Loïc Bruni : "A Lourdes, on va rouler pour la première fois à bloc avec le bike"

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Loïc Bruni aborde la première étape de la coupe du monde de VTT descente à Lourdes avec le maillot arc-en-ciel sur le dos. Ce jeudi matin, meltyXtrem a passé une dizaine de minutes avec le champion du monde.

Son bike est là, dans une superbe livrée blanche et arc-en-ciel (clin d’œil à son titre mondial) que son mécanicien Jack Roure lui a concoctée. Ce jeudi matin, deux heures avant les premières reconnaissances des pilotes sur la piste de Lourdes, Loïc Bruni sort du camion Specialized Gravity pour parler avec nous de cette première étape de la coupe du monde de VTT descente. A domicile, le Français se sait attendu, d’autant qu’il étrennera ici pour la première fois son maillot de champion du monde, après sa victoire l’année dernière en Andorre. Détendu malgré le ciel qui menace (on sait que Loic n’est pas le plus grand fan de la pluie même si " ça me gène moins aujourd’hui " comme il nous l’explique dans l’interview ci-dessous), le Français nous parle de sa préparation aux États-Unis, de son adaptation à son nouveau bike et de ses objectifs sur cette étape de Lourdes (sur laquelle on vous présentait hier les dernières infos à J-1 des reconnaissances). Plus généralement, Loic a aussi le viseur pointé sur le général de la coupe du monde. Enfin, il évoque une concurrence qui a comme lui, beaucoup bougé depuis quelques mois. À lire aussi : UCI Mountain Bike World Cup 2016 : Programme, animations, le guide du spectateur pour Lourdes

Loïc Bruni : "A Lourdes, on va rouler pour la première fois à bloc avec le bike"

Salut Loic, on espère que tu vas mieux que le temps… (la pluie s’est arrêtée au moment où nous réalisons cette interview sous la tente du team, mais le sol est boueux, marqué par les précipitations de ces dernières heures)

Moi ça va, pas de soucis ! Oui, la pluie est là, comme on s’y attendait… On n’a pas passé beaucoup de temps dans la boue avec le nouveau vélo, donc ça pourrait être plus délicat s’il pleut le jour des qualifications (samedi) et de la course (dimanche). La pluie, c’est moins mon truc, c’est clair. Je préfère quand on ride sur le sec. J’ai grandi à Nice où il fait rarement mauvais, donc on a moins l’habitude par exemple que les Anglais de rouler sur piste humide. Mais aujourd’hui, ça me gène de moins en moins. Avant, je faisais un blocage là-dessus, mais là, ça va mieux.

A-t-il plu pendant ta préparation aux États Unis cet hiver ?

Pour être franc, c’est sûr que ce n’est pas là-bas que je me suis amélioré sous la pluie. Il a dû pleuvoir deux jours sur les deux mois que j’ai passé aux États-Unis.

Tu as beaucoup roulé là-bas ?

Oui, mais plus en enduro qu’en descente. Sur place, ce n’était jamais très technique donc ce n’était pas le meilleur endroit pour rouler sur les plus grosses DH possible. Mais on en a profité pour bosser beaucoup le physique.

Après plusieurs mois dans cette nouvelle structure Specialized, comment te sens-tu ?

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que si l’on a effectivement changé de marque en passant de Lapierre à Specialized, on garde la même équipe au niveau des hommes avec les coéquipiers, les mécaniciens, l’encadrement… C’était important d’avoir autour de moi les mêmes personnes qui me suivent depuis longtemps et avec lesquelles je me sens bien. En arrivant chez Specialized, on a évidemment changé de vélo, mais aussi beaucoup d’équipements autour du bike entre les pneus, la selle, le guidon… Là-dessus oui, ça a nécessité un temps d’adaptation.

Loïc Bruni : "A Lourdes, on va rouler pour la première fois à bloc avec le bike"

Peux-tu nous expliquer la différence qu’il y a entre ton Demo de Specialized et ton Lapierre de l’année dernière ?

Le Demo est plus léger et vif. C’est davantage le vélo qui t’emmène que l’inverse. L’année dernière, mon bike était plus lourd donc plus collé au sol. Il fallait vraiment taper dedans pour aller vite. Là, le Demo va vite tout seul, il est plus réactif, plus nerveux et te renvoie donc plus d’énergie. Il peut parfois s’emballer et il faut savoir le tenir. C’est peut-être là-dessus qu’il est plus exigeant. Il a un énorme potentiel, mais si toi tu ne suis pas le rythme, tu peux rapidement partir dans le décor.

Aujourd’hui, estimes-tu le tenir parfaitement en main ?

Dans l’ensemble, oui. Mais on a fait qu’une seule course avec (à Rotorua en Nouvelle-Zélande où il a terminé en tête, même si tous les cadors de la coupe du monde n’étaient pas là). C’est donc encore difficile de s’échelonner face à la concurrence d’autant que sur la coupe du monde, on roulera à bloc pour la première fois. Je ne sais pas encore ce que ça fait de rouler très fort avec car à Rotorua, on n’était pas non plus à 100%. En coupe du monde, tu roules encore un cran au-dessus, tu lâches tout. Ça, je vais le découvrir ici à Lourdes.

Quel est ton objectif sur cette première étape à domicile ?

L’année dernière, Gwin nous avait un peu "tué"… (Loïc avait terminé deuxième, mais à quatre secondes du pilote américain). Cette année, on aura de toute façon des conditions différentes avec la météo. Il va falloir bosser pour trouver des bonnes lignes sur la piste. Ici, l’essentiel sera de repartir avec une bonne position au général, de ne pas se louper et de faire partie du top 5.

Loïc Bruni : "A Lourdes, on va rouler pour la première fois à bloc avec le bike"

Et sur l’ensemble de la coupe du monde ?

J’aimerais rester dans les trois ou cinq premiers du général, faire des podiums et me battre pour la victoire sur toutes les étapes. C’est ça qui est important, se dire que l'on peut gagner n’importe où. Ça va motiver toute l’équipe si on y arrive et c’est beaucoup plus fun de s’élancer en se disant que l’on peut remporter une course.

Y a-t-il une différence sur cette étape de Lourdes quand tu rides avec tes supporters à quelques mètres de toi ? L’entends-tu dans ton casque ?

Quand tu fais une finale et que tu pars parmi les 20 derniers, tout le monde te gueule dessus quoi qu’il arrive (rires). Mais en France, le volume est poussé au maximum. En 2015, je partais dernier car j’avais fait le meilleur temps en qualification. Donc j’étais probablement le rider le plus encouragé, d’autant que tout le monde savait qu’il n’y avait pus que moi pour battre le temps de Gwin. Après, ça peut aussi parfois avoir l’effet contraire. Tu es ultra motivé par l’ambiance autour de toi, et tu veux trop envoyer. Là, tu risques d’aller par terre car tu "surpilotes". Mais c’est clair que c’est bon d’être autant supporté, d’autant que tout l’hiver, tu rides la plupart du temps seul, il n’y a personne autour de toi. Alors reprendre la coupe du monde dans cette ambiance, c’est énorme.

La concurrence a beaucoup bougé pendant l’intersaison….

Oui, les top riders comme Gwin qui est chez YT ou Gee (Atherton) chez Trek ont changé d’équipe, mais je pense que tout le monde a trouvé chaussure à son pied. Comme l’année dernière, on les retrouvera devant en même temps que Troy (Brosnan), Greg (Minnaar), mais aussi quelques rookis. Loris (Vergier) mon coéquipier sera aussi à surveiller.

Loïc Bruni : "A Lourdes, on va rouler pour la première fois à bloc avec le bike" - photo
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