Ken Block : "Les fans français sont connaisseurs" (interview exclu)

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Découvrez l'interview exclusive de Ken Block pour meltyXtrem, réalisée à l'occasion de l'étape française du FIA Rallycross World Championship 2014, à Lohéac. Au programme, sa saison, ses projets et quelques surprises.

Présente sur la huitième étape du FIA Rallycross Championship 2014 sur le circuit de Lohéac (Bretagne), la rédaction de meltyXtrem a pu rencontrer Ken Block. La légende de l'écurie Monster Energy s'est prêtée au jeu de l'interview avec brio. Si vous n'êtes pas très portés sur les sports motorisés, sachez que Ken Block est non seulement l'un des fondateurs de la marque DC, mais également le créateur du Gymkhana Grid, une discipline du dirt. Souvenez-vous, meltyXtrem avait assisté à l'étape de sélection française lors de l'International Motor Exhibition à Clermont-Ferrand. Il est également pilote de rallye, discipline dans laquelle il a fait une entrée fracassante en 2005, raflant au passage le titre de "Rookie of the Year", et de rallycross sur le circuit américain. Il est actuellement classé second sur le Global Rallycross et a fait son entrée sur le FIA Rallycross World Championship 2014 lors de l'étape en Norvège. Il y prend part cette année pour trois arrêts, dont celui de Lohéac, lors duquel il a terminé quatrième. Découvrez ses impressions, ses attentes, ainsi que ses projets pour les mois à venir.

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Ken Block, vous êtes présent à Lohéac à l'occasion de la huitième étape du Rallycross World Championship, mais ce n'est pas votre unique occupation. Quels autres sports extrêmes pratiquez-vous ?

Je fais du skateboard et du snowboard. J'ai aussi été pilote de motocross. Je n'ai pas fait de courses à un niveau professionnel, j'étais amateur. Je fais aussi du VTT downhill. J'ai fait pas mal de choses, mais j'ai vraiment grandi avec le skate.

Quels sont vos spots préférés pour pratiquer tous ces sports ?

J'ai grandi dans le sud de la Californie, donc beaucoup de mes influences sont autour de Los Angeles ou de San Diego. J'apprécie beaucoup le fait d'être originaire de Californie et d'avoir pu faire tout ça là-bas. Au fil des années, je suis aussi devenu snowboardeur. Je vis en ce moment en Utah, en plein milieu de la montagne, et je n'ai qu'une heure de route pour atteindre les snow parks. Pour moi le skate a été l'une des choses les plus importantes de toute ma vie, en particulier parce que je viens de Californie.

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Est-ce la raison pour laquelle vous avez développé la marque DC ?

J'ai grandi en rêvant de faire du skate à haut niveau, mais je n'ai jamais été assez talentueux pour passer chez les pros. En grandissant, j'ai réalisé que j'adorais l'industrie du skate, j'ai donc décidé d'y entrer par une autre porte, en travaillant pour des shops et des marques. J'ai vite développé l'envie de créer ma propre marque. J'ai fait un partenariat avec un ami, Danny Way. Nous avons monté quelques petites marques de vêtements avec un bon succès. C'est à ce moment-là que nous avons lancé DC. Mon partenaire et moi sommes de gros bosseurs, nous avions de bons contacts dans le skate et les shops et nous sommes parvenus à faire grandir la marque, et ce de manière assez importante. C'était d'une part de la chance, et de l'autre du travail. Mais à la fin, c'était une expérience très sympa.

Vous avez récemment fait un show à la Barbade avec Lewis Hamilton. Auriez-vous aimé faire carrière en F1 ?

J'ai grandi en regardant le rallye et la Formule 1. J'apprécie les deux. La F1 est absolument magnifique. Le design des voitures, la manière de les piloter, les superbes circuits... Mais ce que j'aime, c'est l'agressivité du rallye. J'aime être dehors dans la neige, dans la forêt, sur les routes en tarmac. J'aime ça plus que la Formule 1. Je n'ai pas encore eu la chance de conduire une voiture de F1, mais je sais que quand je conduis sur un circuit, je me lasse rapidement de faire le même tour encore et encore. Pouvoir faire du rallycross comme ce week-end, ou le Gymkhana a toujours été très fun pour moi.

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Et le Footkhana alors ?

(Rires) C'était un projet marrant, l'opportunité de faire quelque chose avec Neymar Jr. Et la possibilité de faire quelque chose de nouveau avec ma voiture aussi. L'idée vient de l'un des membres de mon équipe. Le travail pour positionner la voiture exactement là où je le voulais pour réceptionner les ballons était très cool. C'était un challenge fun et qui a très bien fonctionné. On a impliqué une personne mondialement connue comme Neymar, cela l'a rendu très intéressant.

Que pouvez-vous nous dire au sujet de votre prochaine vidéo de Gymkhana ?

(Rires) La seule chose que je peux dire c'est quand elle sortira, ce sera en novembre. C'est la seule information que je peux donner ! On garde tout très secret. Ah et je vais vous dire autre chose. Ce sera différent... Vraiment différent... Différemment fou !

En attendant novembre, comment l'idée du Gymkhana vous est-elle venue ?

Pour moi, il s'agit avant tout de m'amuser avec la voiture. La plupart du temps, comme c'est le cas ce week-end, mon seul objectif est d'aller vite, d'essayer de gagner une course. Mais une voiture est tellement fun à conduire. Je veux piloter, mais être créatif et m'amuser avec. C'est ce que représente le Gymkhana pour moi. Une sorte de moyen de m'exprimer, sans me préoccuper de mon temps sur les tours.

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Vous avez déjà pris part à une étape du World Rallycross Championship. Qu'en avez-vous pensé ?

C'était génial ! Les compétitions que nous avons aux États-Unis n'ont pas de pistes de rallycross attitrées. Quel que soit l'endroit où nous allons, l'organisation doit construire les circuits. Mais ici, en Europe, le rallycross est bien implanté. Beaucoup de circuits, comme celui de Lohéac, ont été construits pour le rallycross. Donc c'est génial de venir ici et de pouvoir concourir sur ces pistes. Celui de Norvège était vraiment, vraiment bien. La compétition s'est exceptionnellement bien passée parce que la piste était adaptée à la discipline.

Vous participez à trois étapes du World Rallycross Championship cette saison. Voudriez-vous aller plus loin l'année prochaine, et peut-être faire l'intégralité du circuit ?

On verra ! Tous les ans, ce sont mes sponsors qui décident des événements auxquels je participe et à combien de courses. Je suis pas mal occupé. Mais j'aime venir ici. Les fans européens, et en particulier les fans français, sont tellement connaisseurs et enthousiastes au sujet des sports motorisés. Tous les calendriers des compétitions seront disponibles à partir d'octobre ou de novembre. Nous sommes en train de travailler dessus avec les sponsors. En principe, nous publions notre calendrier en janvier, à suivre !

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Vous roulez également sur le Global Rallycross aux États-Unis, quels sont vos objectifs sur ce championnat ?

Mon objectif, c'est de remporter le championnat ! J'ai eu une saison plutôt difficile au début de l'année, mais j'ai fait trois podiums dans les dernières étapes, dont une victoire. Donc j'ai refait le plein de points et j'espère gagner !

Des conseils pour quelqu'un qui voudrait devenir pilote ?

La chose la plus importante dans le pilotage, c'est d'apprendre et d'acquérir de l'expérience. J'ai commencé dans une école de rallye, j'y ai appris les bases et la maitrise de ce type de voiture. J'aimais tellement le rallye que j'ai voulu commencer à piloter. J'avais 27 ans. Un vieil homme (rires) ! C'était une très bonne manière de débuter, d'apprendre quelques compétences qui me servent toujours aujourd'hui. Je pense que c'est la manière la plus facile et intelligente d'acquérir l'expérience nécessaire.

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Source : Maud Julien Le Pommeray