Sochi 2014 : Anaïs Caradeux, ''je sors mes meilleurs runs en compétition'' (interview exclu) !

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Anaïs Caradeux sera au rendez-vous du ski halfpipe femmes aux Jeux Olympiques de Sochi, aujourd'hui à 15h30, au même titre que sa compatriote Marie Martinod. Avant de prendre part à l'aventure, meltyXtrem a tenu à rencontrer celle qui a toutes ses chances de médaille ! Découvrez l'interview exclusive !

meltyXtrem vous l'annonçait récemment avec la liste des athlètes sélectionnés pour les Jeux Olympiques de Sochi, Anaïs Caradeux est l'une des deux Françaises engagées dans la compétition, la seconde étant Marie Martinod (médaillée de bronze aux X Games Aspen 2014). Pour la première fois dans l'histoire des JO, le ski halfpipe a intégré les disciplines à Sochi. L'occasion pour Anaïs Caradeux de montrer au monde entier l'étendu de ses innombrables talents, mais surtout de prendre part à cette incroyable aventure. Car dans l'épreuve du ski halfpipe, Kevin Rolland a déjà réussi à marquer les esprits lors de la finale ce mardi 18 février en arrachant la médaille de bronze, par des conditions météorologiques épouvantables. Après les hommes, place aux femmes qui débuteront officiellement les festivités à partir de 15h30 (heure française) ! La rédac' a réussi à joindre Anaïs Caradeux peu de temps avant qu'elle ne s'envole pour la Russie. Découvrez l'entretien exclusif avec celle qui a terminé deuxième des X Games Tignes en 2013 ! À lire également : Jeux Olympiques de Sochi 2014, programme TV de France Télévisions pour le ski acrobatique et snowboard.

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Comment avais-tu accueilli le fait que le Comité olympique ait intégré en 2011 ton sport (ski halfpipe) aux disciplines des Jeux Olympiques ? À ce moment là, pensais-tu un jour concourir aux JO ?

Si je me rappelle bien, c'était il y a trois ans (en 2011, ndlr), et j'étais en cours quand j'ai reçu la nouvelle. Je dois dire que j'ai littéralement sauté sur ma chaise quand j'ai reçu la confirmation que le ski halfpipe intégrait bien les JO ! En revanche, je ne pensais pas du tout participer un jour aux Jeux Olympiques. Quand j'ai commencé le ski freestyle, j'étais focalisée sur les X Games, c'est tout ce qui m'importait. J'ai jamais eu le rêve de participer aux JO, ou plutôt si, un jour je l'ai eu mais dans une tout autre discipline, celle du patinage artistique ! J'avoue que l'idée m'avait vaguement traversé l'esprit. Mais je suis très contente actuellement d'aller à Sochi et on va essayer de ramener des médailles avec Marie (Martinod,ndlr) !

Comment s'est passé cette saison pré-olympique ? Quelles étaient les modalités pour que tu sois sélectionnée ? Ce n'était pas une surprise pour toi ?

En fait, cela a été plus dur que prévu même si j'ai mieux réussi mes compétitions dernièrement (troisième à Park City, septième des X Games Aspen, sixième à Copper Mountain, ndlr). Je ne suis pas parvenue à remplir les objectifs que je m'étais fixés. J'ai eu du mal à me mettre dedans en début de saison par rapport à une nouvelle figure que je devais intégrer dans mon run. J'ai été un peu déstabilisée mais maintenant ça va beaucoup mieux, je me sens plus à mon aise. Pour être sélectionnée pour les JO, il ne me restait plus qu'à remplir 80 points FIS (fédération internationale de ski, ndlr) et ainsi être dans le top 35 mondial. Mais comme j'ai été vice-championne du monde à Voss l'an dernier, il fallait que je prenne part à seulement trois départs en coupe du monde.

Vous êtes seulement deux Françaises avec Marie Martinod à défendre les couleurs de notre pays aux JO en ski halfpipe, pas trop la pression ?

La pression ? Oui, évidemment on l'a ! Les JO, c'est seulement un jour dans notre vie et on n'a pas envie de rater ça ! Ça donne même des cauchemars la nuit parfois ! Mais je suis très contente qu'on soit prises toutes les deux. La plupart des amies avec qui j'ai commencé ma carrière ont, pour la plupart, arrêté les compétitions. C'est donc rassurant d'avoir un visage connu à ses côtés.

As-tu peur d'une concurrente en particulier, je pense notamment à l'Américaine Maddie Bowman (médaille d'or X Games Aspen 2014, ndlr) actuellement deuxième du général de la coupe du monde ?

C'est vrai que Maddie Bowman (USA) est une sérieuse concurrente ! Il y a également la Canadienne Roz Groenewood (deuxième des X Games Aspen 2014, ndlr) qui a un run très technique ! Je sais aussi que l'Américaine Brita Sigourney a réglé les deux ou trois problèmes qu'elle avait eu sur certains tricks. Marie aussi peut faire très mal car elle fait des bons grabs et elle a énormément de style du début à la fin de son run. Il faut savoir que le niveau a énormément augmenté depuis un an et demi. Désormais il faut être encore plus forte !

Quels seront tes points forts à Sochi ? T'es-tu entraînée sur une figure en particulière que tu dévoileras à Sochi ?

Je pense que c'est mon attitude à être au rendez-vous et à pouvoir utiliser la pression de la compétition pour la transformer en quelque chose de positif. J'ai toujours réussi à sortir mes meilleurs runs en compétition donc j'espère que je vais arriver à Sochi avec cette force là, et que la pression des JO ne sera pas trop forte. Je n'ai pas de nouvelle figure car j'ai déjà tout dévoilé, mais j'en travaille une en particulière avec laquelle j'ai eu du mal à composer : la unnatural 5.4 (sens inverse de son sens habituel avec un tour et demi sur soi).

Est-ce que t'entraîner avec les hommes te pousse à te dépasser davantage ? Est ce qu'ils sont de bon conseil ?

Je m'entraîne le plus souvent avec l'équipe Canadienne et celle de France. Il y a également toujours ma coach américaine avec moi. En fait, on s'exerce la plupart du temps sur les même sites car il n'y a pas beaucoup de pipe dans le monde pour s'entraîner. Ce sont deux grosses équipes donc c'est toujours bien de les avoir auprès de moi. Les garçons envoient plus gros et j'ai souvent été la seule fille à m'entraîner avec les garçons, donc c'est sûr que ça me motive encore plus qu'ils soient avec moi. À part ça, ils ne me donnent pas vraiment des conseils. On regarde ce que chacun fait dans le pipe. Mais depuis le départ, il y a un climat de confiance qui s'est installé. Par exemple, c'était sympa d'avoir Xavier Bertoni auprès de moi en haut du pipe avant de faire mon run de qualification à Copper Mountain.

Est-ce que le fait de vivre aux États-Unis pour la saison a permis de faire évoluer ton niveau ? Qu'est ce que cela t'a apporté de plus ?

Oui énormément ! C'est surtout au niveau des infrastructures que c'est mieux. Elles sont beaucoup plus adaptées là-bas qu'en France. Avant de trouver un pipe n'importe où en France, il faut attendre mi-janvier, alors qu'aux États-Unis il y en a déjà un de prêt mi-novembre puis trois beaux en décembre, qui sont par ailleurs shappés tous les jours !

Sochi 2014 : Anaïs Caradeux, ''je sors mes meilleurs runs en compétition'' (interview exclu) ! - photo
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