Roxy Pro Gold Coast 2016 : Stephanie Gilmore prévoit "la saison la plus relevée de l'histoire" (interview exclu)

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Longtemps blessée en 2015, Stephanie Gilmore fera son grand retour ce mercredi soir à l'occasion de l'ouverture de la saison sur le Roxy Pro Gold Coast 2016. Ses ambitions, l'état du surf féminin, Johanne Defay, l'Australienne s'est confiée en exclusivité à meltyXtrem.

Sextuple championne du monde à 28 ans seulement, Stephanie Gilmore a assisté depuis son canapé au duel que se sont livrées Carissa Moore et Courtney Conlogue pour le titre mondial en 2015. Blessée en début de saison sur le Margaret River Pro, l'Australienne a ensuite manqué six des sept dernières compétitions et n'a évidemment jamais pu défendre son titre de championne du monde acquis en 2014. Alors forcément, c'est avec la ferme intention de récupérer son bien que Stephanie Gilmore fera son grand retour aux affaires ce mercredi soir à l'occasion de l'ouverture de la saison sur le Roxy Pro Gold Coast 2016. Toujours favorite lorsqu'elle participe à un contest, l'Australienne s'est confiée à meltyXtrem lors de son passage à Paris il y a quelques semaines pour la présentation du partenariat entre son sponsor Roxy et la marque de prêt-à-porter Courrèges (voir les photos de la collection). Une collection capsule composée de 16 pièces pour le surf, ski, snowboard et running qui sera disponible sur Roxy.com et dans une sélection de magasins à partir de juin 2016 pour les produits running et surf et octobre 2016 pour les produits sports d'hiver. " Ces deux marques vont super bien ensemble explique Stephanie. C’est chic, pop, fashion et Roxy apporte la touche surf donc cette collaboration est vraiment une bonne idée. " À lire également : Roxy Pro Gold Coast 2016 : Johanne Defay, des progrès à confirmer (vidéo)

L’an dernier tu as été longtemps absente en raison d’une grosse blessure. Ca a été dur mentalement ?

Oui, cela a définitivement été une année compliquée pour moi. Je n’avais jamais été privée de compétition aussi longtemps en raison d’une blessure. Au début j’ai été très frustrée et quand je voyais les filles surfer des super vagues mon moral était vraiment au plus bas. Mais au bout d’un moment j’ai aussi vu cette absence comme l’opportunité d’avoir des vacances et c’était plutôt pas si mal. J’ai pu découvrir plein d’endroits, faire plein de choses que je n’ai pas l’habitude de faire. C’est d’ailleurs peut-être pour ça que j’ai mis tellement de temps à revenir.

Avec ton retour à la compétition le surf féminin semble cette saison plus compétitif que jamais. Comment vois-tu cette année 2016 ?

Je pense que ça va probablement être l’année la plus relevée de l'histoire. Courtney (Conlogue, ndlr) est passée tout près du titre mondial l’an dernier et si ça a du être cruel de le voir s’échapper, ce sera aussi une source de motivation supplémentaire cette saison pour elle. Carissa (Moore, ndlr) est une de mes surfeuses préférées, elle est vraiment très forte et puis il y a Sally… Mais de manière générale, j’ai trouvé que le niveau s’est beaucoup resserré l’an dernier. Je pense sincèrement que toutes les filles du circuit peuvent maintenant se mêler à la course au titre mondial. C’est super.

Roxy Pro Gold Coast 2016 : Stephanie Gilmore prévoit "la saison la plus relevée de l'histoire" (interview exclu)

Justement l’une des filles qui a le plus progressé ces dernières années c’est Johanne Defay. Que penses-tu de notre petite Française ?

Je l’adore, elle est très cool. On a partagé une chambre il y a quelques années aux îles Fidji. Je pensais que ça allait être gênant parce que nous ne sommes pas des amies proches mais c’est une fille adorable. Et elle a l’air d’être super en forme, elle a dû s’entraîner comme une folle pour cette saison et je suis sûre qu’elle sera une candidate aux demi-finales sur toutes les compétitions de l’année.

Venant d’Australie, un pays où le surf est très populaire, ça ne t’étonne pas de voir que Johanne Defay ne parvient pas à avoir de sponsors ?

Si, surtout Johanne, c’est une très jolie fille, elle parle plusieurs langues, elle est intelligente… En Australie les surfeurs professionnels sont considérés comme des joueurs de foot. En France ou même aux Etats-Unis c’est vu comme un sport de loisirs. Et puis surtout en Australie, tout le monde naît au bord de la mer, tout le monde surfe ou s’intéresse au surf donc forcément les surfeurs australiens ont beaucoup de soutien de la part des sponsors. Mais j’ai confiance pour Johanne, ça va changer.

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Peux-tu nous décrire une journée d'entraînement type de Stephanie Gilmore pour son grand retour à la compétition ?

Je me lève très tôt, vers 6 heures et je vais directement surfer quelques vagues. Après je vais à la salle de sports et je m’entraîne de 8h à 10h puis je rentre chez moi et je retourne surfer. Ça dépend des conditions évidemment mais généralement j’essaye de surfer au moins deux fois par jour. Même chose pour la salle de sports.

C’est toujours étonnant de voir Kelly Slater annoncer qu’il sera encore présent une année de plus sur le CT. Tu es beaucoup plus jeune mais tu as déjà énormément gagné. Es-tu toujours aussi motivée qu’à tes débuts ?

Je reconnais que je dois faire un peu plus d’efforts pour trouver la motivation qu’au début mais en même temps j’adore vraiment être sur le Tour. Je comprends que les gens soient étonnés d’entendre que Kelly ne prend toujours pas sa retraite mais moi ça ne m’étonne pas. C’est juste beaucoup trop bon, on fait le tour du monde, on participe à des compétitions géniales sur des vagues incroyables… Quand tu aimes faire quelque chose, tu n’as pas envie de changer.

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L'un des événements marquants en 2015 a évidemment été l'attaque de requin dont a été victime Mick Fanning. Le danger lié aux requins, c'est une chose à laquelle vous pensez ?

En Australie, il y a beaucoup de requins, ça peut faire peur. Mais les chances d’être attaqué par un requin sont en réalité très faibles. Je pense que c’est plus dangereux de conduire une voiture ! Et puis il y a toujours moyen d’encore réduire les chances de se faire attaquer. Il y a des zones en Australie, à Hawaii ou ailleurs où il y a plus de requins qu’ailleurs et il suffit de les éviter. Mais personnellement je n’y pense pas trop.

Quels sont jusqu'à présent ton meilleur et ton pire souvenir sur le Tour ?

Il y en a tellement de bons ! Mais je crois que mon cinquième titre mondial était vraiment spécial. Je l’ai gagné à Biarritz, un 14 juillet (en remportant le Roxy Pro France 2012) et c’était incroyable. Et le pire ce sera probablement ma blessure à Margaret River l’an dernier. J’avais bien commencé la saison en plus.