Tom Pagès : "Je ne vais pas m’arrêter sur cet échec" (interview exclu)

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De retour en France après la finale des Red Bull X-Fighters à Abu Dhabi, Tom Pagès était de passage à Paris cette semaine. meltyXtrem est allé le rencontrer.

Il a malgré tout réalisé une saison de fou et nous en a encore mis plein la vue… Mais c’est forcement beaucoup de déception que nous avons pu lire dans les yeux de Tom Pagès, de passage à Paris cette semaine, après une finale compliquée aux Red Bull X-Fighters à Abu Dhabi (Emirats arabes unis). Le rider FMX n’a pourtant pas à rougir après avoir apporté de nouvelles figures sensationnelles qui font suite à des heures et des heures d’entraînement sans relâche ! Après avoir décroché également une très belle médaille d’or sur les X Games ou bien après avoir remporté l’épreuve épique des X-Fighters à Madrid, pour la troisième fois consécutive. Et que dire de celle qu'il a glanée avec brio en Afrique du Sud ? Alors c’est sûr, on aurait préféré voir Tom porter une nouvelle fois la couronne de ces X-Fighters (et tout le monde sait qu'il le méritait) mais au fond, comment lui en vouloir ? Que l’on se rassure, il n’a pas dit son dernier mot pour autant et il ne compte pas en rester là. Sa motivation à faire avancer encore un peu plus le FMX avec des tricks dont il a le secret et son envie de travailler dur ne sont pas parties. Pour s’évader un peu, le "boss" du freestyle s’est également initié à la chute libre, une discipline qui commence à bien lui plaire… Tom Pagès a ainsi accepté de nous rencontrer pour revenir sur sa saison et ses projets.

Tom Pagès : "Je ne vais pas m’arrêter sur cet échec" (interview exclu)

Tu réalises malgré tout une excellente saison, avec notamment deux belles victoires à Madrid et Pretoria sur ces Red Bull X-Fighters. Que retiens-tu de positif cette année ?

Là, c’est compliqué pour le moment. Dans l’état d’esprit dans lequel je suis, retenir du positif est difficile… Mais en regardant bien, il y a le alley oop 540 que j’ai fait cet hiver et qui est nouveau. Apporter une nouvelle figure, sachant que j’avais déjà apporté quelque chose de nouveau l’an dernier, c'est important. C’est maintenant tous les ans que j’apporte quelque chose et ça, c’est difficile donc c’est une belle chose. Après il y a eu cette première médaille d’or aux X Games qui est vraiment incroyable. J’y croyais vraiment pas par rapport au nombre d’années ou je cherchais à l’avoir ! (Tom nous expliquait pourquoi lors d'une interview avant l'épreuve). Ensuite Madrid, trois fois à la suite, ce qui n’avait jamais été fait non plus, c’était vraiment exceptionnel. C’était deux gros objectifs que je m’étais fixés. Et puis l’Afrique du Sud, une victoire un peu différente des autres sachant que je n'apporte rien de nouveau, mais je roule techniquement vraiment parfaitement, et je découvre des sensations différentes car je ne roule pas pour innover cette fois-là mais pour montrer que techniquement, je peux aussi être parfait.

Que s’est-il passé à Abu Dhabi ? Peut-être as-tu eu un peu plus de pression que Clinton Moore ?

De la pression, il y en avait énormément. Mais qu’est-ce qui a fait que j’ai raté à ce point-là ? Je ne sais pas trop encore… Sur ce alley oop, j’avais vraiment des difficultés ? je l’avais déjà raté la veille aux qualifications, donc ça m’avait positionné 9e. À l’entraînement ? j’avais décidé d’en plaquer plusieurs. Sur trois tentatives ? il n'y en a que deux que je pose, donc c’était pas beaucoup. Je savais que j’allais avoir des complications le soir… Mais bon, je n'allais pas faire un run de demi-mesure, il fallait que je tente le tout pour le tout. Ce sont des figures compliquées où il est difficile d’être parfait à chaque fois. J’ai eu beaucoup de mal, c’est difficile…

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Après la finale, tu as dit à chaud que tu n’aurais peut être pas du tenter de passer ce alley oop flair. Avec le recul, qu'en penses-tu ?

Il fallait y aller, c’est sûr ! Si j’avais fait un run top, sans passer cette figure, sincèrement, je ne pense pas que les juges m’auraient mis gagnant. Et si j’avais fait un beau run et que ce n’était pas passé contre Clinton (Moore), j’aurais été déçu, sachant que cette figure-là je la connais, elle est acquise. Je la pose tout le temps, à 98%, car il y a toujours une chute possible. Donc je ressens beaucoup de déception par rapport à cette figure.

Mais tu passes quand même ton superbe bike flip !

Oui, c’était pas mal ! J’ouvre le run avec, sachant que la veille également, sur le premier run des qualifications, c’est dessus que je tombe, j’avais un peu d’incertitude, c’était un peu compliqué. Il y avait de belles choses, mais il n’y en a pas eu suffisamment.

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C’est partie remise pour l’année prochaine ?

Oui j'espère. Je ne vais pas m’arrêter là-dessus ! Je vais continuer à travailler, à progresser, à essayer d’apporter des choses nouvelles constamment. C’est mon moteur en fait, donc le jour où j’arrête d’innover, j’arrête le freestyle.

Que vas tu faire dans l’immédiat pour ne pas te couper totalement avec la compétition ?

Ça ne s’arrête pas là car je pars au supercross de Lyon dans deux semaines. C'est un show mais les figures vont rester les mêmes que celles que je fais aux X-Fighters. Donc il va falloir tout poser parfaitement, ça suppose de repartir à l’entraînement car si je tombe, c’est terminé. Cela engendrerait une blessure et une perte de temps. Je partirai ensuite à Sydney pour l’AUS-X Open. C’est un contest de best tricks, et il va y avoir tout le monde, notamment Jackson Strong qui, je pense, va apporter un double flip ou un frontflip, des choses assez incroyables. Ça va être comme un X Game pour moi ! Je vais m’y préparer.

Que vas-tu nous poser là-bas comme tricks ?

Cette année, j’étais focalisé sur les X-fighters donc je n'ai pas de nouvelles figures mais si j’arrive à passer un alley oop, un bike flip ou encore des 360, des special flips… On va voir ce que j’ai, je sais pas trop encore à vrai dire.

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Tu es constamment à la recherche de nouvelles figures. Est-ce que tu penses qu’il est toujours possible d’en trouver ou bien a-t-on fait le tour de ce qui pouvait se faire en moto ?

Pour moi il n’y a aucune limite. On l’a vu avec l’évolution du sport en lui-même, et on l’a vu aussi avec Josh Sheehan passer le triple flip. Donc j’essaie de m’accrocher au sport tant bien que mal, d'apporter quelques nouveautés. La seule limite c’est celle que l'on se donne, ce n'est pas le sport qui a des limites.

Est-ce que tu as déjà d’autres idées en tête de figures que tu voudrais poser ?

Il y a déjà des figures que je travaille depuis pas mal d’années. Ça peut être le 720, toujours le front flip, des figures sur lesquelles je ne suis pas hyper à l’aise, qui n’ont encore jamais été posées vraiment. Il y a tout ça à travailler, toujours. Et un ou deux trucs qui sont encore flous dans ma tête, ça peut venir avec des nouvelles rampes. C’est compliqué d’apporter ces rampes sur des compétitions sachant qu’il faut des infrastructures qui vont avec. Ça veut dire des réceptions plus grosses et plus longues, comme on a pu le voir sur le Finist’Air Show. J’essaie d’apporter une figure, donc il faut arriver avec un trick abouti. Pour le front flip, je me sens mal sur ces réceptions classiques. Je les voulais plus hautes, ce que j’ai pu faire facilement sur le Finist’Air Show. Le jour où on aura des réceptions plus hautes, on pourra sortir des doubles, des triples des 720... J'y travaille comme Josh (Shehan) et Travis Pastrana. J’espère que l'on pourra apporter ces nouvelles modifications que l’on demande constamment.

Tu fais des sauts en parachute avec Vince Reffet. Tu comptes persévérer dans cette discipline, te mettre au base jump ?

La chute libre, ça me plait énormément. Je n’ai pas le niveau pour faire du base jump pour le moment… Enfin si, je pense que je peux y aller, mais tout ce que je fais c’est avec Vince (Reffet) donc le jour où il me dira "c’est bon tu es apte pour le base jump", c'est a dire sauter des falaises ou d’un pont, j’irai ! Pour le moment, on saute depuis un avion ou un hélico, je ne suis pas encore très très à l’aise.

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Qu’est ce qui te plait dans la chute libre ? Recherches-tu d’autres sensations que tu n’as pas forcément en FMX ?

C'est un moyen pour moi de m’évader, prendre du bon temps et partir loin du freestyle. C’est comme faire de la moto de vitesse, du motocross ou bien le Touquet comme j’avais fait une année (en 2012), et d'autres courses de sables. Si je fais un truc à fond, ça me permet d’avoir le cerveau qui oublie totalement le freestyle, ce sont des vacances même si ce n’est que deux jours. Le parachute est un moyen de m’amuser avec mes potes !

N'as-tu pas envie d’innover dans cette discipline cette fois-ci ?

Si, pourquoi pas (rires) ! Mais bon, j’ai 30 ans et je pense qu’il est un peu tard pour faire carrière, mais je vais aller m’amuser, ça c’est sûr !