Nuit de la Glisse 2014 : Matthias Wyss, "en wingsuit, le risque fait partie de l'adrénaline" (interview exclu)

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Matthias Wyss fait partie de la longue liste de riders à avoir participé au film "Addicted to Life", au programme de la Nuit de la Glisse 2014. meltyXtrem vous propose l'interview exclusive de ce wingsuiteur.

Dans les entrailles du Grand Rex de Paris, Matthias Wyss n'est peut-être pas le plus connu de tous les riders présents pour la projection du film "Addicted to Life", le long-métrage de Thierry Donard à l'affiche de la Nuit de la Glisse 2014. Pourtant, à côté d'Antoine Bizet, Matt Annetts ou encore Tyler Larronde, le wingsuiteur suisse est une référence dans sa discipline. Celui qui a notamment sauté aux côtés du regretté Ludovic Woerth pose un regard très lucide sur la pratique de son sport. S'il reconnaît la part de risques existante, il avoue qu'elle lui permet de trouver les meilleures sensations. L'interview exclusive que vous propose meltyXtrem vous permet également d'en savoir plus sur les coulisses du film "Addicted to Life", ou comment capturer le meilleur des sports extrêmes ! À lire aussi : Antoine Bizet : "La Nuit de la glisse, c’est vraiment une grosse production" interview exclu du rider MTB.

Comment avez-vous rencontré Thierry Donard, le réalisateur du film "Addicted to Life" ?

La première fois, c'était un peu par chance car j'avais des collègues qui travaillaient déjà avec lui. Il les filmait et je suis apparu sur certaines scènes de ses films. Le courant est bien passé et on a commencé à partager des idées pour les prochains.

Connaissiez-vous les autres riders ?

Oui, quelques-uns comme Matt Annetts, j'apprécie beaucoup toute la bande de riders présents dans ces films, c'est une des raisons principales pour lesquelles je reviens chaque année maintenant. Moi j'aime bien le concept de réunir plusieurs sports, il y en a pour tous les goûts. Et puis pour nous-mêmes, les riders, c'est une bonne chose de rencontrer des athlètes d'autres horizons.

Comment se prépare le tournage d'une scène de wingsuit ?

Il y a beaucoup de préparation. Souvent, on utilise des vidéos personnelles. On utilise pas mal les outils comme Google Maps, Google Earth pour analyser les cartes topographiques, on prend des mesures des terrains. On propose des idées à Thierry mais, lui, a souvent le bon œil pour voir, il sait quand il faut filmer en hélicoptère par exemple, c'est lui le chef. Si je connais déjà le spot, cela va plus vite. Cette année, on était dans les Dolomites et j'y étais déjà allé. Donc on a tourné les scènes sur deux vols.

Cela change-t-il quelque chose de se savoir filmé ?

Je ne me mets la pression sur un premier vol, je dis souvent qu'il faut regarder ce qu'on récupère après à la caméra. Thierry, lui, a déjà une idée en tête de ce qu'il veut filmer. Mais quelques fois, il y une part d'imprévu.

Comment abordez-vous la question des risques liés à la pratique de votre sport ?

J'ai commencé avec du skydive il y a neuf ans maintenant, puis ensuite j'ai découvert le wingsuit et j'ai tout de suite su que c'était ce que je voulais faire. Il y pas mal de risques que l'on peut prévoir et donc éviter. Bien sûr, il y en aura toujours plus qu'en chute libre, c'est clair. Après, chacun évalue les risques différemment, tout comme le plaisir que cela procure. Pour moi, le risque fait partie de l'adrénaline, j'ai besoin de ça, j'adore le vol ! Cela me rend heureux.

Nuit de la Glisse 2014 : Matthias Wyss, "en wingsuit, le risque fait partie de l'adrénaline" (interview exclu) - photo
Nuit de la Glisse 2014 : Matthias Wyss, "en wingsuit, le risque fait partie de l'adrénaline" (interview exclu) - photo
Nuit de la Glisse 2014 : Matthias Wyss, "en wingsuit, le risque fait partie de l'adrénaline" (interview exclu) - photo

Vous étiez proche de Ludovic Woerth (wingsuiteur décédé lors d'un saut le 31 mars 2014, ndlr)…

Oui, même si je n'étais pas là au moment du drame, je l'ai entendu aux nouvelles et c'était tragique et incroyable. Comme toujours, c'est un enchaînement de petites erreurs qui crée l'accident. On reste des humains même si on est concentré à 100%.

Est-ce plus facile de faire connaître votre sport avec le développement des caméras embarquées ?

Elles ont aidé à favoriser le sport mais les bons "camera flyers" faisaient également du bon boulot avec de plus grosses caméras. Ludo (Ludovic Woerth) faisait partie de ceux-là. Il savait comment bouger sa tête pour filmer les bons passages. On a encore besoin du travail de ces gens car les caméras embarquées, même si elles sont pratiques, ne proposent pas la même qualité d'image.

Quel est votre spot préféré pour sauter ?

C'est difficile à dire mais je dirais dans le Valais suisse. Là-bas, j'ai des bons copains en plus donc on passe toujours une bonne journée. Je m'y sens à l'aise et c'est plus cool.