Jean-Baptiste Grange : "Revenir dans le top 7 et remonter sur le podium"

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Jean-Baptiste Grange débute sa saison ce dimanche à l'occasion du slalom de Val d'Isère. Sacré champion du monde en 2014, le Français compte désormais retrouver les avant-postes en Coupe du monde.

Taulier de l'équipe de France de ski alpin depuis plus de dix ans, Jean-Baptiste Grange reste sur une saison 2014-2015 conclue par le deuxième titre de champion du monde de sa carrière. Souvent perturbé par des blessures ces dernières années, le Français a en revanche du mal à retrouver les avant-postes en Coupe du monde comme en témoigne sa treizième place finale au classement général du slalom la saison dernière. Résultat, il a décidé cette saison de revoir sa préparation et de se préserver cet été en vue d'un hiver sans compétition majeure (championnat du monde ou Jeux Olympiques). Jean-Baptiste Grange attaque donc l'exercice 2015-2016 avec la volonté de retrouver le top 7 mondial et les podiums. Et ce dès dimanche avec la reprise de la coupe du monde de slalom à Val d'Isère. Le Français s'est confié à meltyXtrem sur ses ambitions à la veille de l'ouverture de sa saison. À lire également : Kevin Rolland : "Le niveau de halfpipe est monstrueux sur le Dew Tour" (exclu).

Jean-Baptiste Grange : "Revenir dans le top 7 et remonter sur le podium"

Jean-Baptiste, tu as eu une préparation plus courte que les années précédentes, comment ça s’est passé ?

C’était bien, j’en avais besoin. Je me serai mal vu faire les mêmes programmes que j’avais l’habitude de faire les années précédentes. J’ai 31 ans, ça fait un paquet d’années que je suis en Coupe du monde. J’ai gagné plein de belles choses et on s’est rendu compte que ma saison en Coupe du monde n’était pas très bonne. Il y a eu des hauts et des bas. J’ai eu des soucis pour me motiver en Coupe du monde et ça s’est ressenti dans mes résultats. J’ai beaucoup bossé depuis mes blessures pour essayer de revenir au meilleur niveau donc il y avait peut-être un peu de fatigue nerveuse. On a essayé d’apporter des choses nouvelles en étant un peu moins à bloc sur les entraînements. J’essaye de travailler avec plus de sérénité, d’expérience. Donc j’arrive en début de saison en m’étant économisé nerveusement.

Tu choisissais tes courses l’année dernière ?

Non pas du tout, les Mondiaux c’était le moment clé c’est sûr mais je ne choisissais pas non. Il y a des moments où j’aurais aimé faire mieux.

Qu’est-ce qui motive encore quand on est double champion du monde ?

Il y a eu une première partie de carrière avec un premier titre puis des blessures, la perte de rangs au classement… Là il y a de nouveau un titre de champion du monde… J’ai galéré pour revenir à mon meilleur niveau. Ce titre de champion du monde l’hiver dernier a un peu effacé ces trois ou quatre années de galère et en terme de maturité ça m’apporte énormément d’avoir réussi à revenir et gagner. Si je continue c’est que je sens que je peux encore faire des podiums et gagner. Après c’est le haut niveau et ce n’est pas une science exacte.

Jean-Baptiste Grange : "Revenir dans le top 7 et remonter sur le podium"

Justement, cette année, quels sont tes objectifs ?

Revenir aux avant-postes en slalom. J’ai ré-axé la préparation que sur le slalom. J’ai fait très peu de géant parce que je ne sais pas du tout quand j’en ferai en course et même si j’en referai. Donc oui l’objectif c’est de revenir dans les sept, remonter sur le podium et pourquoi pas de regagner.

Que te manque-t-il aujourd’hui pour revenir dans le top 7 justement ?

Etre capable de se lâcher et d’aller chercher les toutes premières places en coupe du monde. Il faut oublier le dossard. Si tu veux faire des podiums et gagner il faut réussir à te lâcher à 100% en laissant de côté tout ce qui te pollue un peu. Ca va être là qu’il va falloir trouver le bon dosage.

Tu as imaginé arrêter après ton deuxième titre mondial ?

Non, pour moi le ski ce n’est pas fini et j’ai encore deux ou trois belles années à faire. Je m’éclate dans ce que je fais, ça m’a apporté énormément. Après il faut que physiquement ça aille bien aussi parce que j’ai déjà bien dégusté. Mais tant que ça va bien physiquement, qu’il n’y pas de grosse blessure, que l’envie est là, que les résultats suivent, il n’y a pas de raison que je n’aille pas jusqu’aux Jeux.

On connaît le rôle primordial du mental en slalom, c'est quelque chose que tu travailles particulièrement ?

J’ai toujours bossé le mental de mon côté. Après là j’essaye de m’entourer un peu pour bosser sur certains points. J’ai connu beaucoup de choses donc j’ai une certaine expérience au niveau mental qui est importante. J’ai vécu plein de situations d’échec, de gloire, de blessures donc il y a une base assez solide. Mais c’est sûr que le mental c’est ce qui joue le plus. Il y a les qualités physiques, les qualités techniques et puis il y a ce que tu as dans le ventre, ce que tu es capable de mettre avec tes tripes. Tu ne peux pas gagner une Coupe du monde si tu n’as pas les tripes bien accrochées.