Tristan Dugerdil et Pacôme Schmitt : "On regardait le Red Bull Crashed Ice sur Internet" (1/2)

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Tristan Dugerdil et Pacôme Schmitt continuent de se forger une réputation sur le Red Bull Crashed Ice. Pour meltyXtrem, ils sont revenus sur leur carrière et leurs ambitions.

À tout juste 22 ans, Tristan Dugerdil, jeune patineur d’ice cross downhill, entame sa saison sur le Red Bull Crashed Ice avec ferveur. Avec Pacôme Schmitt, deux ans plus vieux que lui, il constitue le duo français de patineurs de descente. Quatre ans après leur arrivée aux côtés des cadors de la discipline que sont les frères Scott et Kyle Croxall et les frères autrichiens Marco et Luca Dallago, les deux Français tentent de s’immiscer petit à petit dans le circuit pro. Ce qui n’est pas chose facile car en ice cross downhill, rien n’est donné, surtout quand on a peu de moyens pour se préparer en France. Pacôme et Tristan n’ont qu’un seul rêve, voir leur compétition un jour aux Jeux Olympiques. Retour dans la première partie de cette interview sur leur carrière, leur préparation, ainsi que la prochaine étape de la Riders Cup qui aura lieu à Morzine-Avoriaz le 16 janvier prochain. La suite de l'interview est disponible ici.

Tristan Dugerdil et Pacôme Schmitt : "On regardait le Red Bull Crashed Ice sur Internet" (1/2)

Peux-tu te présenter, nous parler de ta carrière ?

Tristan : J’ai commencé le ice cross downhill en 2013, c’est depuis cette saison ma seule occupation.

Pacôme : Je viens des Gets, une station de ski en Haute-Savoie. Depuis mon plus jeune âge j'ai pratiqué plusieurs sports en clubs : ski, hockey sur glace, VTT DH, golf, natation... J'ai toujours voulu essayer le maximum de sports qu'il m'était possible de faire ! Je suis aussi moniteur de ski et coach en musculation. J’ai commencé le ice cross downhill en 2013 à Lausanne (Suisse, ndlr), j’ai depuis participé à deux saisons complètes des championnats du monde. J’ai fini 7ème au général en 2014 et 20ème la saison passée.

Comment en es-tu arrivé à la pratique du ice cross downhill ?

Tristan : J’ai commencé le sport en faisant des qualifications à Lausanne pour le Red Bull Crashed Ice en 2013, ma première course s’est bien déroulée, j’ai continué et donc me voilà à répondre à cette interview sur la saison 2016 !

Pacôme : Avec Tristan, on regardait des vidéos sur Internet, puis il y a eu une étape à Lausanne en 2013. On a décidé de s’inscrire pour les qualifications, sur une patinoire dans un premier temps, puis sur la piste. Tout s’est bien passé, on a pu accéder à la finale et y faire de bons résultats. On a ensuite été invités à participer à Québec pour la dernière course de la saison et nous avons réussi à rentrer dans le top 64 au classement général et ainsi commencé à faire la saison complète l’année suivante.

Tristan Dugerdil et Pacôme Schmitt : "On regardait le Red Bull Crashed Ice sur Internet" (1/2)

Comment organises-tu ta préparation ?

Tristan : Les entraînements sur les pistes du Crashed Ice sont très limités, nous avons seulement quatre runs avant les qualifications. L’objectif est de bien repérer la piste, il faut savoir exactement les trajectoires que nous emprunterons avant même le premier passage pour être le plus rapidement efficace sur la piste. Nous avons pu nous entraîner la semaine avant l’épreuve d’Helsinki il y a deux ans car c’était une piste permanente. Désormais, la seule manière de s’entraîner davantage, c'est durant les Riders Cup.

Pacôme : Cette année, on a pu (avec Tristan) se consacrer uniquement à la préparation pour la saison prochaine. On a engagé Jérôme, un ami coach personnel, pour faire la préparation physique. On s’entraîne le plus possible en roller, on est aussi allé en Autriche pour s’entraîner avec les frères Dallago, sur leur piste en bois, et bien sûr du hockey pour le patin. Les sessions comme à Helsinki sont malheureusement rares pour le moment. Il existe peu de pistes permanentes dans le monde. À Helsinki, on a eu la chance de pouvoir s’entraîner sur la piste le week-end avant la compétition. Pendant ces sessions on essaie de repérer les meilleures lignes, travailler les parties techniques, rider à plusieurs pour trouver les meilleurs endroits pour dépasser… Avec l’augmentation du nombre de courses cette saison, ça devrait ouvrir plus de possibilités d’entraînement.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur la conception de la piste de roller sur laquelle vous réalisez vos entraînements ?

Tristan : J’ai construit l’automne dernier une piste de roller dans mon jardin, c’est une piste en bois servant à travailler l’équilibre. Elle permet de s’habituer aux mouvements de terrain rapides ainsi que tout le travail des jambes.

Pacôme : Je n’ai pas fait grand chose, c’est Tristan qui l’a construite ! Elle est située dans son jardin à Morzine. Il s’est inspiré de la piste que les Dallago ont faite chez eux. Le but étant de recréer une piste comme sur les courses.

Peux-tu nous en dire un peu plus sur votre piste gelée ?

Tristan : Nous avons essayé avec Pacôme de faire geler cette piste l’hiver dernier mais la glace n’a pas vraiment adhéré au bois et a donc craqué dès les premiers passages.

Pacôme : C’est la même piste que nous avons fait geler. Malheureusement, avec le début d’hiver très chaud de la saison passée, la glace n’a pas tenu longtemps …

Peux-tu nous expliquer la différence entre la Riders Cup et le Crashed Ice ?

Tristan : Les Crashed Ice sont les évènements majeurs, organisés par Red Bull, ce sont toujours des pistes très impressionnantes dans les villes avec de grosses infrastructures et un système de refroidissement. Les Riders Cup sont des événements situés généralement dans les stations de ski, les pistes sont construites sur une base en neige et ensuite gelées. Ces compétitions comptent à 25% pour le championnat du monde.

Pacôme : Les Riders Cup sont des courses organisées par des riders, des stations, sous la fédération internationale ATSX (All Terrain Skate Cross), tout juste créée cette saison. Ces courses sont ouvertes à tous et comptent pour le championnat du monde d'ice cross downhill. Elles rapportent 25% des points par rapport à un Crashed Ice. Le Red Bull Crashed Ice, sont des courses organisées par Red Bull, généralement au milieu des villes. Ce sont les événements phares de la discipline, avec une grosse organisation et beaucoup de spectateurs (jusqu'à 140 000 à Saint-Paul la saison passée).

Tristan Dugerdil et Pacôme Schmitt : "On regardait le Red Bull Crashed Ice sur Internet" (1/2)

Arrives-tu à vivre uniquement de ta passion ?

Tristan : Oui je vis désormais grâce à ce sport.

Pacôme : Cette année est la première saison où nous pouvons vivre à l’année grâce au sport.

Comment gères-tu ta saison entre la Riders Cup et le Crashed Ice ?

Tristan : Les deux championnats sont complémentaires, la Riders Cup ne se déroule jamais durant le Crashed Ice pour que nous puissions participer à tous les événements.

Pacôme : Le programme est bien fait, il regroupe les courses en Europe et en Amérique du Nord, ce qui nous permet de minimiser les allers-retours, mais il reste bien chargé !

Tristan Dugerdil et Pacôme Schmitt : "On regardait le Red Bull Crashed Ice sur Internet" (1/2)

Comment avez-vous contribué à l'étape française de la Riders Cup qui aura lieu le 16 janvier prochain ?

Tristan : J’ai effectivement présenté le projet de Riders Cup à la station qui me sponsorise (Morzine Avoriaz). L'intérêt a directement été important et je collabore désormais avec. Ce sera probablement la plus belle Riders Cup jamais organisée, j’en suis persuadé.

Pacôme : Avoriaz est le sponsor de Tristan depuis qu’on a commencé le sport. On avait évoqué la possibilité de faire une étape en France depuis la saison passée, et après plusieurs discussions avec les responsables du Crashed Ice, on a décidé de proposer le projet à nos stations. Avoriaz a tout de suite accroché à l’idée de faire une étape, et le projet était lancé ! On a pour l’instant pas beaucoup d’infos sur le déroulement de la course, mais nous allons aider au dessin de la piste qui se trouvera dans le centre du village. La piste sera faite en neige par les shapers des snowparks de la station, puis gelée. Avoriaz est très motivé pour organiser un gros événement pour une première en France !