Nicolas Vouilloz : "Je dois imaginer le squelette du vélo" (interview exclu)

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Nicolas Vouilloz était présent sur la Pass’Portes du Soleil ce week-end. On a profité de la venue du septuple champion du monde de DH pour qu’il nous parle de son vélo Lapierre Spicy Team 2014 qu’il utilise cette année sur les Enduro World Series et plus généralement de son rôle de développeur au sein de la marque française.

Sur le stand Lapierre de la Pass’Portes du soleil (27-29 juin) dont nous vous proposions aujourd'hui les photos et vidéos, la marque française à mis les petits plats dans les grands pour la onzième édition de cette randonnée en montagne. Au centre de la station des Gets, Lapierre possède une des plus grosses structures sur les près de 200 marques présentes pour l’occasion. Outre les tests vélos et les présentations des derniers nés de l’entreprise dijonnaise, Lapierre a également ramené son équipe de riders pro dont les quatre du Lapierre Gravity Republic. Mais ce dimanche matin, c’est Nicolas Vouilloz qui signe les autographes aux fans présents sur le salon, malgré la pluie qui tombe sans discontinue. La légende du VTT (sept fois champion du monde de DH) qui a repris la compétition avec les Enduro World Series nous a d’ailleurs présenté le vélo qu’il utilisera à nouveau lors de l’épreuve des Enduro World Series à La Thuile en Italie les 12 et 13 juillet prochain. Une machine de guerre qui s’affiche à un peu plus de 6 500 euros. Voilà pourquoi…

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" La principale nouveauté de ce vélo, ce sont ses roues en 27,5 pouces. Avant, le 26 pouces était la base en VTT. Ensuite, on est passé à un diamètre plus grand avec le 29 pouces. Mais aujourd’hui, on s’est rendu compte que le 27,5 était un bon compromis pour l’enduro. Ca nous permet non seulement d’avoir une meilleure qualité d’adhérence, mais aussi de pouvoir envoyer du gros dans le franchissement. Au niveau des suspensions, on est sur du 160 mm à l’avant et du 150 mm à l’arrière. Le vélo a un cadre monocoque entièrement en carbone et possède un seul plateau à l’avant. On gagne du poids, ça nous permet aussi de moins dérailler qu’avant et de n’avoir que les changements de pignons à gérer au niveau des vitesses. Ce qui est également important sur cette version Team du Spicy, c’est le système électronique de suspension Ei Shock. On le distingue au petit boitier sur le cadre en bas. Quand on ne pédale pas, la suspension arrière est ouverte (elle est active). Quand on pédale et que l’ordinateur ne détecte pas de chocs, elle se bloque. Mais le système permet aussi de libérer automatiquement la suspension même quand on pédale pour garder de la motricité à l’impacte. En gros, cela se fait sans qu’on ait à gérer le système. Comme sur de nombreux vélos de ce niveau, on a aussi une tige de selle télescopique dont on peut régler la hauteur directement sur le guidon via un petit poussoir. Ca permet de descendre la selle au moment où l’on attaque la pente et de la remontée quand on doit pédaler sur du plat ou pour grimper. Je m’en sers beaucoup en enduro. Le prix de ce Spicy Team 2014 (un peu plus de 6 500 euros) s’explique par les innovations que j’ai expliquées plus haut et par son poids (12,5 kg). Dans les vélos haut de gamme, c’est même une des principales caractéristiques. Plus le vélo est léger, plus il sera cher.

Nicolas Vouilloz : "Je dois imaginer le squelette du vélo" (interview exclu)

Plus généralement, mon job avec Lapierre consiste à définir les géométries des vélos et les courbes de suspensions. Je travaille avec des ingénieurs qui me font des programmes de suspensions et c’est moi qui imagine le squelette du vélo. Les ingénieurs l’habille ensuite avec les tailles de roulement, de forme de tube, de rigidité… En production, il y a toujours une phase de prototypage. On peut évidemment faire des évolutions pendant la conception du vélo à cet instant-là. Ensuite, quand le moule est développé, on ne doit pas se rater car c’est beaucoup plus contraignant de refaire un autre moule de cadre. C’est une phase d’autant plus importante quand on sait qu’un modèle de cadre est utilisé entre deux et trois ans pour les modèles Lapierre. Mon objectif quand je développe un vélo avec les ingénieurs, c’est de proposer un vélo pour monsieur tout le monde et surtout pour tout le monde. Il faut que celui-ci soit accessible pour un bon pilote comme pour un pilote moins aguerrit. C’est un compromis de géométrie. Il ne faut pas faire un vélo trop extrême car le pilote moyen va avoir du mal à la faire tourner, à l’emmener. Mais il faut aussi que le pilote confirmé le sente assez stable. Il faut trouver le juste milieu, même si parfois, c’est vrai que j’aimerais aller dans des dimensions plus extrêmes. Je me force donc à penser au rider de base, qui n’a évidemment pas le niveau d’un pro. "

Nicolas Vouilloz : "Je dois imaginer le squelette du vélo" (interview exclu) - photo
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