Mort d'Estelle Balet : "Elle avait une peur bleue des avalanches"

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Après le décès d'Estelle Balet mardi dans une avalanche, les réactions sont nombreuses pour témoigner du choc dans le monde du snowboard freeride.

Après le choc, le temps des réactions et des témoignages est venu. Emportée par une avalanche le mardi 19 avril en plein tournage d'un film pour les caméras de TimeLine Missions (la boîte de production de Xavier de Le Rue), la snowboardeuse freeride Estelle Balet (21 ans) n'a pas survécu. On en sait aujourd'hui davantage sur les conditions de ce drame, d'après des infos notamment relayées par le site d'informations suisse Le Temps. La rideuse valaisanne se trouvait ainsi en compagnie de sa coach Géraldine Fasnacht, qui s'est élancée la première sur la face au Portalet, à Orsières (Valais), après un hélitreuillage par la compagnie Héli-Alpes. La suite, c'est la police valaisanne qui l'explique : "L’appel au 144 est parvenu peu après 08h00. De suite, l’équipe de secours de la Maison du Sauvetage a été héliportée sur les lieux par la Compagnie Air-Glaciers. À leur arrivée, Estelle Balet avait été dégagée. Malgré une tentative de réanimation, elle est décédée sur les lieux de l’accident."

Mort d'Estelle Balet : "Elle avait une peur bleue des avalanches"

"Foudroyée par l’événement tragique", Géraldine Fasnacht, pour qui "l’indicible proscrit tout commentaire", entend communier avec la famille et respecter son deuil, elle qui a perdu "sa petite sœur de cœur." Selon les premiers éléments de l’enquête, lors du passage d’Estelle Balet, une petite plaque de neige s’est décrochée, projetant l’athlète dans un couloir beaucoup plus raide, traversé de barres rocheuses. Elle a été emportée par une avalanche sur une longueur de plus de 800 mètres, chutant sur une neige de printemps lourde et compacte. La championne était pourtant équipée d’un casque, d’un détecteur de victime d’avalanches et d’un airbag. Malgré tout, pour le responsable de l’information et de la prévention de la police, Jean-Marie Bornet, "il aurait fallu un miracle pour survivre, et malheureusement il n’a pas eu lieu."

Mort d'Estelle Balet : "Elle avait une peur bleue des avalanches"

Le risque d'avalanche, lui, se situait à 3 sur une échelle de 5 au-dessus de 2 600 mètres d'altitude, ce qui représente un danger marqué qui nécessite une expérience dans l’évaluation du danger d’avalanche pour sortir des pistes balisées. Le nivologue Robert Bolognesi précise : "Le manteau de base est stable, mais il semblerait qu’il y ait eu quelques déplacements de neige dus au vent qui a soufflé par-dessus les anciennes chutes. Le danger est très local et demande un œil averti. Mais il n’était pas évident qu’il ne fallait pas monter." Avant d'ajouter : "En danger 2, limité, des avalanches sont possibles aussi. Même en danger 1, faible, parfois."

Joint par téléphone par le média suisse, Claude-Alain Gailland, le guide responsable de la sécurité sur le Freeride World Tour, compétition dont Estelle Balet était la double tenante du titre, se souvient des précautions prises par la snowboardeuse avant chacune de ses descentes : "Elle était toujours en train d’analyser et de réfléchir à deux fois avant de descendre. C’était une fille très respectueuse de la montagne (…). Elle avait une peur bleue des avalanches." Un réalisateur de documentaire sur le freeride qui avait travaillé avec elle l'hiver dernier explique même : "Quand on faisait des images, Estelle ne cherchait ni la ligne la plus raide, ni la barre rocheuse la plus haute. Elle prenait du plaisir, sans penser à la performance (…). Elle savait dire non." D'ailleurs, Estelle Balet le savait, "dans ce sport, tu ne dois pas être une tête brûlée, sinon, tu y passes." Elle n'était pas une tête brûlée… À lire aussi : Estelle Balet : Une championne de snowboard fauchée en pleine ascension (vidéos).