Silvana Lima : "J’ai appris à surfer sur une vieille porte"

Après une grave blessure en 2012, la surfeuse brésilienne Silvana Lima est de retour dans la World Surf League 2015. S’exprimant rarement, elle revient sur ce début de saison et sa vie de sportive dans un entretien que vous propose meltyXtrem.

Elle a dix ans de plus que ses adversaires. La surfeuse brésilienne Silvana Lima a signé cette année son grand retour au sein de la World Surf League. Vice-championne du monde en 2008 et 2009, elle est gravement blessée au genou en 2012 et dégringole en WQS. En 2014, elle finit première du WQS et regagne sa place dans l’élite du World Tour 2015, prolongeant ainsi sa longue carrière. Un retour en fanfare puisqu’elle signe le premier 10 de l'année lors du Roxy Pro Gold Coast en battant l’Australienne Sally Fitzgibbons pendant le round 4 : "Mon 10 était sensationnel. Je suis vraiment heureuse d’avoir pu passer ce heat qui était très difficile. J’avais besoin de 17 points, deux belles vagues, en seulement huit minutes. Je devais donner tout ce que j’avais, je devais croire en moi et cela a payé."

Après cette vague parfaite, elle perd en quarts face à Stéphanie Gilmore, un mauvais moment pour la championne : "Le pire moment a été en quarts, dans le heat contre Steph. Je continuais d'attendre la vague et elle n'est jamais venue... Quand j’ai entendu la sirène, la vague est arrivée cinq secondes après mais j’étais hors délais." Qualifiée comme l’une des "tempêtes brésiliennes" sur le World Tour, Silvana est heureuse de porter les couleurs de sa nation : "Je suis fière de faire partie de la tempête brésilienne. C’est une belle équipe. Nous apportons beaucoup de courage et nous avons la volonté de gagner. Les Brésiliens sont très enthousiastes (Gabriel Medina est champion du monde en titre et Adriano de Souza numéro un mondial actuel, ndlr) de ce que nous faisons et nous sommes très accueillants, c’est dans notre culture ! Je viens d’une famille très pauvre, petite je souffrais de la faim. Je n’ai pas eu l’occasion d’étudier ou de manger sainement. Je sais que cela change l’avenir d’un athlète."

Silvana Lima : "J’ai appris à surfer sur une vieille porte"

Elle se remémore aussi ses débuts : "Lorsque j’ai été sponsorisée, j’ai commencé à voyager à travers le monde pour surfer alors que je n’avais pas ma propre planche de surf. J’ai appris à surfer sur une vieille porte. Tout était difficile. Même aujourd’hui je n’ai pas de grands sponsors. Je suis contente d’avoir pu changer la vie de ma famille avec ce sport : j’ai pu acheter sa première maison à ma mère, son premier lit, son premier réfrigérateur, des provisions. Je me sens déjà comme une gagnante !"

Silvana Lima : "J’ai appris à surfer sur une vieille porte"

Des difficultés, la championne en a encore : "Avoir à vendre ma maison et ma voiture pour courir le WQS valait le coup parce que je peux être de retour ici. Vous pouvez imaginer combien il est important pour moi d’être là, sur le tour mondial." En 2013, elle lance d'ailleurs un crowdfunding sous la bannière : "Le surf est en symbiose avec la nature. Les plages, les podiums et les athlètes ne sont pas des modèles de mode." Elle regrette ainsi de voir son sport changer : "Ce qui me dérange, c’est le fait qu'il faille plus que du talent pour que les sponsors remarquent un athlète. J’espère que ça va changer très vite !" Un problème auquel Johanne Defay est également confrontée : numéro 8 mondial en 2014, la Française n'a toujours pas de sponsor principal quand Alana Blanchard est soutenue depuis des années par Rip Curl alors que l’Hawaïenne a signé la plus mauvaise saison de l'histoire pour une surfeuse l'année dernière et ne fait plus partie du World Tour.

Silvana Lima : "J’ai appris à surfer sur une vieille porte"

Pour son retour à la compétition mondiale, la surfeuse se sent prête : "Lorsque la sirène se déclenche, je me sens vraiment très calme. Partir de zéro était vraiment important pour moi parce que je essayé de résoudre tous mes défauts pour mieux revenir. Je me sens bien. J’ai récupéré à 100% même si je suis la plus ancienne dans les épreuves (rires). Je suis dans la meilleure phase de mon surf." Après trois manches, la surfeuse se classe neuvième au général avant de débuter le Oi Rio Woman's Pro 2015, chez elle au brésil, du 11 au 19 mai. À lire également : Roxy Pro Gold Coast 2015 : Silvana Lima, l’expérience venue du Brésil.