Hit The Road : "Le parkour permet de travailler tout le corps"

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Après vous avoir présenté leur ascension de la tour Eiffel, meltyXtrem vous propose d’en savoir plus sur le collectif de parkour Hit The Road. Entretien exclusif !

Le parkour comme mode de vie. Le collectif Hit The Road est un groupe de quatre amis, réunis autour de la passion du parkour. Les quatre membres (Paul, Clément, Léo et Nicolas) ont débuté la discipline au milieu des années 2000 avant de se regrouper en 2012. A partir de voyages estivaux où ils assouvissent leur hobby à la rencontre des meilleurs pratiquants, ils ont décidé de consacrer leur temps au développement de Hit The Road. Après vous avoir dévoilé les coulisses de leur ascension de la tour Eiffel en novembre dernier, meltyXtrem vous en dit plus sur ce groupe, de leur début à leur vision de la discipline en passant par leurs spots favoris, leurs projets et le futur de la pratique.

La naissance de Hit The Road

Paul : Le collectif est né en 2012. A la base du collectif, on était trois. Ensuite, Léo s’est ajouté à nous. Le but était de se regrouper sous un même nom juste pour un voyage et pratiquer notre passion, sachant qu’on ne vient pas des mêmes villes. L’idée est vraiment née d’un trip. C’était une invitation au voyage. Hit The Road était le nom de ce séjour et c’est devenu naturellement le nom de notre collectif. On a eu de bons retours de la part de la communauté du parkour donc on s’est dit que ce serait intéressant de ne pas simplement se restreindre à un voyage et créer d’autres choses.

Clément : Un peu partout, les gens nous suivaient individuellement via le parkour, sur notre progression et ce qu’on faisait. On a rapidement remarqué que ce qui leur plaisait le plus, c’est lorsqu’on se rassemblait pour ce fameux voyage estival, avec un concept original pour découvrir des pratiquants à travers le monde. A la fin, on sortait une vidéo pour que les internautes découvrent l’ensemble de ce qu’on avait fait dans le ou les pays. On a donc eu envie de développer le collectif.

La découverte de la discipline

Léo : On a découvert le parkour instinctivement en regardant des vidéos. En fait, tout était expliqué, les premiers pratiquants expliquaient leurs mouvements et leurs conseils, un peu comme des tutoriels. On s’en est inspiré pour continuer. On découvrait ça sur des forums et des sites comme "parkour.net". Il y avait très peu de technique. C’est au fur et à mesure de l’évolution de la discipline que se sont créés des mouvements. Ce qui est bien, c’est qu’on a commencé quand il n’y avait pas trop de vidéos. On tentait des choses et c’est après qu’on a vu qu’il y avait des codes et des noms pour caractériser un geste ou un mouvement.

Leurs spots préférés

Nicolas : On s’entraîne chez nous, à Cergy-Pontoise, dans le 95. Désormais, on vit tous les quatre dans une maison. Après, il arrive qu’on se déplace pour des événements. A Paris, par exemple, dans le 13e arrondissement ou encore La Défense, Olympiades ou Bercy. Evry et LIsses sont également de bons terrains de jeu puisque ce sont des villes qui vont vu naître la discipline. Ces deux dernières sont des cités nouvelles, avec une architecture un peu spéciale mais qui convient bien au parkour.

Léo : De mon côté, j’aime beaucoup pratiquer le parkour en forêt. Je me sens vraiment libre. Tout ce que tu peux retrouver comme obstacle dans la rue, tu le retrouves mais de manière différente. Il faut t’adapter à un autre milieu. Tout ne sera pas carré. Il y a un plus grand ressenti et un côté animal qui ressort.

Hit The Road : "Le parkour permet de travailler tout le corps"

L’apport du parkour par rapport à d’autres disciplines

Clément : Le parkour permet de travailler tout le corps. C’est complet à 100%. On a la chance de faire partie d’une génération qui voit la discipline évoluer sans cesse. On est directement acteurs de notre discipline, c’est nous qui pouvons apporter des choses. Finalement, tu te sens utile. C’est une pratique d’instinct.

Nicolas : Ce qui m’a séduit, c’est que dans le parkour, il n’y a pas de planning. On fait ça quand on veut, on est libre. Il n’y a pas d’agenda ou d’heure à respecter, c’est quand on veut et où on veut. Par contre, il faut avoir un gros mental et une bonne hygiène de vie pour tenir le rythme.

Léo : La moindre erreur te remet en cause et te freine. C’est pour cela qu’il ne faut pas avoir trop confiance en soi. C’est un subtil jeu d’équilibre, il faut se connaitre et donc apprendre à comprendre son corps. La blessure est un rappel à l’ordre et permet de te poser et de réfléchir sur ce que tu fais. Tu ne régresses pas mais cela te fait évoluer.

Paul : J’aime beaucoup l’idée du dépassement de soi. Cela joue en fonction de tes capacités et ça évolue au fil de la pratique. Peut-être que le fait de sauter au-dessus d’une barrière peut te faire aussi peur que l’idée de sauter entre deux toits. Ou vice-versa. Du coup, les émotions évoluent, la satisfaction que tu en retires est unique. La concentration est vraiment primordiale dans cette discipline.

Comment gagner sa vie ?

Paul : On bosse à plein temps dans le collectif tous les quatre. Nos revenus sont partagés entre du sponsoring et les commandes de clips promotionnels pour des vidéos ou des marques qui souhaitent nous voir à l’écran. Notre force est d’assurer la réalisation des clips, ce qui permet d’avoir des points de vue que personne n’a. On essaie de se démarquer.

Hit The Road : "Le parkour permet de travailler tout le corps"

L’évolution du parkour selon Hit The Road

Nicolas : Le collectif est assez partagé sur l'évolution du parkour car on a des visions différentes de la discipline. Par exemple, de mon côté, ça ne me dérangerait pas de faire de la compétition, comme du speedrun, une sorte de course de parkour en contre-la-montre.

Paul : Il faut surtout savoir pourquoi tu fais du parkour. Tu es libre d’appliquer ta méthode d’entraînement comme tu veux. A toi de juger si tu vois ça comme un passion où tu te sens libre ou si tu le vois comme une pratique sportive. Là, pour le moment, c’est compliqué de tester la compétition vu qu’on a d’autres projets.

Leur dernier voyage estival

Paul : Pour notre dernier voyage estival que l’on réalise tous les ans, on cherchait une destination exotique. Et on a décidé de se rendre à l’est, dans trois villes, Kiev, Prague et Tchernobyl. On voulait vraiment découvrir et s’ouvrir à des destinations un peu atypiques. On peut dire qu’avec Tchernobyl, cela a été le cas vu que ça reste une ville-fantôme. On a vu des animaux et rien d’autre. On a marché de nuit, avec nos sacs à dos, pour esquiver les militaires. Bien sûr, tout est encore radioactif donc il faut faire très attention. On n’a pas fait de parkour là-bas vu qu’on marchait beaucoup, on n’avait plus assez de force pour en faire. Par contre, à Prague et Kiev, on a pu faire beaucoup de parkour. C’était vraiment top, surtout Kiev, on a gardé que des bons souvenirs. On n’a pas été embêté par les policiers.

Les projets de Hit The Road

Paul : La vidéo de notre voyage estival sort dans deux semaines environ. On est impatient de montrer ça au public. Sinon, pour le moment, c’est difficile de donner plus de détails sur ce qu’on a de prévu, vu que ce n’est pas encore signé. On a un gros partenariat en négociation, des passages TV importants et des créations personnelles qu’on aimerait bien voir naître en vidéo. On travaille beaucoup mais ce n’est pas notre ressenti. On s’éclate vraiment !