Martin Fourcade : "Je ne pensais pas pouvoir autant gagner"

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La saison de Martin Fourcade s'est achevée le week-end dernier à Khanti-Mansyisk, en Russie. De retour en France, le quadruple champion du monde s'est confié sur son année, sa domination et ses rêves pour le futur.

Martin Fourcade est encore un peu plus entré dans l'histoire du biathlon cette saison. D'abord en devenant le premier homme à remporter cinq fois d'affilée le globe de cristal du classement général. Puis en remportant quatre titres mondiaux (relais mixte, sprint, poursuite et individuel) lors des championnats du monde d'Oslo, devant ses grands rivaux norvégiens qui évoluaient pourtant à domicile. De retour en France après un dernier week-end de coupe du monde à Khanti-Mansyisk, en Russie, le biathlète français a répondu à la presse cette semaine lors d'une conférence de presse organisée à Paris par BMW, l'un de ses partenaires. L'occasion pour lui de revenir sur une saison exceptionnelle mais pas seulement. Sa domination, ses objectifs pour le futur, les Jeux Olympiques de Pyeonchang en 2018... Martin Fourcade n'a évité aucun sujet. À lire également : Championnats du monde de biathlon 2016 : Vidéos de toutes les médailles françaises !

Martin Fourcade : "Je ne pensais pas pouvoir autant gagner"

T'attendais-tu à une telle saison ?

Non pas du tout, je ne pensais pas pouvoir autant gagner. Je pratique un sport qui comporte beaucoup d'aléas : la glisse, le vent, la neige... Mon but c'était le gros globe de cristal et un titre de champion du monde. Finalement il y a eu un premier titre, puis un deuxième, un troisième et un quatrième. C'est incroyable !

Comment expliques-tu une telle domination ?

On le répète souvent dans le sport mais il y a beaucoup de travail derrière tout ça. C'est ça le plus important. Après je suis très fier d'avoir continué à vouloir progresser. J'en suis à mon cinquième globe de cristal consécutif donc je pourrais être un peu moins motivé. Mais j'arrive toujours à me fixer de nouveaux objectifs.

Justement maintenant tu aspires à quoi ?

Je ne rêve plus vraiment d'un objectif sportif. J'ai remporté le globe plusieurs fois, j'ai été champion olympique, champion du monde... Ce que je recherche maintenant se trouve plus dans l'émotion. Mais contrairement à ce que tout le monde veut croire, je ne pense pas aux records.

Martin Fourcade : "Je ne pensais pas pouvoir autant gagner"

Tu as conscience pourtant que tu es entré dans l'histoire du biathlon ?

J'ai beaucoup suivi le biathlon quand j'étais jeune donc oui, je réalise. Mais c'est quelque chose que je regarde avec beaucoup de détachement. J'en profite un maximum bien sûr, mais j'ai avant tout conscience d'être un privilégié.

Tu as seulement 27 ans, tu te vois continuer jusqu'à quand ?

Je suis quelqu'un qui a besoin de se fixer des échéances. Pour l'instant, je vise les Jeux Olympiques 2018 à Pyeongchang. Au-delà, je ne sais pas. On verra à ce moment-là, je ne peux vraiment pas savoir aujourd'hui. La preuve, il y a quatre ans je pensais arrêter après les Jeux de Sochi.

La coupe du monde de ski de fond peut-elle être un de tes objectifs la saison prochaine ?

C'est quelque chose que j'adore, c'est vrai. Après je n'y ai pas encore vraiment réfléchi mais clairement c'est dans un coin de ma tête.

Martin Fourcade : "Je ne pensais pas pouvoir autant gagner"

Tous ceux qui te connaissent sont marqués par ton naturel et le fait que tu aies gardé les pieds sur terre malgré tous ces succès. C'est quelque chose que tu ressens ?

Ça me touche beaucoup que les gens disent ça. J'y fais attention, c'est vrai. Je n'ai pas envie qu'à la fin de ma carrière les gens se souviennent de moi comme d'un un gros con mais d'un grand champion.

Et maintenant, quel est le programme jusqu'à la saison prochaine ?

Là je vais faire une coupure de dix jours, je pars dans le sud du Maroc et je laisse mon portable à la maison. Mais je n'arrête jamais vraiment de penser à mon sport et à tout ce qui va avec. C'est un métier prenant, c'est 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Même en vacances j'ai du mal à décrocher. Là ce seront mes premières vacances en tant que papa donc ça va peut-être changer. Mais avant c'est vrai que j'avais beaucoup de mal.