Justin Leov : "La foule était en délire, on se serait cru sur une DH !"

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Proche de la victoire sur la deuxième étape des Enduro World Series qui se tenaient la semaine dernière en Irlande, Justin Leov a finalement terminé sur la deuxième marche du podium. Récit de son périple irlandais.

Arès la première étape des Enduro World Series 2015 reportée par Jérome Clementz et Anne-Caroline Chausson à Rotorua, le monde de l’enduro était en Irlande ce week-end pour la deuxième manche de cette coupe du monde. Si les Françaises ont brillé en terminant deuxième et troisième d’une épreuve remportée par Tracy Moseley, c’est un local qui s’est imposé chez les hommes en la personne de Greg Gallaghan. L’Irlandais devance l’Australien Justin Leov que l’on retrouve ci-dessous dans son traditionnel récap d’après course. " Rotorua avait sonné le début de saison EWS mais aussi, en Nouvelle Zélande, la fin de l’été. Les journées devenaient plus courtes et les températures signalaient clairement le début de l’automne. Les réseaux sociaux se remplissaient à nouveau de résultats de courses et j’avais hâte de retrouver la compétition. Avec un œil sur les conditions climatiques de l’Irlande je commençais à me préparer pour la deuxième manche des EWS. Cette année est spéciale pour moi puisque Tory et moi avons décidés de nous installer à Finale Ligure pour le reste de la saison, et de profiter ensemble, avec notre fils Luca, de l’été Italien. Faire ses valises pour six mois n’est pas une mince affaire mais une fois que l’on est sur l’avion, on tient le bon bout ! J’avais prévu d’arriver en Irlande une bonne semaine avant la course afin de mieux digérer le décalage horaire. Luca et Tory avaient un rhume avant le départ, le mien se manifesta dès notre embarquement pour l’Europe.

Justin Leov : "La foule était en délire, on se serait cru sur une DH !"

Une première sortie vélo à notre arrivée ne fit qu’empirer les choses et je passais les jours suivants au lit. Je récupérais juste à temps pour les reconnaissances. Le parcours offrait un mix de sections rapides et d’autres beaucoup plus techniques où il serait important de ne pas perdre trop de vitesse. L’altitude est certes limitée en Irlande mais le parcours était toutefois très intéressant. Avec ses temps de liaison relativement généreux et des montées avec des pentes moyennes de 5 à 7% il fut rapidement surnommé l’enduro « social ». Le début des reconnaissances fut laborieux mais je retrouvais assez rapidement de bonnes sensations. J’avais décidé de parcourir chaque spéciale deux fois, ce qui était synonyme de deux très grosses journées de VTT ; j’espérais que la fatigue accumulée serait compensée par une bonne connaissance du terrain. Au programme, 54 km et 2000 mètres de dénivelé le vendredi, 45 km et 1600 mètres de dénivelé le lendemain.

Justin Leov : "La foule était en délire, on se serait cru sur une DH !"

Les prévisions pour le jour de la course annonçaient le soleil, je choisissais l’écran de mon masque en conséquence. Compte tenu des dalles de pierre sur le haut du parcours une météo clémente était la bienvenue ! La 1ère Spéciale était du genre “fonce, accroche toi et surtout ne freine pas”. Je commençais bien la journée avec le deuxième temps derrière Barel. La 2ème spéciale était la plus physique et la plus longue. De grosses dalles en haut, et puis pas mal de pédalage. La foule était venue en masse, et il y avait même un hélicoptère au-dessus de nous, ambiance "rock star "! Je donnais tout ce que j’avais mais ne pouvais faire mieux que 4ème. La 3ème Spéciale commençait aussi sur les dalles de pierre mais avec le vent contraire, sur un parcours beaucoup plus plat. Le tracé était chaotique, avec beaucoup de rochers et un fort risque de crevaison. Je réussissais à bien gérer et remportait cette Spéciale. La 4ème Spéciale précédait une courte pause repas, c’est sans doute pour cela que j ‘étais pressé d’arriver, je remportais ma seconde Spéciale de la journée et prenais la tête du classement. Mais la journée était encore longue, je restais concentré.

Justin Leov : "La foule était en délire, on se serait cru sur une DH !"

Je m’élançais un peu trop fougueux dans la 5ème Spéciale, j’évitais la chute de justesse mais je perdais de précieuses secondes. Je repartais en essayant au maximum de ne pas prendre de risques inutiles et finissait 8ème. La 6ème Spéciale était ma préférée. Rapide, pleine de rochers, la foule en délire, on se serait cru sur une DH ! Mon départ malheureusement fut similaire à celui de la Spéciale précédente, je risquais la chute et perdait le bon rythme. Je finissais 7ème. Le moment de la dernière Spéciale arriva. Je me sentais en forme, pas de problèmes techniques. Je ne savais pas quelle place j’occupais au classement mais je savais qu’une chute ou une crevaison seraient désastreuses, il fallait gérer intelligemment. Plus facile à dire qu’à faire mais mon run fut clean et je finissais satisfait et soulagé. L’ambiance sur la ligne d’arrivée était indescriptible. Greg Callaghan, le régional de l’étape m’avait surclassé dans les trois dernières Spéciales pour remporter finalement l’épreuve. Ma seconde place me permettait toutefois de remonter de la quatrième à la deuxième place du circuit 2015 après deux épreuves. De quoi être globalement satisfait ! Rendez-vous en Écosse ! " A lire aussi : Justin Leov : "L’étape de Rotorua a été d’un niveau incroyablement élevé ".