Kevin Rolland : "Le niveau de halfpipe est monstrueux sur le Dew Tour" (exclu)

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Le skieur français Kevin Rolland lance son hiver ce vendredi 11 décembre sur le Dew Tour 2015. Il revient sur sa préparation, ses objectifs et la visibilité du ski halfpipe en France.

Kevin Rolland entre en lice ! Le skieur halfpipe français est présent sur le Dew Tour 2015, qui se tient ce week-end, à Breckenridge, dans le Colorado (États-Unis). Il est engagé dans la compétition de ski superpipe en compagnie des autres Tricolores Thomas Krief et Joffrey Pollet-Villard et tentera de se qualifier, ce vendredi, pour la finale, prévue le samedi 12 décembre. Il s’agit de sa deuxième épreuve de l’année après une belle première place en coupe du monde de ski halfpipe, à Cardrona, en Nouvelle Zélande, en août dernier. Kevin Rolland a accordé une interview à meltyXtrem, dans laquelle il revient notamment sur ses objectifs de la saison, sa préparation, sa troisième place aux X Games 2015 et ses projets. A voir aussi : Dew Tour 2015 : Présentation de l'événement freestyle à Breckenridge du 10 au 13 décembre.

Sa préparation

J'ai réalisé une grosse préparation physique cet été et cet automne, un peu plus que d'habitude, donc je me sens bien en forme. On s'est entraîné sur le glacier des Deux-Alpes techniquement avec un bon halfpipe. Puis on a fait une première étape de coupe du monde en Nouvelle-Zélande où on a réalisé un podium 100% français avec Thomas (Krief) et Ben (Valentin). C'est la première fois que cela nous arrive et cela a bien lancé notre saison. Cela nous donne surtout de gros objectifs pour la coupe du monde et les X Games.

Son objectif sur le Dew Tour 2015

Le Dew Tour, c'est une seule compétition, du "one shot" comme on dit. L'an dernier j'ai terminé troisième et j'aimerais bien essayer de le gagner bientôt. C'est un général, un contest avec un gros niveau. Il y a des Américains, des Canadiens, c'est important de se montrer et de se placer. Le halfpipe y est monstrueux et ça skie souvent très fort ! J'aime bien performer dans ces conditions.

Son bilan des X Games 2015

Forcément, je suis déçu de ne pas avoir gagné car je le méritais de mon point de vue… En revanche, je ne suis pas déçu de ma performance car j'ai vraiment tout donné, j'ai réalisé un run que je n'imaginais pas pouvoir sortir, sûrement le meilleur de ma vie, le plus haut en moyenne de l'histoire des X Games, c'est une stat' qui fait plaisir (rires) ! J'aurais aimé gagner mais il faut accepter le jugement… C'est un peu l'histoire de notre vie malheureusement. À chaque fois que tu arrives en bas du pipe, tu lèves le bras, tu penses être le meilleur mais tu ne sais pas exactement ce que cela va donner. Le niveau devient tellement fort qu'il est de plus en plus difficile de juger sa propre performance. Le problème est qu'aux X Games, les juges donnent leur note en regardant la télé, et en différé par rapport à notre passage. Ils ne sont même pas sur le site. Je pense que c'est compliqué pour eux de voir l'amplitude, de se faire une idée de la vraie qualité de ski dans le pipe… Cela doit jouer dans les erreurs de jugement.

Kevin Rolland : "Le niveau de halfpipe est monstrueux sur le Dew Tour" (exclu)

Les X Games Oslo 2016

Je suis super content qu'ils reviennent en Europe. On aurait tous préféré que cela se passe en France mais Oslo est une ville géniale, cela va rapporter les projecteurs sur notre discipline donc c'est une bonne nouvelle. J'ai vraiment envie de les gagner cette année car on ne retient que celui qui remporte l'or sur cette compétition et cela a un peu minimisé mes performances sur les dernières éditions. Après, je veux aussi gagner le circuit de coupe du monde et le globe de cristal !

Le manque de visibilité du ski halfpipe en France

Il nous manque des événements télévisés sur des grosses chaines. Aux États-Unis, il y a ESPN, les gens ont grandi en voyant du sport extrême, les publicités sont faites par des riders… C'est encore inimaginable en France car ce n'est pas dans notre culture, on n'a pas grandi avec ça. Les sports extrêmes restent un OVNI pour les Français et on manque de lumière. En tant qu'athlètes, on en souffre car on ne bénéficie pas d'autant d'aides que dans d'autres sports. Il existe bien les réseaux sociaux qui permettent d'avoir de la visibilité... C'est une vraie chance pour toucher les jeunes.

Les J.O 2018

Ce n'est pas ma philosophie de les préparer aussi longtemps à l'avance. Je procède par étapes. Quand je suis sur les X Games, je ne pense qu'à ça. J'ai le temps ensuite de me projeter sur un autre objectif. C'est aussi une manière d'arriver en confiance sur chaque compétition, je ne veux pas tout jouer sur les J.O.

Le Freeski Project

On en est fier car c'est notre petit bébé. On l'a créé pour s'entraîner mieux, comme on l'entendait. On bénéficie d'un vrai suivi avec un coach, un préparateur physique, un kiné, un cuisinier… On travaille dur pour maintenir cette structure car cela nous coûte assez cher, mais on pense que c'est grâce à elle qu'on s'améliore. Si demain on veut partir en Nouvelle-Zélande pour s'entraîner, on peut le faire, on est maître de notre carrière sportive. C'est un luxe permanent.

Son nouveau sponsor avec la marque Völkl

J’ai pris mon temps pour trouver un nouveau partenaire. J’ai trouvé les skis Völkl performants, ils correspondent à mes attentes. Völkl investit beaucoup dans le ski freestyle. C’est une des seules marques qui investit encore beaucoup dans cette discipline, là où les autres ont tendance à couper un peu les budgets. Cela m’a poussé à signer pour trois ans. Les skis possèdent des semelles courtes sur les skis qui glissent très bien. Après les avoir testés, je n'ai pas hésité. Je suis très content de ce nouveau partenariat.

Ses autres projets vidéo

La vidéo "Fast Forward", avec Julien Régnier, a bien fonctionné sur Internet. On a eu de très bons retours. Le but est de pousser dans ce sens et d’aller encore plus loin, faire des choses encore plus déjantées. Après, concernant les vidéos, j’aime bien m’en occuper moi-même. Comme ça, on ne m’impose rien. J’ai des idées. Pour le moment, je les garde de côté. Pour le moment, place à la compétition. Mais il est certain que d’autres vidéos sortiront dans les prochains mois.