Justin Leov : "L’étape de Rotorua a été d’un niveau incroyablement élevé"

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Quatrième de la première étape des Enduro World Series 2015, Justin Leov revient sur cette épreuve à domicile sur laquelle il a échoué à une seconde du podium. Mais le Néo-Zélandais s’est surtout fait plaisir à Rotorua malgré une blessure au mollet l’ayant ralanti dans sa préparation.

La première étape des Enduro World Series 2015 a vu le sacre des Français Jérome Clementz et Anne-Caroline Chausson. Rotorua en Nouvelle-Zélande a aussi été le théatre d’une course marquée par de nombreuses chutes et des conditions pas forcément évidentes pour les riders enduro. De leur côté, les locaux sont tout de même parvenus à signer un podium chez les hommes avec Win Masters. De son côté, Justin Leov termine quatrième de cette première épreuve de la saison. Il nous livre ici ses impressions en attendant la prochaine étape des EWS en Irlande le 24 mai prochain. " J’ai toujours trouvé que l’intersaison était trop courte, mais cette année, avec une maison à construire et une première manche de l’EWS dès le mois de mars, je ne l’ai même pas vu passer !Après une saison 2014 riche en émotion, ce break de l’intersaison avait été le bienvenu. Nous avions prévu, ma femme Tory, mon fils Luca et moi-même, de quitter Christchurch et d’emménager pour Noël dans notre maison en construction du coté de Blenheim, là ou j’ai grandi. Les travaux étaient déjà bien avancés à mon retour de Finale Ligure en fin de saison passée, mais il y avait encore beaucoup à faire et pendant plusieurs semaines, marteau et perceuse allaient remplacer vélo et powermeter !

Justin Leov : "L’étape de Rotorua a été d’un niveau incroyablement élevé"

J’avais aussi comme objectif de récupérer physiquement. Avec l’aide de mon coach et du staff médical des All blacks, je travaillais à guérir des blessures que je trainais depuis la fin de la saison passée. Très vite, il fut temps de se remettre en selle, Rotorua approchait, j’avais du boulot !J’avais quand même réussi à suivre un bon programme d’entrainement mais une blessure au mollet après une grosse chute, quelques semaines seulement avant Rotorua, menaçait de tout remettre en question. J’étais obligé de faire l’impasse sur les courses de préparation, et de me concentrer sur les séances de physiothérapie. Le genre de problème dont je me serais bien passé mais ce sont des choses qui arrivent dans notre sport et j’y suis habitué.

Justin Leov : "L’étape de Rotorua a été d’un niveau incroyablement élevé"

En prévision de l’épreuve de Rotorua je décidais de rouler avec mon 29er et de passer à un débattement de fourche de 160mm contre 150 l’an dernier. Malheureusement j’avais appris que mon ami Jared Graves devait jeter l’éponge pour cause de blessure, c’est toujours décevant de voir un des candidats à la victoire ne pas prendre le départ. J’étais déçu pour lui mais ce n’est que partie remise bro ! J’étais franchement excité le matin de la course. Pour la première fois l’EWS faisait étape « chez moi » en Nouvelle Zélande, et ma femme et mon fils étaient là pour me soutenir.

Justin Leov : "L’étape de Rotorua a été d’un niveau incroyablement élevé"

Les premières spéciales étaient les plus compliquées et dangereuses, je prévoyais donc de rouler plutôt prudemment et de ne pas prendre de risques inutiles sur le début de l’épreuve. Plus facile à dire qu’à faire, et mon premier run était tout sauf paisible. Je le finissais avec le 4ème temps ce qui était une bonne surprise. La liaison suivante était courte et j’entamais la Spéciale 2 à fond, en contradiction avec mes bonnes résolutions du matin. J’avais vraiment un bon feeling sur le vélo, confirmé par mon résultat : meilleur temps ! Être constant c’est le meilleur moyen d’obtenir un bon résultat final, donc je m’appliquais à ne pas faire de grosses erreurs. Les sensations étaient bonnes et je passais les spéciales 3 et 4 sans encombres. La spéciale cinq était compliquée, courte mais pleine de racines piégeuses. Je l’avais passé correctement durant les reconnaissances mais cette fois la chance m’abandonnait et je faisais une grosse chute qui me faisait perdre un temps précieux. J’étais toutefois content de m’en tirer avec seulement quelques égratignures. J’avais fait le choix du casque intégral et ce choix s’avéra judicieux. Je redressais la visière et remettais mon masque en place correctement, une bonne vision est un élément essentiel dans un sport comme l’Enduro. Une fois ma commande de frein redressée je pouvais finalement repartir et finir la Spéciale.

Justin Leov : "L’étape de Rotorua a été d’un niveau incroyablement élevé"

Il me restait deux Spéciales pour refaire mon retard. La 6 était un parcours typé DH que je maitrisais bien. La toute dernière Spéciale était un bon mix, très technique dans la partie haute puis beaucoup plus DH ensuite. Elle était retransmise en direct TV et finissait devant le public des Crankworx ce qui nous mettait encore un peu plus la pression. Je m’élançais avec fougue mais la réalité du terrain me rappelait rapidement à la prudence. Je passais la première partie sans problème avec un run très propre avant d’aborder la partie DH du parcours. Entre temps mes cales de pédales automatiques s’étaient desserrées mais il était trop tard pour y faire quoique se soit. Cela me valut quelques belles frayeurs et je devais renoncer à sauter le gap final sous peine de me retrouver, moi d’un coté et mon vélo de l’autre ! Je finissais 3ème de cette dernière Spéciale, et 4ème au général, une seconde derrière Wyn Masters qui inaugurait son premier podium EWS.Une fois de plus la compétition avait été d’un niveau incroyablement élevé. Une bataille à coup de secondes sur un terrain très exigeant. Survivre était déjà un exploit, j’étais super content de mon résultat. Je vous donne rendez-vous en Irlande pour la deuxième manche ! A lire aussi : Enduro World Series 2015 : Vidéo des crashs de Rotorua.