Julien Lopez : "Je ne voulais pas rester sur une boîte dans une avalanche" (exclu)

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Invité sur le Freeride World Tour 2016, Julien Lopez entend profiter de sa dernière tournée sur la scène du freeride pour se faire plaisir. Et l'épreuve à Chamonix devrait être une belle occasion.

À 34 ans, Julien Lopez vit sa dernière saison sur le Freeride World Tour. Enfin, sa deuxième dernière saison, lui qui avait prévu d'arrêter en 2015, mais qui a accepté la wildcard proposée par le FWT pour lui offrir une autre sortie que celle d'une chute terrible dans une avalanche en Autriche, l'an dernier. Alors il s'est remis dans le bain pour faire partie de l'aventure avec ses potes, lui qui reste un peu nostalgique de l'ambiance "à l'ancienne". Après une septième place en Andorre en ouverture de saison, Julien Lopez aborde le rendez-vous à Chamonix avec l'envie de performer sur une face qu'il affectionne tout particulièrement. Toujours aussi décontracté avant une épreuve, il a accordé une interview exclusive à meltyXtrem au sortir d'une séance de kiné. Histoire de rester bien à l'aise. À lire aussi : Freeride World Tour 2016 : Grand spectacle attendu à Chamonix ce vendredi !

Un dernier World Tour

"Cette saison sur le Freeride World Tour est pour moi une seconde chance pour bien finir ma carrière. L'an passé, j'ai connu des soucis qui m'ont en empêché (il a été victime d'une lourde avalanche en Autriche, ndlr). J'avais un peu fait mon deuil du World Tour même si j'étais triste d'avoir terminé sur une mauvaise note. Je suis même retourné par la case des Qualifiers et j''ai pu retrouver l'esprit que j'aime dans ce sport. Quand on m'a proposé une wild card pour cette saison, j'étais passé à autre chose... Mais j'avoue que je n'ai pas réfléchi longtemps ! Je veux en profiter car j'ai envie de tout donner. J'ai déjà gagné des étapes et le Tour donc je n'ai plus rien à perdre. Cette année, c'est mon World Tour, je ne voulais pas rester sur une boîte dans une avalanche."

L'épreuve à Chamonix

"C'est une face que je connais bien, avec plein de la neige, je l'adore ! J'ai déjà gagné une fois dessus alors ce serait cool de réitérer la performance. Chamonix, c'est la Mecque du freeride. J'ai déjà dormi ici dans des cages d'escaliers au début de ma carrière parce que je n'avais pas de moyens. Et pouvoir maintenant me retrouver ici invité sur le World Tour, je le vois encore comme un rêve."

Julien Lopez : "Je ne voulais pas rester sur une boîte dans une avalanche" (exclu)

Une carrière accomplie

"Je ne suis pas un Kelly Slater, je ne domine pas mon sport, mais je fais partie des bons. J'ai été régulier et parfois très bon même. J'ai toujours aimé la vidéo depuis gamin. Je voulais raconter des histoires et à l'époque, j'étais le seul rider à contacter des sponsors avec un cédérom de mes démos. Quand je me suis mis au freeride, j'ai gardé cette idée et je me suis toujours entouré d'un caméraman. Bon, au début, c’était moi-même qui faisais des bouts de montage... Mais les choses ont bien évolué : je me souviens que sur les premières compétitions, on nous cachait à l'autre bout de la ville. Maintenant, on nous accueille en grande pompe à Chamonix !"

Julien Lopez : "Je ne voulais pas rester sur une boîte dans une avalanche" (exclu)

L'évolution du freeride

"Quand j'ai commencé par le freestyle, on faisait du hors-piste, puis après il y a des sponsors qui sont venus nous payer pour faire des compétitions... Mais pour les jeunes, cela a toujours existé et ils pensent en faire leur métier très tôt. Ils raisonnent de façon très carrée et tout est organisé. Mais ce n'était pas la même logique avant. La culture de l'entraînement a pas mal changé dans le freeride. Et le niveau augmente énormément, quand tu vois la catégorie junior, tu te rends compte qu'il y a de la relève en quantité et en quantité. Le freeride a vraiment le vent en poupe !"

"Quand j'étais jeune, j'avais des idoles comme Seb Michaud, un gars rock and roll qui arrivait en haut des faces et qui s'amusait à se jeter de la bière avec les autres. Maintenant, le cadre est est plus structuré, les jeunes arrivent avec des coachs, toute une organisation professionnelle. Je ne sais pas si c'est une bonne chose car l'ambiance à l'ancienne me manque un peu. Je vois par exemple le jeune Léo Slemett, il est bourré de talent et il est déjà très professionnel dans sa manière d'aborder la discipline."

Julien Lopez : "Je ne voulais pas rester sur une boîte dans une avalanche" (exclu)

L'après-carrière

"Je prépare un documentaire et un livre qui sortiront au moment du High Five Festival l'an prochain. L'idée est de retranscrire tout ce que j'ai appris dans le sport : j'ai toujours avancé avec un état d'esprit positif. J'ai travaillé ça avec Edgar Grospiron notamment. Le fait de voir la mort en face deux fois, ça change ta manière de voir la vie. Mais j'ai mis du temps à m'en rendre compte car pour moi, j'avais juste pris une grosse boîte... Mais quand tu t'en rends compte, tu prends vraiment conscience que tu as été chanceux. Ce sera un World Tour d'émotions cette année. Puis je reviendrai sûrement récupérer une wild card à droite ou à gauche pour claquer des backflips, même après ma carrière (rires)."