Red Bull BC One France 2015 : Wesna "ravi de faire partie de cette affiche de rêve" (exclu)

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Avant le début du Red Bull BC One France Cypher 2015, meltyXtrem a interrogé Wesna, un des participants originaire de la cité phocéenne, pour en savoir plus sur son état d’esprit avant le contest.

Le Red Bull BC One est une des compétitions de breakdance les plus réputées dans le monde. Cette année, la grande finale mondiale se tiendra à Rome, en Italie. Les breakdanceurs doivent d’abord remporter la finale française pour se qualifier pour l’étape européenne à Madrid, en octobre prochain. Ce samedi 30 mai se tiendra l'ultime épreuve nationale du Red Bull BC One à Marseille, à la Friche Belle de Mai. Seize concurrents s’affronteront pour décrocher le titre de meilleur B-Boy de France. Un jury viendra départager les danseurs lors des battles : Mounir, titré lors de la finale mondiale du Red Bull BC One en 2012, Lilou, seul danseur avec le Coréen Hong 10 à avoir déjà remporté deux fois le titre mondial (2005 et 2009) et Marcio. Parmi les concurrents, on retrouvera Wesna. Originaire de Marseille, tout comme Fathi, autre B-Boy à participer à la finale, Wesna veut tout donner pour sa première participation à cette compétition, lui qui a bénéficié d’une invitation. Avant de prendre part à son baptême du feu, meltyXtrem l’a interrogé pour en savoir plus sur son état d’esprit, son entraînement, et avoir son avis sur les autres danseurs et sur le Red Bull BC One. A lire aussi : Red Bull BC One France Cypher 2015 : Présentation de la finale française à Marseille (vidéo).

Comment te sens-tu avant la finale française du Red Bull BC One à Marseille samedi prochain ?

Je n’arrête pas d’y penser. Le Red Bull BC One est vraiment quelque chose d’énorme. On retrouve tous les grands danseurs. C’est une référence pour n’importe quel B-Boy. J’ai hâte que la finale commence.

Le fait que la ville de Marseille ait été choisie pour la finale te motive ? As-tu de la pression ?

Je dirais que cela dépend de mon état d’esprit lors de la finale. Si je me sens bien, le public marseillais me poussera et m’aidera à me dépasser. Par contre, si je ne danse pas comme je veux, la pression risque de prendre le dessus. Je ne peux pas vraiment dire à l’avance.

Comment t’entraînes-tu avant cette finale nationale ? Regardes-tu des vidéos de battles de tes adversaires pour te préparer ?

Je connais les autres danseurs et les spécialités de chacun. J’y vais avec mon propre style. Je ne veux pas me caler sur les autres B-Boys. J’y vais avec mon style, ma personnalité, ma danse et on verra ce que cela donnera. Je mise surtout sur la préparation physique avec pas mal de cardio. On enchaîne trois passages à chaque fois, il faut tenir le rythme. Je regarde quelques vidéos de danseurs qui reviennent après une longue absence comme pour voir s’ils ont changé de style.

Red Bull BC One France 2015 : Wesna "ravi de faire partie de cette affiche de rêve" (exclu)

As-tu préparé des mouvements que tu n’as encore jamais sortis ?

Je mise avant tout sur deux critères : la propreté des passages et l’énergie déployée. Si j’arrive à allier les deux, ce sera déjà bien. Je ne veux pas tenter des choses et ne pas y arriver. Je préfère miser sur ce que je suis capable de faire.

Que penses-tu de tes adversaires ? Trouves-tu que c’est une finale de très haut niveau ?

Ce sont de très bons B-Boys. Selon moi, on retrouve les meilleurs breakdanceurs de France. On ne peut pas rêver mieux. C’est une affiche de rêve. Le public ne sera pas déçu.

Tu es habitué à danser avec tes crews Force Obscure et Original Rockerz. Est-ce particulier de danser en solo ?

Le One to One est une compétition totalement différente. Le rythme à tenir est la plus grosse difficulté selon moi. Ne pas assurer physiquement est ce qui m’inquiète le plus lors de cette finale. Il faut deux fois plus d’énergie quand tu es seul. Après, c’est un exercice que je connais. J’ai gagné le contest "Qui est le best ?" à Avignon, début mai (regardez sa finale ci-dessous contre Mounir, qui n'est pas celui qui jugera la finale du BC One, ndlr). Je participe au Red Bull BC One avec de la confiance.

Que représente le Red Bull BC One pour toi ?

C’est très important. C’est une des compétitions de breakdance les plus prestigieuses. Le niveau des danseurs est juste impressionnant. Je vais affronter de très bons B-Boys. La plupart ont déjà gagné de nombreux trophées. Je suis dans un rôle d’outsider. Quand on m’a proposé d’y participer, je ne pouvais pas laisser passer ma chance.

Faut-il en garder sous le pied sur les premiers tours ou faut-il tout donne d’entrée pour impressionner les juges ?

Le premier tour est une étape difficile dans un battle de breakdance. On est obligé d’être à fond. Il faut tout donner dès le début. En même temps, il faut réussir à continuer à suivre le rythme si on est qualifié pour le tour suivant. C’est vraiment difficile à gérer.

As-tu déjà été jugé par Lilou et Mounir ?

Oui, j’ai déjà eu l’occasion d’être jugé par ces deux figures du breakdance. Ils sont très sympas et m’ont donné des conseils pour améliorer ma danse. Ils me connaissent. Il faut donc que j’arrive encore à les surprendre pour leur montrer que je les ai écoutés. Il faut que je me surpasse. Le BC One est le bon moment pour y parvenir.

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Avec les absences de Mounir et Lilou en tant que B-Boy, on sent qu’il est temps de laisser la place à une nouvelle génération de B-Boy. As-tu aussi ce sentiment ?

Je dirais que la jeune génération est bien entourée. Les jeunes profitent des conseils des anciens comme Lilou et Mounir. Grâce à ça, ils apprennent vite. Quelques nouveaux B-Boys m’impressionnent vraiment. Je pense par exemple à Pac Pac et Khalifa qui s’investissent beaucoup et qui remportent de nombreuses battles. Je pense qu’ils vont peu à peu faire leur place naturellement.

Avec les Etats-Unis et la Corée du Sud, la France est le seul pays à avoir remporté trois fois la finale mondiale du Red Bull BC One. Comment expliques-tu que nous soyons aussi forts dans cette discipline ?

Je dirais que la France reste une bonne nation du breakdance mais le niveau a un peu baissé. On a perdu l’énergie qu’on avait en 2003-2004, où le pays était véritablement au-dessus du lot. Espérons que cette année sera meilleure. On doit rester à ce haut niveau. Les jeunes progressent vite, on devrait pourvoir retrouver les sommets assez vite.