Tony Hawk : "Je ne veux pas être le vieux raté qui sait faire quelques tricks pourris" (exclu)

Ecrit par

Tony Hawk était de passage pour un show dans le skatepark de l’EGP 18 à Paris à l’occasion de la sortie de son nouveau jeu Tony Hawk Pro Skater 5. meltyXtrem a rencontré la légende du skateboard.

C’est un nom universel qui évoque forcément quelque chose. Tony Hawk est plus qu’un sportif, c’est une légende du skateboard et sûrement son meilleur ambassadeur. L’Américain est encore aujourd’hui considéré comme le meilleur skatboardeur de tous les temps. Professionnel à l’âge de 14 ans, il réalise en 1999 le premier 900° qu'ils sont seulement une quinzaine à passer aujourd’hui. " L’homme-oiseau " est aussi l’inventeur d’une cinquantaine de figures comme le Madonna, le Olie 540, le Frontside ou encore l’Airwalk. Le skateur de 47 ans a aussi collaboré à une douzaine de jeux vidéo le rendant célèbre. C’est à l’occasion de la sortie du jeu Tony Hawk Pro Skater 5 que le champion était de passage le 17 juillet dernier dans le mythique park de l’EGP 18 à Paris pour un show exceptionnel. Il était accompagné de David Loy, Aaron " Jaws " Homoki, Kevin Staab, Clive Dixon, Ben Raybourn, Shawn Hale et Clint Walker. meltyXtrem a rencontré Tony Hawk pour une interview exclusive dans laquelle le skateur fait le point sur sa carrière, nous parle de ses enfants mais aussi de ses projets. À voir également, la vidéo de Tony Hawk testant le hoverboard marin.

Quand as-tu découvert le skateboard ?

Mon frère aîné était skateboarder, il était même surfeur vers la fin des années 70. C’était l’époque où le skate commençait à décoller. Certains de mes amis faisaient du skate alors j’en ai fait avec eux. J’allais au skatepark à côté de chez moi à San Diego et quand je voyais les mecs s’envoler au-dessus du pool, je voulais faire ça. C’est tout ce qui m’importait. J’avais 10 ans. Une fois que j’ai commencé à faire du skate, j’ai arrêté tous les autres sports que je pratiquais.

Te rends-tu compte que tu es une icône dans le monde du skateboard ?

Non je n'en ai pas vraiment conscience mais je suis honoré, merci. C’est un grand privilège et beaucoup de pression. Lorsque tu skates, les gens s’attendent à ce que tu sois magique. Je veux juste être bon, c’est mon but.

Tony Hawk : "Je ne veux pas être le vieux raté qui sait faire quelques tricks pourris" (exclu)

Que penses-tu de la nouvelle génération de skateboarders ?

Ils sont très chanceux. Ils ont beaucoup de soutien et je pense qu'ils sont nombreux à faire progresser le skate. Les figures que les enfants apprennent aujourd’hui à 12 ans n’avaient pas encore été inventées quand j’avais la vingtaine. C’est incroyable à voir.

Tu penses que la Tony Hawk Foundation peut participer à les aider ?

Je pense que oui. Nous sommes reconnus comme une ressource pour construire des skateparks. J’espère que cela va continuer à être le cas et que l'on va pouvoir en construire plus, peut-être à l’international.

Tony Hawk : "Je ne veux pas être le vieux raté qui sait faire quelques tricks pourris" (exclu)

Quel est ton sportif préféré ?

J’ai beaucoup de respect pour Michael Jordan parce qu’il a amené le basket à un autre niveau.

Et ton skater préféré ?

Mon skater favori… C’est difficile à dire. J’adore l’approche du skate de Ben Raybourn, surtout en ce qui concerne le terrain : il ne le voit pas comme les autres. Il est très talentueux et il est goofy ce qui est actuellement très difficile. Ce qu’il fait est très différent de ce que les gens considèrent comme "cool". C’est quelque chose que j’apprécie beaucoup chez lui.

Tony Hawk : "Je ne veux pas être le vieux raté qui sait faire quelques tricks pourris" (exclu)

Tu penses que ton fils Riley Hawk marche dans tes pas ?

Il a créé son propre chemin. Mon fils ne fait pas les mêmes choix que moi, il n'a pas le même skate, n'utilise pas le même terrain. Il est très créatif et fait les choses de lui-même. S'il a la réputation d’être l’un des meilleurs skaters, c’est grâce à son talent. Il voit les choses différemment. Ces tricks sont différents. Il ne cherche pas à être comme n’importe quel autre skater.

Aujourd'hui, comment vois-tu ta carrière ?

C'est un rêve devenu réalité. Je suis étonné d’être toujours là à mon âge. Je n’aurais jamais imaginé faire carrière et faire vivre ma famille avec ça. Mais ce qui me rend heureux par-dessus tout, c’est de pouvoir encore faire ce métier que j’adore aujourd’hui. C’est incroyable. C’est un rêve.

Tony Hawk : "Je ne veux pas être le vieux raté qui sait faire quelques tricks pourris" (exclu)

Quelle place à la musique dans ta vie et le skate ?

La musique a une grande place dans le skate. Le « skate life » ne se résume pas à une planche mais aussi à l’ambiance, le décor, la musique. Lorsque je skate, j’écoute pas mal de choses comme The Clash, Dead Kennedys, Circle Jerks, ainsi que de la musique récente qui est plus énergique, plus endiablée.

Que penses-tu du street skate ?

J’adore ça. C’est la raison pour laquelle le skate est apparu dès la fin des années 80 et le début des années 90, parce qu’il n’y avait pas de parks. Tu utilisais le terrain comme ton propre skatepark. Les skateparks sont calqués sur les rues parce que c’est la voie parfaite pour skater.

Qu’est-ce que tu as pensé du Hoverboard (voir vidéo ci-dessous) ?

C’est dur de le contrôler mais il est incroyable. En 2015 on est dans Retour vers le Futur. Je ne pense pas qu'on fera du skate un jour avec ça (rires). Il va falloir attendre quelques années de plus. Il a encore besoin d’une surface spéciale pour l’utiliser et tu ne peux pas contrôler les virages. Il est encore en test mais peut-être un jour

Toi qui as skaté un peu partout, penses-tu que chaque park est différent ou sont-ils tous les mêmes ?

Ils sont tous très différents. Dans leurs styles. Certains sont focalisés sur de gros tricks. Ce sont ceux que je préfère.

C’est toujours le même plaisir de faire du skate après tout ce temps ?

Oui parce que ça change tout le temps. Spécialement comme dans un endroit comme celui-ci (a l’EGP18 ndlr) où je ne suis jamais venu auparavant et où des gens skatent tous les jours. C’est un challenge pour moi puisque les gens me disent " Viens, montre-nous toutes les choses que tu fais pour les caméras, pour les magazines ". Mais c’est fun, j’aime ça.

Tony Hawk : "Je ne veux pas être le vieux raté qui sait faire quelques tricks pourris" (exclu)

Avec toutes ces interviews, as-tu toujours du temps pour faire du skate ?

Oui ! J’en ai fait tous les jours pendant ce voyage. Hier on est allé voir une rampe à Paris dont j’ignorais l’existence. J’ai fait plus de skate pendant ce voyage que pendant presque tous les autres.

Quel est ton meilleur souvenir de skate en France ?

Un énorme show au Grand Palais en 2009. C’était un gros événement organisé par Quiksilver avec un énorme half-pipe à l'intérieur, des DJs et beaucoup de monde. C’était incroyable. Je ne pensais pas qu’il soit possible de faire quelque chose de mieux après ça.

Tu as des conseils pour les jeunes skateurs français ?

Faites les choses vous-même, n’arrêtez pas de vous imposer des défis, allez aux compétitions de skate ou faites vos vidéos vous-même si vous voulez être un jour reconnu.

C’est quoi le futur de Tony Hawk ?

Je vais continuer à skater tant que je peux. Mais je ne sais pas si je le ferai en public ou lors d’exhibitions comme celle-ci, parce que je n’ai pas envie que les gens me scrutent pour voir si je commence à perdre mes compétences ! Je ne veux pas être le vieux raté qui sait faire quelques tricks pourris. Cela dit, je ne pense pas arrêter pour de bon. Pour le futur, plus de jeux vidéo, et plus de promotion pour Birdhouse.