, l'altitude compliquait les choses, et après mon tout premier tour de repérage je suis rentrée à l'appartement et j'ai fait une sieste de 4 heures !

Hannah Barnes : "J’ai eu peur à Whistler et je me suis éclatée sur l’Enduro World Series de Valloire"

Les pistes à Winter Park étaient très différentes de ce à quoi j'étais habituée en Europe, plus plates et plus physiques, avec beaucoup plus de sauts et de fossés. C'était quand même un vrai mélange de pistes de DH et de longs passages où on devait pédaler. C'était une vraie nouveauté d'être aux USA, avec le café servi dans des tasses énormes par rapport à l'Italie ! La course s'étalait sur 3 jours, entrecoupée d'entraînements et de repérages. J'aime beaucoup ces différences entre les courses, qui changent de format selon le pays ou l'organisateur.

Hannah Barnes : "J’ai eu peur à Whistler et je me suis éclatée sur l’Enduro World Series de Valloire"

De Winter Park j'ai pris l'avion jusqu'à Vancouver pour aller à Whistler une quinzaine de jours. J'étais un peu dans la lune dans la salle d'embarquement et j'ai raté mon vol, donc je suis arrivée un jour plus tard que prévu. Il y avait un trou de 2 semaines entre les deux courses, donc j'ai pris un petit appart avec Anka Martin et on allait rouler, faire du yoga et se baigner dans le lac tous les jours. Le paradis ! Quand le jour de la course est arrivé j'étais au taquet. Whistler a quelques-unes des pistes les plus cool du monde, mais celles utilisées pour la course étaient parmi les plus dures. Il y a avait pas mal de passages qui me faisaient peur, et j'ai fait quelques bonnes chutes pendant les repérages. Et je n'étais pas la seule dans ce cas-là, la plupart des garçons avaient aussi du mal. Le course à Whistler était condensée sur une seule grosse journée, avec 5 passages chronométrés et des énormes parties de liaison. Le tout par 36°C, autant dire qu'on était près de l'implosion. La course s'est très bien passée et j'ai roulé bien mieux que prévu vu mes difficultés pendant les repérages. Je me suis sentie en forme toute la journée, jusqu'à la fin du dernier segment 'Top of the World'. J'avais bien roulé et j'avais vraiment l'impression d'avoir accompli quelque chose après une course si difficile ! J'ai adoré Whistler et j'ai vraiment hâte d'y retourner !

Hannah Barnes : "J’ai eu peur à Whistler et je me suis éclatée sur l’Enduro World Series de Valloire"

Après Whistler il y a eu une longue période de repos avant le round final à Ligure ! Ligure est un des mes endroits préférés au monde, et j'adore y aller en fin de saison quand l'automne arrive. Le temps est en général parfait, la mer est chaude et les glaces sont délicieuses ! L'an dernier à Ligure les pistes étaient rapides, ouvertes et particulièrement techniques. Cette année ils avaient tout changé et les pistes étaient bien plus étroites et pas aussi rapides, à part la partie finale toute plate. J'ai beaucoup aimé les repérages à Finale et j'avais hâte d'être au Dimanche matin pour le commencement de la course. Vendredi après-midi j'ai commencé à me sentir un peu malade, et le samedi je ne me sentais plus bien du tout. Je voulais tenir bon mais c'était une journée assez horrible, des frissons suivis de poussées de fièvre, je grelottais malgré la chaleur. Je me suis couchée à 20h et ne me suis pas relevée avant le lendemain. Le dimanche je me sentais encore moins bien et j'ai pris la dure décision de ne pas faire la course. C'était tellement dommage de finir ce dernier round sur un abandon, mais c'était la bonne décision à prendre. Je me serais vraiment mise dans un sale état si j'avais roulé.

Hannah Barnes : "J’ai eu peur à Whistler et je me suis éclatée sur l’Enduro World Series de Valloire"

Cette saison était pleine de contrastes. J'ai fait le plein de souvenirs, de paysages magnifiques, de sessions incroyables et de très bons amis. Ce que je retiendrai c'est la difficulté des courses. Chaque week-end était un nouveau challenge, entre les parties techniques, la météo extrême et les montées interminables, tout y était ! Encore un hiver en Nouvelle-Zélande, et avant que j'ai eu le temps de m'en rendre compte la saison 2015 sera déjà là! " A lire aussi : Justin Leov : "J’ai fait les Enduro World Series de Whistler avec une une fièvre aphteuse"