Justin Leov : "Ma première victoire en Enduro World Series est un rêve devenu réalité"

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Victorieux de la troisième manche des Enduro World Series en Ecosse, Justin Leov mène désormais le classement général. Le Néo-Zélandais revient sur cette épreuve tronquée par les conditions météorologiques.

Quatrième, deuxième et premier. La progression sur les trois premières épreuves des Enduro World Series 2015 de Justin Leov est linéaire. Et le Néo-Zélandais, qui avait déjà pris son pied sur l’étape irlandaise le 24 mai dernier, pointe désormais logiquement en tête du général après sa victoire en Ecosse la semaine dernière, sur laquelle il revient largement ici. "C’est au Tweedlove, l’an dernier, que faisais mon premier podium EWS, et sur deux jours de course je sais que tout peut arriver, j’étais donc super excité à l’approche de la manche écossaise des EWS. Cette épreuve du Tweedlove peut être divisée en deux parties bien distinctes. Le premier jour à Innerleithen avec des parcours plutôt DH, des arbres plantés très serrés, et des racines; le second, dans la zone de Glentress, avec des parcours mêlant le technique et le rapide. Mon plan était de réussir à passer la première journée sans trop de dégâts et sans dépenser trop d’énergie, pour ensuite donner le maximum le second jour lorsque la fraicheur physique peut faire la différence. Il s’agissait avant tout de programmer au mieux les reconnaissances, étalées sur trois jours, pour parvenir à « apprendre » le plus possible le parcours sans y laisser trop d’énergie."

Justin Leov : "Ma première victoire en Enduro World Series est un rêve devenu réalité"

"Le premier jour j’avais choisi de faire les Spéciales 1 et 2 deux fois, puis les 3 et 4 une fois. Cela voulait dire quand même près de 2000m d’ascension. La session du lendemain fut marquée par des averses de pluie un peu toute la journée. Dans la montée vers la Spéciale 5 la pluie s’était même transformée en glace et, le vent aidant, on aurait pu se croire sur une plage, fouettés par le sable ! La Spéciale 6 apparaissait comme une des Spéciales « clé ». Avec plus de 10 mn de parcours et trois montées assez sévères qui allaient faire la sélection, je savais que cette Spéciale, très physique et pas du tout technique, allait être critiquée par certains. Pour ma part je m’entraine pour du technique mais aussi pour du très physique, à mon avis c’est ça l’Enduro, ce n’est pas la DH. Le lendemain je décidais d’écourter les reconnaissances pour mieux récupérer physiquement en vue de la course. Un splendide soleil nous accueillait pour le 1er jour de course. Pas de stress donc, coté météo, pour ce qui s’annonçait comme une longue journée. Je tombais dès la première Spéciale, un mix de passage rocheux puis de sections avec des marches assez hautes. Un peu un choc de commencer aussi mal !"

Justin Leov : "Ma première victoire en Enduro World Series est un rêve devenu réalité"

"La seconde Spéciale était rapide, les arbres étaient très serrés, un risque permanent d’y accrocher le guidon à haute vitesse. Je me sentais beaucoup mieux et finissais avec le deuxième temps. La troisième Spéciale partait à toute vitesse, bien au-dessus des arbres, puis rentrait dans la forêt et tout devenait subitement sombre. Bien voir est toujours crucial dans notre sport, dans de telles conditions encore plus. Un masque ou des lunettes performantes sont indispensables. Un parcours sans grosse faute de mon coté. Je refaisais le plein d’eau lors de liaison suivante, j’étais heureux ! Place à la dernière Spéciale du jour. Elle reprenait une partie de la n°3, donc encore beaucoup d’arbres serrés et de racines mouillées prêtes à vous envoyer dans le décor à tout instant. Je calculais mal ma vitesse dans un virage à droite et finissais au tapis. J’étais en colère avec moi-même, je perdais du terrain sur les leaders et finissais 9ème au terme de cette première journée."

Justin Leov : "Ma première victoire en Enduro World Series est un rêve devenu réalité"

"La frustration fut de courte durée, rapidement je me tournais mentalement vers le second jour. Tout était encore possible mais il faudrait tout donner ! A mon réveil j’apprenais que deux Spéciales du jour allaient être annulées pour des raisons de sécurité, suite à une alerte météo. Je comprenais tout à fait cette mesure mais j’étais très déçu. Une course réduite était pour moi synonyme de possibilités réduites de refaire mon retard. Comme annoncé, le temps avait changé brutalement, vent froid et pluie avaient remplacé le soleil de la veille. La Spéciale 5 était plutôt typé DH. Il y avait une boue incroyable, et, à chaque ornière, le risque de rester bloqué. C’était une Spéciale pour équilibristes mais ralentir n’était pas forcément la bonne solution ! Il fallait s’accrocher à son guidon et essayer de maintenir une bonne vitesse sans pour autant se faire désarçonner. Je m’en sortais plutôt bien, avec le troisième temps. La 8ème, et donc dernière Spéciale, commençait un peu plus haut que prévu initialement, et reprenait environ deux minutes de la Spéciale 6. C’était une section de type « bike park ». Il y avait ensuite une montée avant d’atteindre une partie très rapide, puis d’enchainer avec une nouvelle courte montée avant de plonger vers la ligne d’arrivée. L’essentiel serait de réussir à maintenir une bonne vitesse tout au long des parties en descente, et de tout donner dans les sections de pédalage. Je prévoyais de souffrir mais je n’avais pas le choix si je voulais revoir le podium !"

Justin Leov : "Ma première victoire en Enduro World Series est un rêve devenu réalité"

"Ce dernier run fut un tout ou rien pour moi, souvent j’étais à la limite de la chute, et dans lesmontées je dépensais mes forces sans compter. J’étais en permanence en lutte avec moi-même, disputé entre la volonté de gagner et celle d’abréger la souffrance. Heureusement c’est la volonté de gagner qui l’emporta et je décidais de ne pas prêter attention aux plaintes de mes jambes et de mes poumons en feux. A l’arrivée j’étais content de moi et curieux de connaître le résultat. 10 minutes plus tard, lorsque je rejoignais le tableau d’affichage je n’en croyais pas mes yeux ! J’avais réussi à refaire mon retard non seulement pour une place sur le podium mais pour la victoire finale, ma première victoire sur le circuit EWS ! Ce n’est que lors de la cérémonie du podium que j’ai pris vraiment conscience de la chose. Un rêve devenu réalité. Je suis très fier aussi d’être le nouveau leader au classement de la saison. Quelques semaines de repos maintenant avant de retrouver les hautes montagnes et les longues Spéciales de la manche française. J’ai hâte d’y être !" A lire aussi : Enduro World Series 2015 : Vidéo des crashs de Rotorua.