Sochi 2014 : Kevin Rolland en interview exclusive, première partie

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Moins d'une semaine après sa médaille d’argent aux X Games d’Aspen, Kevin Rolland était de passage à Paris. L’occasion pour melty Xtrem d’aller à sa rencontre et de vous livrer cette interview exclusive dans laquelle il revient sur sa belle saison et nous explique comment il se prépare pour ses premiers Jeux Olympiques. Première partie.

Comment te sens-tu après ces X Games d'Aspen sur lesquels tu as décroché une belle médaille d’argent ?

Je suis content parce que, hors des X Games, je suis parti aux Etats Unis deux mois et demi, j’ai fait quatre podiums en cinq compétitions dontune victoire à Park City donc c’est plutôt un bon bilan. Les X Games avant les JO, c’était le grand objectif de la saison. Mais quelle que soit la compétition, quand je pars c’est pour gagner. Je termine certes 2e mais je suis satisfait car j’ai posé correctement mon run. Je reviens d’Aspen avec le sentiment du devoir accompli.

David Wise est encore devant sur ces X. Que dois-tu faire pour aller le chercher ?

Il a un peu plus de sauts, de tricks sur les deux murs que moi. De mon côté, j’ai un mur où je fais des grosses figures et un autre mur sur lequel je fais des figures plus basiques. Il faut que j’évolue un petit peu plus sur ça. Mais ça ne se joue vraiment à rien, l’écart entre lui et moi est vraiment minime. Seulement de 2-3 points d’écart à chaque fois. Je pense qu’avec une bonne semaine d'entraînements, je peux être capable de le battre. Il faut juste que j’arrive à plaquer des gros sauts sur les deux murs comme il le fait.

Que penses-tu de la nouvelle scène française et internationale ? Comme Alex Ferreira, 3e aux X Games, Ben Valentin 5e, Torin Yater Wallace qui risque de revenir très fort aux JO ?

C’est clair qu’il y a plein de nouveaux qui arrivent. Sur les huit riders qui sont en finale, les huit peuvent être sur le podium et il y en a au moins quatre qui peuvent gagner ! Donc je ne peux plus dire que je me méfie d’un gars en particulier. Aujourd’hui, si je ne skie pas parfaitement, si je ne fais pas le meilleur run de ma vie à chaque fois, je peux oublier la médaille.

Tu as skié à Sotchi en février dernier, penses-tu qu’ils pourront vous offrir des conditions similaires à celles d’Aspen en termes de pipe, la Russie n’étant pas un pays habitué à organiser ce genre de compétitions ? As-tu peur aussi des conditions climatiques ?

Vu que ce sont des Américains qui s’occupent du pipe, je ne me fais pas de soucis là-dessus. C’est sûr qu’il sera top. L’année dernière, le pipe était pas mal du tout, mais c’est sur les conditions climatiques qu’il y avait un problème. Je stresse plus sur ça que sur moi, ou sur le half-pipe en lui-même car l’année dernière c’était vraiment la catastrophe niveau climat. Il y avait de la pluie, de la neige, une tempête s’est déclenchée au moment de la compétition... Au moment des qualifications, on ne montait même pas au-dessus du coping. Quand c’est comme ça, tu dois annuler mais ils ne l’ont pas fait ce qui a donné une course pourrie. Donc je croise les doigts pour qu’on n’ait pas les mêmes conditions, mais ça me fait super peur !

L’apparition du ski freestyle aux JO a-t-elle a eu un impact sur la discipline ?

Déjà quand je parle aux gens qui n’y connaissent rien et que je leur dit que je vais faire les Jeux Olympiques, ça les interpelle. On nous écoute davantage. Pareil avec la médiation. Il y a beaucoup plus de gros médias qui me demande en interview, qui me demande de parler de mon sport. Et ça c’est génial, c’est vraiment pour ça que les Jeux font du bien à notre sport !

On sait que ton ultime objectif est de gagner les JO. Si tu les gagnes, pourrons-nous dire que tu as bouclé la boucle ou tu comptes enchaîner les compétitions comme maintenant ?

Si ça se passe bien, j’aimerai peut-être faire moins de compétitions en ciblant les échéances comme les X Games, le Dew Tour et le championnat du monde. Mais j’aimerai aussi réserver plus de temps pour faire autre chose comme du backcountry, des images, me concentrer sur des projets de films… Cela fait six ans que je fais le même circuit, j’aimerai bien sûr continuer à faire du pipe, à bien m’entraîner mais aussi avoir des périodes durant lesquelles je peux aller faire de la puff, aller en Alaska, prendre encore un petit peu plus de plaisir.

Sochi 2014 : Kevin Rolland en interview exclusive, première partie

En revanche, si tu ne les gagne pas, te sens-tu capable de faire ceux de 2018 en Corée du Sud ? Te vois- tu comme Simon Dumont, à continuer à rider jusqu’à 28-29 ans ?

C’est clair que dans quatre ans, je me vois skier. Après savoir si je serai sur les skis en compétition ou pas, je ne sais pas. Ça va dépendre de ma forme physique, de ma compétitivité, si je fais partie des meilleurs. Mais je ne vais pas galérer à faire du half-pipe si je ne suis pas un des meilleurs. Si je sais que j’ai le potentiel de rester parmi l’élite, je continuerai, c’est sûr. C’est ce qui me plaît le plus. C’est quand même un sport qui te procure des sensations uniques et je serai à Pyeongchang en Corée du Sud si toutes ces conditions sont réunies. Si ce n’est pas le cas, je ferai des images, des projets, des films.

Suite de l'interview avec Mitch demain ! Pensez-vous que Kévin décrochera la médaille d'or aux Jeux Olympiques?

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Sochi 2014 : Kevin Rolland en interview exclusive, première partie - photo
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