James Kingston : "J’ai affronté ma peur du vide en escaladant le plus haut possible"

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De passage en France pour présenter son film "Don't Look Down", James Kingston a répondu aux questions de meltyXtrem au cours d’une interview exclusive. L’as du parkour et de l’escalade urbaine vous en dit plus sur ce sport spectaculaire.

James Kingston est un phénomène sur la toile. Via sa chaine Youtube, il publie régulièrement des vidéos GoPro de ces derniers exploits en escalade. Mais pas de l’escalade classique puisque l’Anglais pratique un mélange de parkour et d’escalade urbaine sur des immeubles ou des grues. Il va même jusqu’à se suspendre à un bras, les pieds dans le vide. Le tout sans protection. Un passe-temps qu’il a débuté depuis quelques années, et qui lui vaut désormais un succès international. A 24 ans, James Kingston a déjà visité de nombreux pays et escaladé des bâtiments tous plus impressionnants les uns que les autres, depuis une grue à Bangalore en Inde, aux tours de Dubai, en passant par les immeubles de son Angleterre natale, tout y passe. Présent lors de l’étape française de l’Européan Oudoor Film Tour 2014, pour la présentation de son premier film "Don't Look Down", la rédaction de meltyXtrem a rencontré le grimpeur fou. Un bon moyen d’en savoir plus sur cette pratique à haut risque.

Notre première question, c’est pourquoi ?

La réponse est simple, c’est parce que j’aime ça ! Certaines personnes aiment skier, d’autres courir... Moi j’aime grimper et sauter partout.

Est-ce qu’il t’arrive de grimper autre chose que des bâtiments ?

Non, je ne fais pas d’escalade "normale", j’aime grimper des objets non conventionnels, dans des environnements ouverts. Des choses qui sont toujours différentes. Chaque immeuble est différent, chaque grue a ses particularités.

Quand et comment as-tu débuté la grimpe urbaine ?

J’ai commencé à escalader en hauteur il y a environ deux ou trois ans. Mais avant ça, je pratiquais le parkour depuis quelques années. J’avais donc déjà la force physique et l’agilité pour grimper facilement sur des immeubles. En fait j’avais le vertige, j’étais terrifié par le vide, alors je me suis demandé comment devenir plus fort. J’ai décidé d’affronter ma peur du vide en grimpant le plus haut possible. C’est un peu radical, mais ça m’a fait progresser !

Comment gères-tu ta peur ?

Je lui fais face. Et j’essaie de ne pas réagir au quart de tour. Je reste calme, je garde la tête froide et j'avance.

James Kingston : "J’ai affronté ma peur du vide en escaladant le plus haut possible"

A quoi penses-tu quand tu grimpes ?

En fait je ne pense plus à rien quand j’escalade. Je suis très calme, tranquille et libre !

Quel est ton type de bâtiment préféré ? As-tu des critères définis ?

J’aime les grues, juste parce que je peux me suspendre au bout. Il n’y a rien en dessous, et j’aime cette sensation, c’est cool tout cet espace vide. A côté de ça, tout est prétexte à grimper. Je ne planifie jamais. Je fais ma vie, je vois un spot, je me dis "il est top, allons-y" !

Pourquoi ne pas tenter de grimper sur une montagne ?

A mon sens, les montagnes sont plus imprévisibles. Sur une montagne, je serais dépendant de la roche, et d'autres choses qui ont une vie propre. Dans un environnement urbain, les murs sont solides, les objets ne sont pas supposés casser, les barres de métal sont solides. J’aime pouvoir toujours contrôler ce que je fais. En montagne je ne me sens pas en position de contrôle.

As-tu un entraînement particulier ?

Je pense que mon entraînement c’est le parkour depuis un petit bout de temps. Les ascensions en elles-mêmes sont très physiques, donc le fait de pratiquer cette activité c’est déjà un entraînement. Tu grimpes, tu vas de plus en plus haut en devenant de plus en plus fort.

James Kingston : "J’ai affronté ma peur du vide en escaladant le plus haut possible"

Quelles sont les difficultés que tu rencontres en escaladant des immeubles ?

Si le vent est vraiment fort, cela peut être un obstacle. Je grimpe parfois quand il y a du vent, l’escalade est simple, mais il faut gérer les balancements qui peuvent être dangereux. C’est un peu comme la pluie. Il y a certains spots que je peux escalader sous la pluie, mais marcher sur des tubes c’est vraiment pas le top ! Pour un débutant, je pense qu’il faut être fort physiquement, il faut savoir de quoi tu es capable. Tu dois aussi savoir pourquoi tu fais ça, et surtout être fort mentalement. Tu ne peux pas être négatif ou avoir des doutes quand tu es là haut. Tu dois être à 100% ou ne pas y aller.

Es-tu conscient des risques ?

Oui ! Je fais avec, parce que je sais exactement de quoi je suis capable. Je connais les risques et je fais en sorte de les éviter. C’est simple !

Penses-tu être un exemple pour ceux qui regardent tes vidéos ?

Oui, je pense. Mais il n’y a rien que je puisse faire là-dessus. Les enfants jouent à des jeux vidéos et se tirent dessus comme sur "Grand Theft Auto", ils courent au milieu des gens et tuent tout le monde. C’est horrible. Mon message c’est simplement de dire aux gens de sortir, de faire ce qu’ils aiment, de suivre leurs rêves. De profiter de leur vie tant qu’ils le peuvent. C’est ma façon de vivre, et chaque personne est différente.

James Kingston : "J’ai affronté ma peur du vide en escaladant le plus haut possible"

T'arrive-t-il de grimper avec d'autres personnes ?

Je n’aime pas vraiment grimper avec des gens parce que c’est une chose de plus à laquelle il faut penser. Quand je grimpe seul c’est top, parce qu’il n’y a que moi à ce moment. Alors que quand il y a des gens, je dois m’inquiéter pour eux. Il y a quelques personnes en qui j’ai confiance, et dont je sais exactement de quoi ils sont capables. Je peux grimper avec eux, parce que je sais qu’ils sont confiants en leurs capacités et ils en sont au même niveau que moi. Donc je fais ce que j’ai à faire, et ils font ce qu’ils ont à faire.

Quels sont tes prochains projets ?

Hong-Kong est la prochaine ville sur ma liste, j’irai en mars. Entre temps je retournerai à Dubaï en février. Je ne peux pas en dire plus pour le moment !

As-tu envie de promouvoir ce sport ?

D’une certaine manière oui. En fait je veux que les gens comprennent le message que je cherche à faire passer derrière tout ça. Sortez, amusez vous, suivez vos rêves, c’est la chose la plus importante. Tu ne dois pas escalader une grue pour aimer ta vie, c’est simplement ma manière à moi de le faire. Fais ce que tu aimes et ne gâche pas ta vie !

James Kingston : "J’ai affronté ma peur du vide en escaladant le plus haut possible"

Ta plus grande peur ?

Que ma mère meure.

Plus grosse blessure ?

J’ai cassé mon gros orteil lors de ma première année de parkour. Erreur débile, je faisais le malin.

Ton spot préféré ?

Dubaï !

Ton spot préféré pour t’entraîner ?

Mon jardin !

Les posters dans ta chambre quand tu étais enfant ?

Oh ! Qu’est-ce que c’était ? Un boy’s band, et j’avais aussi une peluche de la panthère rose, ça compte ?

Source : James Kingston