Matthias Dandois : "J'essaye de créer un style différent qui mêle le flat et le street"

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Triple champion du monde de BMX, Matthias Dandois va participer en tant que juge à Talentsreet, la nouvelle émission de France Ô qui fait la part belle aux cultures urbaines. L'occasion pour meltyXtrem de partir à la rencontre du jeune phénomène français.

Matthias Dandois est une superstar dans le monde du BMX mais demeure plutôt méconnu en France. Triple champion du monde de flat, il va participer en tant que juge à Talentstreet, la nouvelle émission de France Ô dédiée aux cultures urbaines. Avec ses deux acolytes Mia Frye et Joey Starr, le rider français sera chargé de noter des performances de BMX mais pas seulement. Rap, skate, beatbox, basket freestyle, graff et bien d'autres disciplines sont au programme. La rédaction de meltyXtrem est parti à sa rencontre pour évoquer ce nouveau projet ainsi que son actualité, son avenir et l'évolution du BMX en France. A lire également : Raphaël Chiquet : "Le BMX flat, c'est danser avec son vélo"

Matthias Dandois : "J'essaye de créer un style différent qui mêle le flat et le street" - photo
Matthias Dandois : "J'essaye de créer un style différent qui mêle le flat et le street" - photo
Matthias Dandois : "J'essaye de créer un style différent qui mêle le flat et le street" - photo

Salut Matthias, pourquoi avoir choisi de participer à Talentstreet ?

France Ô me l’a proposé. J’ai accepté avec joie parce que ça permet de mettre en avant les sports d’action. Le plateau est un skate park, c’est la première fois qu’une émission de télévision fait ça. Pour moi c’était tout bénéf’. En plus je suis avec mes deux acolytes Joey Starr et Mia Frye qui dans leur domaine respectif ont une crédibilité de fou. Pour moi qui représente les sports d’action c’est un plaisir de le faire avec eux.

Toi qui as toujours été jugé dans ta carrière, ça fait quoi de passer de l’autre côté ?

Je me suis cassé la cheville en juin du coup tout l’été et le début d’automne je jugeais des contests pour passer le temps donc j’avais un petit entraînement. Il suffit de rester objectif et le plus droit possible.

Tu ne juges pas que le BMX, c'est pas un peu compliqué pour toi ?

Non je viens de banlieue, je passe mon temps dans la rue donc ce sont des cultures auxquelles je suis tout le temps confronté. Je faisais du breakdance avant, j'écoute beaucoup de rap. Forcément je connais le BMX, le roller et le skate aussi. Donc je pense être plutôt bien placé pour juger.

Matthias Dandois : "J'essaye de créer un style différent qui mêle le flat et le street"

Estimes-tu que la France a un gros potentiel de riders, particulièrement en flat ?

Clairement oui. On a pu voir le développement du BMX en France ces dernières années. Le nombre de riders est beaucoup plus important aujourd’hui qu’il y a encore cinq ans. En flat on a de grosses scènes, comme à Lyon où a lieu la prochaine compétition, le Com’In Lyon dans 15 jours, où je serai. La France prend une place de plus en plus importante dans le BMX donc je ne pourrai pas être plus content.

Tu t’es mis au street depuis quelques temps, qu’est-ce que ça t’apporte ?

J’ai fait du flat pendant 13 ans et je commençais à tourner en rond, à être moins motivé pour aller m’entraîner tous les jours. Et puis j’ai commencé à traîner avec de plus en plus de streeteurs et donc à en faire. J’essaye de créer un style différent qui mêle le flat et le street. Ça me permet de voyager parce qu’en street, tu utilises le mobilier de la rue et la rue est différente à Paris, à Bogota, à Tokyo. Du coup les marques nous emmènent à l’étranger pour filmer des vidéos de street. Pour moi c’est trop bien !

Quel est ton entraînement quotidien ?

J’avais un coach sportif sur Paris. Mais maintenant je suis plus souvent aux Etats-Unis donc je n’en ai plus même s’il m’a laissé des notes. En gros je me lève, je fais du renforcement musculaire, de la course à pied. Et puis après je vais faire du vélo avec mes potes. Je n’appelle pas ça de l’entraînement parce que je n’appellerai jamais ça mon métier. J’essaye d’apprendre de nouveaux tricks et surtout de kiffer parce qu’avant tout il faut s’amuser sur son vélo.

Qu’est-ce qui fait un bon rider selon toi ?

D’un point de vue concret il faut quand même des qualités physiques et mentales puisque quand on arrive à une compétition c’est bien de savoir faire du vélo mais si tu perds complètement les pédales parce qu’il y a du monde, t’es pas un bon rider. Sinon il faut surtout être créatif, créer ses propres tricks. Aujourd’hui en flat tu n’as pas le droit d’arriver à une compétition et de reproduire le trick d’un autre professionnel.

ESPN t’as classé à la 20e place des sportifs les plus influents dans les sports d’action. Quelle impression ça fait de se retrouver aux côtés de Kelly Slater, Tony Hawk, Shaun White et compagnie ?

C’est vrai que j’ai été très surpris. Je ne pensais pas avoir cette portée dans les sports d’action. Je ne sais pas trop pourquoi ils m’ont mis là mais je suis vachement honoré.

Matthias Dandois : "J'essaye de créer un style différent qui mêle le flat et le street"

Ton meilleur souvenir de carrière ?

A chaque fois c’est le dernier truc que je viens de faire ! J’étais en Malaisie avec mon sponsor vélo, tous mes potes, on avait une maison de fou, on faisait du vélo dans la rue tous les jours. Les gens sont trop gentils, la bouffe est trop bonne, le pays est trop beau donc... Si jamais j’étais resté dans le passé à me dire : " le highlight de ma carrière c’est quand j’ai gagné les Championnats du monde " ça n’aurait pas été possible, je ne vis pas dans le passé. Mon prochain projet sera mon meilleur souvenir.

Justement quels sont tes projets dans les mois à venir ?

Là je vais au Com’In Lyon, la dernière compétition de l’année en France. Après j’ai une compétition de street à Londres, la Vans Rebel Jam. Et après ça je retourne aux Etats-Unis pour passer l’hiver et faire du vélo à Woodward qui est un camp d’entraînement. Ensuite, on a un gros projet vidéo avec Vans, on va aller en Afrique du Sud, en Chine, au Pérou et en Espagne pour un DVD. Ça va être fat.

Des conseils pour ceux qui débutent le BMX ?

Déjà pour ceux qui débutent, ils ont une grande chance par rapport à moi. Aujourd’hui il y a Internet et il y a plein de vidéos pour commencer. D’ailleurs pendant le mois de décembre je vais faire un projet avec Red Bull où je vais expliquer trick par trick comment faire et ce sera en ligne début d’année prochaine. Et puis surtout il faut le faire entre potes. C’est bien d’aller dans son coin faire du vélo tout seul mais si tu commences à te motiver avec tes potes c’est mieux. Et surtout toujours y aller dans le but de s’amuser. Il ne faut jamais se dire " je veux faire du BMX pour devenir pro rider ".

On te voit beaucoup sur les plateaux dernièrement. Tu envisages une reconversion ?

Non, non, je me considère encore au début de ma carrière. Je me suis mis à faire du street, j’ai l’impression d’avoir encore plein de choses à faire. J’ai des opportunités de pouvoir mettre le BMX en avant. Encore une fois moi je m’en fous de me mettre en avant et d’avoir de la notoriété. Je ne suis pas Taïg Khris. Gagner de l’argent à la télé ça ne m’intéresse pas. Je veux juste mettre mon sport en avant. J’ai commencé en regardant du BMX à la télé, si je peux susciter la même chose j’aurai tout gagné.