Jérémie Eloy : "Si on m'avait dit que je ferais autant de choses, je n'y aurais pas cru" (interview exclu)

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meltyXtrem a rencontré Jérémie Eloy, kitesurfeur français professionnel, qui s’est aujourd’hui reconverti en tant que réalisateur de documentaires autour de cette discipline. Interview exclusive.

A 35 ans, le kitesurfeur français Jérémie Eloy est un précurseur. Aux prémices du kitesurf dans les années 2000, le rider s'est immédiatement passionné pour ce sport. Au fil de ses voyages, il a décidé de conserver des souvenirs et s'est également passionné pour le documentaire. Dans sa web-série, "Make My Day", le rider français nous fait voyager dans des endroits magnifiques aux quatre coins de la planète, par l'intermédiaire du kitesurf. meltyXtrem a rencontré Jérémie Eloy. Interview exclusive. A voir aussi : Julbo Swell Session : Jérémie Eloy et Hugo Finck en kitesurf à Tahiti !

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Comment as-tu découvert le kitesurf ?

Mon premier rapport avec le kitesurf remonte à la toute première coupe du monde de kitesurf qui se déroulait à Dunkerque en 1999. Une vraie chance puisque c’était près de chez moi. J’y suis allé et ça m’a tout de suite plu. C’était vraiment nouveau à l’époque et voir des gars sauter aussi haut me fascinait. Je me suis rapidement fait des contacts puis j’ai trouvé un job pour m’acheter du matériel et j’ai participé, l’année suivante, à la coupe du monde, encore à Dunkerque. Puis tout s’est enchaîné très vite.

Tu as un beau palmarès dans le kite français avec notamment une première place au Cap D’Agde en 2003. Pourquoi as-tu décidé d’arrêter la compétition en 2008 ?

Je ne suis pas un compétiteur né. J’ai beaucoup travaillé pour faire ma place. Tu as toujours la pression, pour te dépasser, faire toujours plus, toujours mieux. Mais lorsqu’on voyageait, je me souciais plus de ce que j’allais ramener comme image de la compétition. En 2008, en plus, tous les kitesurfeurs de ma génération ont décidé d’arrêter. Je me retrouvais donc seul face à la jeune génération. J’en avais marre et j’ai pris la décision de me consacrer à la réalisation de documentaires.

Toi qui as voyagé dans le monde entier, quel est ton meilleur souvenir ?

Je garde de magnifiques souvenirs de l’île de Pâques, en 2004. C’est un endroit totalement coupé du monde. Nous sommes allés dans un festival local, le Tapiti. L’ambiance était incroyable et unique. De leur côté, les habitants ne connaissaient pas le kite. On a été rapidement intégré et pendant trois semaines, c’était incroyable. La culture polynésienne est riche et très intéressante.

Aujourd’hui, tu réalises avec ton équipe de nombreux documentaires, dont la série "Make My Day". Comment prépares-tu ces projets ?

En général, le projet met quatre mois à voir le jour. Il y a tout un travail de recherches. Cela passe beaucoup par internet et des photos ou des vidéos que je vois, qui m’inspirent. Je choisis trois voire quatre destinations. Ensuite, je fais des recherches sur la météo assez poussées pour être sûr qu’il y ait du vent et que nous puissions pratiquer le kitesurf dans de bonnes conditions. Nous n’avons jamais eu de problème.

En 2006, tu as été le premier kitesurfeur à surfer sur Teahupoo, une vague à Tahiti réputée comme une des plus dangereuses du monde. Qu’est-ce que cet endroit représente pour toi ?

Dans le milieu de la glisse, Teahupoo, c’est le Graal. L’objectif, c’est de surfer cette vague mythique. Forcément, quand tu es baigné dans le kitesurf, tu as forcément envie d’y aller. Après, les conditions météo sont difficiles. Dès qu’il y a du vent, il pleut. Je passais ma journée à attendre sur la plage. Et un kitesurfeur local, Yannick Salmon, m’a dit d’y aller et je me suis lancé. La session a duré 45 minutes, avec peu de vent. Mais on a ramené de belles photos.

Quelles sont tes autres passions à part les sports extrêmes ?

Les web documentaires me prennent beaucoup de temps mais ça me passionne. Du tournage au montage, j’aime vraiment tout réaliser de A à Z. J’apprécie également le cinéma, ma passion pour les documentaires y étant pour quelque chose. Sinon, comme je voyage pas mal, il faut trouver des occupations. J’aime bien lire et écouter de la musique.

Quels sont tes projets pour la suite ?

J'ai envie de continuer à voyager. Je pars en Islande, en juillet, pour un nouvel épisode de "Make My Day". Sinon, continuer à faire des rencontres. Il me reste encore plein de choses à faire. Mais si on m'avait dit il y a dix ans que je ferais autant de choses, je n'y aurais pas cru. Ce qui m'arrive est déjà magnifique et j'ai envie de prolonger ce plaisir.

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