Morgan Le Faucheur : "Lost in Mongolia restera une expérience inoubliable" (interview exclu)

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Morgan Le Faucheur et Mathieu Mazuel ont présenté jeudi 20 novembre le film snowboard "Lost in Mongolia". Un docu réalisé uniquement avec des téléphones portables. Leur interview exclu sur meltyXtrem !

Douze jours dans les steppes de la Vallée de l’Altaï, en pleine Asie Centrale, coupés du monde, sans eau ni électricité. Voici le challenge que se sont lancés Morgan Le Faucheur et Sylvain Bourbousson, ainsi que le cadreur Mathieu Mazuel. Réaliser une production snowboard au milieu des nomades de Mongolie, les trois compères d' Almo Film en rêvaient et ont mené avec brio ce projet. Le résultat de leur aventure se nomme "Lost in Mongolia", un docu passionnant de 11 minutes tourné exclusivement avec des téléphones portables Nokia Lumia 1020. meltyXtrem a rencontré Morgan Le Faucheur et Mathieu Mazuel à l'occasion de l'avant-première parisienne du film. Nous vous proposons aujourd'hui de découvrir cette interview exclu, et la vidéo teaser de "Lost in Mongolia" ! A lire également : Anne-Flore Marxer : "En montagne, on finit par aimer la tempête" (interview exclu)

Morgan, comment est née la boîte de production Almo Film ?

J'ai créé Almo Film en 2010 avec Alban Jehlen, mon team manager chez Salomon. Depuis près de deux ans, je suis désormais seul dans la boîte de production. Je collabore avec une graphiste et deux cadreurs, Mathieu Mazuel et Evan Rouillard, qui sont polyvalents. Mathieu s'occupe également des partenariats, du montage, il prend des photos sur certains tournages. Evan, lui, est plus dans le motion design et la partie technique.

Mathieu, quelle fut ta première réalisation pour Almo Film ?

J'ai rejoint l'équipe en 2012 pour le tournage de "Drôle de vie", la deuxième production d'Almo. Ce film était composé de beaucoup de tricks, afin de montrer ce que nous savions faire en matière de tournage snowboard. Nous avons ensuite enchaîné cette année sur "No One Knows", une prod' tournée davantage vers le documentaire. Morgan peut t'en parler mieux que moi !

Morgan : Effectivement, nous venons d'achever notre tournée de premières pour notre troisième réalisation, "No One Knows". Nous avions programmé six dates, dans des cinémas situés aux quatre coins de la France. Mi-juin, le film a été présenté au Snowboard Garden Festival de Grenoble, avec 5 000 personnes réunies dans le stade de football... C'était vraiment mortel ! Ce soir, nous sommes avec vous, meltyXtrem, pour vous parler de la Mongolie, un documentaire que nous avons tourné avec l'aide de Nokia Lumia.

Morgan Le Faucheur : "Lost in Mongolia restera une expérience inoubliable" (interview exclu)

Comment est né ce projet "Lost in Mongolia" ?

Morgan : Nous avions collaboré une première fois avec Lumia lors d'un roadtrip au Japon, lié à "No One Knows". Je me suis rendu là-bas avec le cadreur Evan Rouillard, Mathieu Crepel, Sylvain Bourbousson et le photographe Jerôme Tanon. Nous avions tourné pour le film mais également pour Nokia, ce qui a donné "Honshu Road Trippin". Le projet en Mongolie était, cette fois, réellement dédié à Lumia. Il a été initié par Victor Daviet, un de nos riders, qui m'a beaucoup parlé de cette destination. J'ai cherché des informations sur le pays, puis j'ai pris contact avec un organisme afin de planifier le voyage. J'ai présenté cela aux responsables du projet, Guillaume Le Goff (Lumia Pureviews) et Estelle Le Gallic (JWT). On s'est mis d'accord sur un budget puis Sylvain, Mathieu (Mazuel) et moi sommes partis en Mongolie, avec trois téléphones ! Sylvain est l'un de mes amis et un snowboardeur en pleine évolution. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble ces dernières années, il est le partenaire idéal pour ce type de voyage !

Morgan Le Faucheur : "Lost in Mongolia restera une expérience inoubliable" (interview exclu)
Morgan Le Faucheur : "Lost in Mongolia restera une expérience inoubliable" (interview exclu)

Comment êtes-vous entrés en contact avec la famille que l'on voit à l'écran ?

Morgan : Grâce à l'organisme Rando Cheval, bien implanté en Mongolie. Ils nous ont mis en relation avec un guide, d'abord sur la capitale Oulan Bator. Nous avons ensuite pris un avion pour Khovd, où nous avions rendez-vous avec un guide local. Cette personne nous avait tout organisé, avec un hébergement dans une famille de nomades. Nous avions un "package tout inclus" et la possibilité, grâce à nos relais, d'aller rencontrer ces gens. Mais, de toute manière, les Mongols sont extrêmement accueillants. Cela dit, si tu ne connais pas le pays, tu ne peux pas partir sans encadrement dans un tel trip...

Mathieu, était-ce simple de remplacer ta caméra par un téléphone portable ?

C'était une situation particulière car quand tu es cadreur, tu te trimballes toujours avec ton matos, ta grosse caméra, pour filmer à longueur d'année. Passer sur un téléphone était vraiment super, c'est un appareil idéal pour capter des instants sur le vif. Tu sors ton téléphone de la poche et hop, tu filmes ! La réactivité du téléphone est donc primordiale, tout comme la qualité du rendu. Je ne savais pas ce que ça allait donner, mais en voyant les images sur l'écran géant, je suis bien content du résultat. C'est une étape de franchie, on peut désormais projeter des films en full HD, avec un téléphone, sur un écran de cinéma. Il n'y a vraiment eu aucun problème lors du tournage, c'était très agréable de shooter avec le Nokia Lumia 1020.

Morgan Le Faucheur : "Lost in Mongolia restera une expérience inoubliable" (interview exclu)
Morgan Le Faucheur : "Lost in Mongolia restera une expérience inoubliable" (interview exclu)

Filmer avec un portable représente donc le futur des tournages ?

Morgan : Le futur, c'est maintenant ! La qualité d'image ne fait que s'améliorer, la question ne se pose donc même pas. Cela dit, le téléphone ne remplacera jamais un boîtier professionnel, comme celui avec lequel Mathieu peut travailler.

Mathieu : Il faut l'adapter, le boîtier va devenir beaucoup plus compact. Dans l'avion pour la Mongolie, nous avions amené une grue, c'est à dire du matériel que l'on utilise pendant la saison. L'idée était de l'adapter au téléphone, pour reproduire les mouvements de grue des tournages snowboard habituels. Cela a parfaitement fonctionné. Je suis toujours friand de tester toutes les nouvelles techniques, que cela soit avec la caméra ou un téléphone, donc merci à Lumia de nous avoir donné la possibilité de filmer avec ce portable !

Morgan Le Faucheur : "Lost in Mongolia restera une expérience inoubliable" (interview exclu)
Morgan Le Faucheur : "Lost in Mongolia restera une expérience inoubliable" (interview exclu)

Avez-vous pris du plaisir dans vos sessions snowboard en Mongolie ?

Morgan : Il faut être lucide sur le fait que la Mongolie n'est pas les Alpes. Pour accéder à la moindre possibilité de ride, c'est hyper galère et hyper long. Les territoires sont incroyablement immenses, pour aller sur un autre spot il faut un jour de marche... Pour faire du snowboard et du snowboard freestyle en l'occurrence, la Mongolie n'est donc pas le pays idéal. En revanche, pour vivre une expérience, rencontrer des locaux et partir à la recherche de spots hors du commun, c'est une superbe destination. Nous sommes contents de ce que nous y avons trouvé.

Le film montre en effet de beaux moments de partage...

Mathieu : Oui, l'aventure fut incroyable ! Cela remet bien les idées en place, et permet de prendre un certain recul sur nos soucis du quotidien. Les Mongols se sont montrés hyper coopératifs, ils ont tout fait pour nous aider, pour répondre à nos demandes. C'était génial de passer du temps avec eux. Il y a des milliers d'images que nous gardons en tête, cette expérience restera unique.

Morgan Le Faucheur : "Lost in Mongolia restera une expérience inoubliable" (interview exclu)
Morgan Le Faucheur : "Lost in Mongolia restera une expérience inoubliable" (interview exclu)

Morgan : Encore aujourd'hui, il m'arrive de penser à cette famille et de me dire : "Que sont-ils en train de faire en ce moment ?" Ils ont une vie tellement rude... On se chauffait avec de la bouse de yak séchée, on ne pouvait pas se laver... Une expérience inoubliable. C'était une première pour nous d'essayer de réaliser un docu avec trois téléphones, et une première de pouvoir aller en Mongolie.

Mathieu : Nous avons vécu dans une famille d'éleveurs, ils ont des chèvres, des yaks, un aigle... Ils chassent les renards avec l'aigle, dans les steppes. Tous les jours, ces nomades se lèvent, ils s'occupent des bêtes jusqu'au soir. Leurs conditions de vie sont très difficiles.

Avez-vous de nouveaux projets de tournages ?

Morgan : Effectivement, nous avons déjà commencé à en discuter avec Guillaume Le Goff. Nous aimerions lancer un projet avant fin 2015, et ainsi poursuivre l'aventure avec Lumia Pureviews. D'autant plus qu'un nouveau téléphone, le Lumia 930, vient de sortir ! Avec Mathieu et Evan, nous avons la volonté de tourner un maximum de projets aussi passionnants que la Mongolie. J'invite donc les internautes à suivre nos actus, sur Almofilm.com et nos pages Facebook et Instagram. Bon ride à tous !

Source : Almo Film/Lumia Purenews