Mathieu Crepel : "Les rencontres de Odisea sont inoubliables" (interview exclu)

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A l’occasion de la sortie du premier épisode sur YouTube du documentaire Odisea, le snowboardeur Mathieu Crepel est revenu sur le tournage du film, tourné en Alaska.

L’Alaska comme vous ne l’avez jamais vue ! Le snowboardeur Mathieu Crepel et le freesurfeur Damien Castera ont eu l’idée de réaliser un documentaire en Alaska afin de comprendre le fil de l'eau, cette ressource indispensable à l’homme. Un voyage fait de rencontres, de moments d'amitié mais également de doutes face à la rudesse de la nature. Un condensé d'aventures réunies dans le film Odisea. meltyXtrem vous avait d'ailleurs permis de suivre l'évolution de ce périple avec le récit des deux riders. Après une diffusion sur la chaîne de télévision Ushuaïa TV le 3 novembre dernier, le premier épisode du documentaire est désormais disponible sur YouTube. Une série de cinq épisodes à retrouver tous les mardis à partir du 17 novembre. Le snowboardeur Mathieu Crepel est revenu, pour meltyXtrem, sur le film Odisea. La préparation, les conditions de tournage, les moments marquants de cette expédition, il livre son bilan sur cette aventure. Le rider s’est également exprimé sur ses projets et la fin de sa carrière de snowboardeur professionnel. A voir aussi : Odisea : Vidéo teaser de l'expédition avec Damien Castera et Mathieu Crepel.

Premier épisode d'Odisea sur YouTube

meltyXtrem : Quels sont les plus beaux moments que vous avez vécus à travers l'aventure Odisea ?

Mathieu Crepel : L’aventure était vraiment fantastique. Certains moments remontent à la surface, comme la première nuit. A cette période, donc en mai, les nuits se raccourcissent énormément en Alaska, environ 4-5 heures pour parfois atteindre seulement deux heures. Le photographe nous réveille à deux heures du matin et nous dit que des aurores boréales ont lieu dans le ciel. On sort de nos tentes et on voit ce spectacle magnifique pendant près d’une heure. Avec un tel début, on peut se dire que le séjour va bien se passer. Niveau sportif, il y a eu la dernière journée sur le glacier qui reste un moment fort. On a glissé en snowboard jusqu’à la rivière. On nous a filés des mini-rafts gonflables et on a fait une journée de navigation dessus. Tu passes du glacier à la forêt avec tout ce panorama extraordinaire. C’était magique. Toutes les rencontres de cette expédition sont inoubliables.

D'où t'es venue l'idée de partager cette aventure avec Damien Castera en Alaska ?

Mathieu Crepel : C'est l’Alaska qui nous a réunis. Nous nous étions déjà rendus dans cet Etat, moi trouver les plus belles pentes, lui pour surfer de superbes vagues. Avec Damien, on se connaissait un peu. Les potes, qu'on avait en commun, se sont dits qu’on devait faire un projet ensemble. On s’est retrouvé sur l’essentiel de notre sport. Le message qu’on voulait transmettre, c’était comprendre le cycle de l’eau, l’interdépendance des éléments dans la nature. En 2008, j’ai créé une association qui s’appelle "Des Flocons à la Vague". C’est une ONG qui a pour but de préserver l’eau, sensibiliser les problématiques autour de cette ressource. Le film va s’intégrer dans une des actions de l’association. On veut mettre en place des conférences dans des écoles. On est en train de travailler là-dessus.

Y a-t-il eu des moments difficiles à traverser ?

Mathieu Crepel : Aussi bizarre que cela puisse paraître, il n’y a pas eu de moments compliqués. Toute l’équipe s’est super bien entendue. Le temps a vraiment été en notre faveur. On a connu quelques difficultés à l’océan car les vagues n’étaient pas très bonnes. L’atmosphère était humide donc ce n’est pas très agréable. Sur la fin, il y a eu des moments un peu durs. Mais quand tu pars à l’aventure, ça fait partie du voyage de connaître quelques temps de galère. Mais on ne peut pas se plaindre, seulement être heureux d’avoir profité de chaque instant de ce voyage.

Mathieu Crepel : "Les rencontres de Odisea sont inoubliables" (interview exclu)

As-tu reçu des soutiens de la part d'acteurs de l'écologie ?

Mathieu Crepel : À Biarritz, une semaine autour de l’écologie sera organisée après la COP 21, en décembre, avec des intervenants. Dans ce cadre, la ville a proposé de projeter le film et de venir en parler. On reste ouvert à toute demande.

Combien de temps de travail avez-vous passé, toi et toute l'équipe, sur le documentaire Odisea, de l'idée jusqu'à la première diffusion ?

Mathieu Crepel : On peut parler de deux ans de travail environ, depuis le concept. On l'a affiné et ensuite on s'est occupé de la recherche de financements, de sponsors et de partenaires pour l’organisation du voyage. On avait plusieurs destinations en tête mais l’Alaska était pour nous deux important même si ce n’était pas simple. On est parti début mai 2015 pour cinq semaines de voyage pour un retour en juin. Concernant le montage, on a commencé fin juin et on a fini juste avant la première projection qui se tenait à Biarritz, en octobre, donc un peu plus de trois mois. Quatre personnes travaillaient sur le montage avec des amis qui possèdent une boite de production qui s’appelle "When we Were Kids". C’est un format de 52 minutes, le format classique du documentaire. Nous diviserons le film en plusieurs épisodes pour le publier sur YouTube. Cinq épisodes seront publiés sur le site, ce qui représentera l’intégralité du documentaire.

Qui t'a transmis la passion de la glisse, toi qui pratiques le snowboard et le surf ? Pourquoi avoir choisi le snow en particulier ?

Mathieu Crepel : Mon père était moniteur de ski l’hiver et tenait une boutique de surf l’été. J’ai commencé comme tous les jeunes par du ski. Puis je me suis testé au snowboard et j’aimais beaucoup les sensations. En surf comme en snow, dans les années 90, ça paraissait compliqué de se projeter en tant que professionnel. J’ai eu la chance de me glisser dans un circuit de compétition pour les jeunes qui était reconnu. En plus, j’ai connu une belle génération de Pyrénnéens avec les frères De le Rue notamment. On m’a proposé de faire sport-études après mes résultats en snow lors de compétitions. Tout s'est accéléré et je me suis passionné pour le snowboard. Aujourd'hui, je pratique les deux avec plaisir.

Mathieu Crepel : "Les rencontres de Odisea sont inoubliables" (interview exclu)

As-tu définitivement tiré un trait sur la compétition ?

Mathieu Crepel : Oui. Quand j’étais à Sochi en tant que consultant, pour les derniers Jeux Olympiques d’hiver, je n’ai pas ressenti d’envie de m’y mettre. J’avais commencé à me préparer pour l’épreuve de slopestyle, qui venait de débarquer sur les J.O. Mais cela ne m’a pas gêné alors qu’auparavant, je serais devenu fou de ne pas y participer.

As-tu eu d'autres proposition concernant un rôle de consultant pour de prochaines compétitions ?

Mathieu Crepel : Pour les J.O, on n’en a pas parlé pour le moment. Pour les X Games d’Oslo, on ne sait pas encore quel chaîne de télévision va diffuser les épreuves. Donc je ne suis pas fixé pour l’instant. Mais l’expérience des J.O m’avait beaucoup plu. J’adore regarder les événements sportifs. C’était un vrai plaisir.

Quels sont tes projets pour la suite ?

Mathieu Crepel : On aimerait faire d’autres films Odisea en travaillant sur d’autres d’autres peuples et d’autres problématiques. Ce sera toujours avec Damien Castera. On ne manque pas d’idées. On veut conserver notre fil conducteur, autour de l’eau. A côté de ça, je continue à faire des films autour du snow, autant des découvertes que de la performance pure. On aimerait faire un trip au Moyen-Orient. C’est actuellement en discussion. Je suis conscient de la chance que j'ai de vivre de mes passions.