Julien Lizeroux : "Il n'y a que le chrono qui compte..."

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Julien Lizeroux, tête brûlée de l'équipe de France de ski alpin, est de retour après deux ans de blessures. Ce spécialiste du slalom a accordé une intervew à meltyXtrem alors que la coupe du monde de ski débute pour lui demain à Levi.

Julien Lizeroux est devenu au fil des années une figure du ski alpin français. Celui qui n'a pas vraiment l'habitude de mâcher ses mots officie depuis ses sept ans sur les pistes de La Plagne. Il est rentré en sport études à 15 ans, et a rapidement gravi des échelons en France, et à l'internationale. Au compteur, 11 podiums et trois victoires en coupe du monde. S'en sont suivies deux années de blessures, qui l'ont poussé à mettre sa carrière entre parenthèses. Julien Lizeroux n'a cependant pas perdu de temps, puisqu'il a pris un poste de commentateur sur Eurosport. Le skieur a fait son retour en 2013, et a repris sa place en équipe de France. Vous pourrez le retrouver dès demain dimanche en coupe du monde à Lévi, en Finlande. A lire aussi : Frédéric Perrin : "On est là pour soutenir les skieuses" (interview exclu)

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Tu es de retour après deux ans d'absence. Quels sont tes objectifs ?

Je ne me suis jamais fixé d'objectifs dans ma carrière, maintenant que je deviens très vieux je m'en fixe encore moins, si ça n'est que je continue le ski parce que j'aime ça ! C'est un bon groupe, une bonne ambiance, malgré le fait que ce soit un sport individuel, nous sommes un vrai collectif. L'échéance principale de cet hiver c'est la coupe du monde bien sûr, mais il y a aussi les championnats du monde en février aux Etats-Unis. Il y a quatre places par discipline et par nation, donc j'aimerais bien y aller. On va se tirer la bourre avec les copains, et ceux qui mériteront d'y aller iront.

C'est important pour toi "se tirer la bourre avec les copains" ?

Oui je pense que c'est une force. Il y a pas mal de nations qui ont souligné cette particularité en équipe de France. Et puis on est contents de partir en stage, et de s'entraîner, il y a une vraie émulation, une cohésion de groupe. Dans un sport individuel c'est plus sympa à vivre.

Tu étais d'ailleurs à Ushuaïa pour le stage. Qu'est-ce que ça t'a apporté ?

Cette année on a eu beaucoup de chance au niveau des conditions. On a eu une météo très clémente qui nous a permis de nous entraîner sur des conditions d'hiver, que l'on va retrouver sur les compétitions. Il y a eu un gros travail technique, mais aussi sur le matériel. J'ai pu enchaîner 15 jours de ski sans trop de problèmes, mon genou me laisse tranquille. Il y a beaucoup de travail avant la prochaine échéance, mais il y a une bonne dynamique.

Comment utilisez-vous les chronos à l'entraînement ?

On utilise énormément les chronos à l'entraînement. Déjà pour se comparer les uns aux autres, parce que c'est important de pouvoir se situer. Ensuite pour se comparer à soi-même, par rapport à la technique, mais aussi au matériel. Il ne faut pas tout mélanger, mais je dirais que dans 95% des cas, on a un chrono de référence qui nous permet d'analyser les sections. C'est un travail fastidieux, mais il n'y a que le chrono qui compte. C'est ce qui permet de mettre en relation l'œil du coach, la sensation du coureur, et la vidéo.

Julien Lizeroux : "Il n'y a que le chrono qui compte..."

Quand tu parles de matériel, de quoi s'agit-il exactement ?

Les principaux matériaux pour nous ce sont les chaussures, les fixations et les skis. On a un gros travail un peu à l'image de ce qui se fait en sport automobile. Des marques de ski qui jouent le jeu à fond sur le racing, et nous conçoivent des skis. On essaie sans arrêt de faire mieux. Chacun d'entre nous a un ski de référence, des fixations de référence, et on essaie de les améliorer. Des techniciens nous préparent le matériel tous les jours et des ingénieurs viennent régulièrement pour essayer d'apporter des modifications. Ce n'est pas simple, il faut réussir à décrire ses sensations pour que le constructeur puisse les retranscrire sur les skis.

Sur ton blog on a vu que tu avais poussé "un coup de gueule" à propos des commentateurs à Sochi. Pourrais-tu prendre leur place ?

J'ai été commentateur plusieurs fois, parce que j'ai souvent été blessé. La chaîne du ski c'est Eurosport, donc j'ai fait trois saisons chez eux. Ça m'a plu parce que je m'entends très bien avec les journalistes d'Eurosport. Ce sont vraiment des personnes qui font vivre le ski. Mais j'aime vraiment le terrain, et j'aime le sport en extérieur. Donc je pense que ma reconversion se fera plus sur le terrain que dans une cabine de commentateur.

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Quel est le plus beau spot sur lequel tu as ridé ?

Je ne ride pas, je skie (rires) ! La face de Bellevarde durant les championnats du monde de 2009 c'était plutôt sympa ! Il y avait 45 000 personnes venues pour encourager les Français !

Ton plus grand adversaire ?

Moi-même.

Ta plus grosse chute ?

C'était aux championnats de France en super G en 2003. J'ai fait une grosse cabriole, je suis rentré dans les filets à 100 km/h, et j'ai fait bobo… J'ai jamais eu aussi mal au cul de toute ma vie (rires) !

Ta plus grande réussite ?

Avoir gagné des coupes du monde ?

Quels posters étaient accrochés dans ta chambre quand tu étais gamin ?

Michael Jordan et Magic Johnson ! Je fais du basket, j'adore le basket (rires) ! En fait je fais tous les sports, j'adore le sport. Quand j'étais gamin, c'était un peu le début de la NBA, et des playgrounds, et c'est resté !

Tes vacances c'était plutôt farniente, fête avec les copains, ou sportif ?

Pour les skieurs les vacances c'est au mois de mai. Donc cette année c'était aux Maldives, où je n'ai absolument rien fait pendant dix jours si ce n'est nager avec les poissons et prendre d'énormes coups de soleil !

Ton objectif numéro un cet hiver ?

Me faire plaisir. C'est mon objectif numéro un dans la vie !

Ce que tu préfères en compétition ?

L'adrénaline et l'appréhension que j'ai quand je suis dans le portillon de départ.