Ultra-Trail du Mont-Blanc 2015 : Julien Chorier veut "réaliser une course pleine" (interview exclu)

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L'ultra traileur français Julien Chorier s'attaque à l'Ultra-Trail du Mont-Blanc 2015 et sera au départ de la course mythique le vendredi 28 août. Il s'est confié à meltyXtrem avant ce rendez-vous.

À 34 ans, Julien Chorier ne court pas derrière la gloire, mais après avoir vaincu le Mont-Fuji, La Diagonale des Fous ou encore la Hardrock 100 en terminant vainqueur de ces trois courses mythiques, il s'attaque une nouvelle fois au Mont-Blanc. Pourtant, il n'en garde pas que de bons souvenirs, lui qui a souvent connu des pépins physiques sur ce rendez-vous qui lui tient pourtant à cœur : chaque fois que j'ai fait l'UTMB, je me suis dit que ce serait la dernière fois, alors je ne revenais pas l'année suivante. Mais je revenais l'année d'après encore." Alors que sa course débutera le vendredi 28 août dès 18h00 pour le grand rendez-vous de cette 13e édition, Julien Chorier a répondu aux questions de meltyXtrem en exclusivité. Entre sa saison 2015, ses prochains défis et Kilian Jornet, il n'a pas manié la langue de bois. À lire aussi : Ultra Tour des 4 Massifs : Julien Chorier vainqueur du kilomètre vertical ! (vidéo)

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À nouveau sur l'UTMB

J'ai vraiment envie de passer comme il faut l'UTMB car jusqu'à présent j'ai toujours eu des pépins sur cette course. J'ai connu ma dose de regrets et de frustration (il a notamment terminé 3e en 2008, 4e en 2010 et 6e en 2013, ndlr). Arriver plus près de la victoire, cela sera très compliqué car le plateau de coureurs est toujours plus dense et le niveau très élevé. Mais je vais surtout regarder mon chrono et j'ai envie de réaliser une course pleine

J'ai programmé l'UTMB comme la dernière grosse course de ma saison et je réfléchirai après sur la suite de mon programme. Les saisons sont longues, commencent tôt dès le printemps, et je me suis rendu compte que le fait de trop pousser à l'automne ne m'apportait pas grand-chose, si ce n'est de la fatigue et des blessures. Je verrai après l'UTMB...

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Sa saison 2015

Cette saison est un peu particulière car j'ai voulu m'aligner sur des formats qui me conviennent moins bien. J'ai voulu gagner en vitesse donc j'ai notamment participé au Marathon de Paris (82e en 2h35'29''). J'ai enchainé avec les 100 km en Australie (The North Face® 100 Australia) et la Western States, deux courses très roulantes, ce qui m'a permis de me rendre compte de mes limites. Notamment concernant la gestion de la chaleur. D'un point de vue des résultats (8e en Australie et 6e aux Etats-Unis), je suis assez satisfait, même si je pense que j'aurais pu faire un peu mieux. En réalisant des courses parfaites, j'aurais pu m'approcher un peu du podium.

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L'UTWT, un bon format ?

L'UTWT (Ultra Trail World Tour) est un format sympa de courses mais il faut être vigilant et cela ne doit pas être une fin en soi de participer à toutes les étapes. Je pense qu'il faut choisir ses dates et définir son programme. Je trouve que l'on perd de l'intérêt à enchaîner des courses de ce genre toutes les trois semaines. Sans compter l'aspect physique. Ma vision des choses est d'en faire deux ou trois (sur 12) dans une saison. Du coup, pour changer de décor, j'alterne souvent. C'est vrai que lorsque cela se passe bien sur une grande course comme la Hardrock 100 (vainqueur en 2011), on a envie d'y retourner. Mais le risque, c'est aussi de faire moins bien et de rester sur une moins bonne impression.

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Pourquoi court-il ?

J'ai commencé le trail lorsque ce sport n'était pas encore très médiatisé, il y a une dizaine d'années. Je pense que l'essor de la discipline s'explique d'abord par sa simplicité : en quelque sorte, il suffit de courir... Et puis les distances extrêmes attirent de plus en plus de jeunes. C'est la grosse différence par rapport à la génération précédente. Avant, c'était un peu un sport de reconvertis d'autre sports. Alors qu'aujourd'hui, c'est devenu une discipline de premier choix.

L'effort et l'environnement dans lequel on évolue, c'est ça qui me rend heureux en trail. J'espère être encore performant et prendre du plaisir pendant cinq ou six ans. Cela arrivera peut-être plus vite mais je vais essayer (rires). Pour l'instant, je ne fais pas trop de prévisions.

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Kilian Jornet

Je l'ai connu en 2008 et pour moi, c'est quelqu'un de complètement hors norme dans son fonctionnement. Il a des capacités énormes, meilleures que le commun des mortels. Il vit la montagne et son environnement. De la même manière que des gens peuvent rester huit heures par jour au bureau, lui en passe autant en montagne. C'est sa vie et de l'extérieur, je crois qu'on ne peut pas comprendre.