Marine Hunter : "Je dois faire du covoiturage avec d'autres windsurfeurs pour pouvoir m'entraîner" (interview exclu)

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La windsurfeuse Marine Hunter a brillé pour sa première année au plus haut niveau. Spécialiste du funboard, catégorie slalom, la Parisienne a terminé quatrième du championnat de France et veut encore progresser. Interview exclu !

Il y a des quatrièmes places qui laissent entrevoir de gros potentiels. Marine Hunter, 22 ans, est assurément l'un des espoirs du funboard français, au vu de sa saison 2014. Quatrième du Bret's Funboard Tour AFF après la finale disputée à Carnac (8-11 novembre), la meilleure windsurfeuse d'Ile-de-France s'était également classée au pied du podium féminin du Défi Wind 2014, avec une interview de Marine Hunter que nous vous avions proposé avant la compétition de Gruissan. Pour compléter sa belle année, Marine Hunter a pu humer l'ambiance d'une Coupe du monde PWA. Beaucoup de découvertes pour la jeune rideuse parisienne, qui nous dresse un bilan de sa saison 2014, en toute simplicité ! A lire également : Funboard Tour AFF 2014 : Top 15 photos du championnat de France Funboard slalom

Marine, depuis quand pratiques-tu le windsurf ?

J'ai découvert cette discipline assez tardivement, la planche ne m'attirait pas plus que ça jusqu'au jour où mon frère est revenu de son année de césure en Australie. Là-bas, il était moniteur de surf et de windsurf et je lui ai demandé de m'enseigner le wind. J'avais 16 ans, j'ai adoré et je suis devenue une vraie passionnée ! J'ai nourri cette passion et j'en suis là aujourd'hui, grâce à tous ceux qui m'ont aidée à progresser.

Es-tu satisfaite de tes résultats en 2014, avec ces quatrième places sur le Funboard Tour AFF et le Défi Wind ?

Pour mon premier championnat de France AFF, cette quatrième place est assez intéressante en elle-même, mais certaines concurrentes ont quitté le Tour en cours d'année pour poursuivre leurs études (notamment Marion Mortefon, partie en Norvège, ndlr). Il manquait donc du monde et de ce point de vue là, j'ai eu un peu de chance de finir quatrième. Il me reste en effet un gros travail à accomplir, en particulier au niveau technique. D'un autre côté, ce bon résultat me donne beaucoup d'espoir et de motivation pour la suite. Concernant le Défi Wind, cette épreuve fut réellement impressionnante ! Je redoutais la distance, cela s'est finalement bien passé (outre sa 4e place féminine, Marine Hunter s'est classée 205e sur 1 002 concurrents, ndlr) mais le Défi Wind requiert une préparation physique adaptée pour tenir le rythme. Nous avons couru 220 kilomètres en 4 jours, sans compter les journées d'entraînement. En milieu de semaine, on subit un vrai épuisement physique qu'il faut savoir gérer, mais j'ai plutôt bien réussi l'exercice. C'était super de voir 1 000 planches sur l'eau, je n'ai qu'une envie : y retourner !

Tu as participé aussi à ta première épreuve de Coupe du monde, en octobre à la Torche. Comment l'as-tu vécue ?

J'ai trouvé incroyable de pouvoir côtoyer d'aussi près les windsurfeurs professionnels, que l'on voit habituellement dans les magazines. Lorsque je suis arrivée sur le site, j'ai cherché une petite place pour mettre mes planches et, en ouvrant la tente matériel, je suis tombée sur le numéro 1 mondial en vagues ! (rires) C'était également fou de voir tout ce monde sur la Pointe de la Torche, venu admirer l' event PWA. Dommage que nous n'ayons pas pu courir en slalom, je pense que les spectateurs devaient être déçus. Heureusement, il y a eu une journée vraiment magistrale pour la promotion du windsurf et les performances, puisqu'un Français a terminé deuxième de la compétition vagues (Thomas Traversa, champion du monde PWA 2014 de windsurf en vagues quinze jours plus tard, ndlr). L'ambiance était impressionnante, le public applaudissait les vainqueurs des heats... C'était génial à vivre !

Marine Hunter : "Je dois faire du covoiturage avec d'autres windsurfeurs pour pouvoir m'entraîner" (interview exclu)
Marine Hunter : "Je dois faire du covoiturage avec d'autres windsurfeurs pour pouvoir m'entraîner" (interview exclu)

Tu as évoqué tout à l'heure la préparation physique, y as-tu justement recours ?

Idéalement, il faudrait que j'aie un entraînement physique régulier, pas forcément spartiate mais il est indispensable pour progresser de manière significative. Je m'interroge donc sur ce que doit être, concrètement, ma préparation. Beaucoup de personnes m'ont conseillé d'attaquer un programme de musculation, je dois en discuter avec mon club. Actuellement, je travaille ponctuellement mon physique, j'ai donc décidé de reprendre l'escalade. Je pratique également la course à pied pour soigner l'endurance, essentielle en planche à voile. Tu ne peux pas tenir une journée de compétition si tu n'es pas capable d'enchaîner les manches, et que tu es à bout de souffle après chaque slalom. Je me suis également mise récemment au Stand Up Paddle, un sport de brutes absolument génial pour se maintenir en forme !

Comment organises-tu tes entraînements, en tant que windsurfeuse parisienne ?

C'est un peu la débrouille ! Ma démarche est assez amatrice car je n'ai pas le budget pour partir à tout moment en déplacement. Je pratique donc le covoiturage avec d'autres windsurfeurs, afin d'aller m'entraîner en Normandie par exemple. Je navigue souvent seule, travaillant à mi-temps. Ce n'est pas une situation évidente, je n'ai pas de feedback vidéo ou d'oeil extérieur qui m'informe de ce qu'il y a à améliorer. J'aimerais donc essayer de trouver des solutions. Heureusement, mon club Voiles de Seine Boulogne-Billancourt me suit, et nous organiserons peut-être bientôt des entraînements en groupe.

Marine Hunter : "Je dois faire du covoiturage avec d'autres windsurfeurs pour pouvoir m'entraîner" (interview exclu)
Marine Hunter : "Je dois faire du covoiturage avec d'autres windsurfeurs pour pouvoir m'entraîner" (interview exclu)

Dans quels domaines penses-tu avoir progressé cette année, et que dois-tu encore travailler ?

Je pense avoir progressé dans ma gestion des départs de courses, qui est primordiale en slalom. J'ai fait quelques bons départs lors de la dernière épreuve AFF, après un an ce n'est pas trop tôt (rires), mais il me reste encore beaucoup de choses à travailler. Je suis au niveau des autres en vitesse, mais mon énorme (elle insiste sur le mot,ndlr) point noir est le jibe ! Je me plante dix fois plus que les autres, mais je réussis à terminer quatrième du général, c'est un peu paradoxal... Le jour où j'arriverai à maîtriser pleinement cette phase de course, je serai vraiment compétitive et pourrai viser les podiums.

Quels seront tes objectifs en 2015 ?

Cette année, j'espérais une 6e place sur le championnat de France AFF et je suis arrivée quatrième (rires). Je vise donc une 4e place en 2015, de cette façon je ne serai pas déçue si je ne termine pas sur le podium. Mon programme de compétitions sera similaire à celui de cette année. Je participerai au Funboard Tour AFF, ainsi qu'aux grosses longues distances en France tel que le Défi Wind. Je souhaite également aller taper à la porte des championnats européens et des Coupes du monde organisées en Europe. Il n'y en a malheureusement pas beaucoup, les World Cup implantées en Europe sont souvent réservées aux hommes, du fait des prize money insuffisants pour les femmes. Mon objectif sera donc de prendre part à un maximum d'épreuves internationales !

Source : AFF/ Eric Bellande

Marine Hunter