World Skate Cross Series 2014 : Interview d'Anthony Avella, champion du monde du roller 2013 (exclu)

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En roller, le rider Anthony Avella a un palmarès long comme le bras. Champion du monde en 2013, le Toulonnais a remporté, le 15 juin à Dijon, la troisième étape des World Skate Cross Series. Anthony Avella s'est confié en exclusivité pour meltyXtrem !

A 30 ans, Anthony Avella a un solide vécu dans le milieu du roller. Passé professionnel à 16 ans, le Toulonnais brille sur la scène nationale et internationale. Il cumule ainsi neuf titres de champion de France, deux sacres européens et trois succès, en mini rampe, sur le prestigieux FISE Montpellier ! Anthony Avella a également posé ses rollers au pays de l'Oncle Sam, décrochant une sixième place aux X Games Los Angeles 2003. Un rêve américain pour le rider varois, qui continue à exercer sa passion avec talent, soutenu par ses sponsors Seba, Unkut, Alk13 et Onoda. Depuis l'an passé, Anthony Avella a quelque peu délaissé les compétitions de roller freestyle au profit du skate cross. Une autre discipline qui sourit au Français : il est devenu champion du monde de skate cross en octobre 2013, devant le Russe Ilya Sukhenko et le Marseillais Kevin Quintin. Anthony Avella continue de briller sur ce circuit puisque le 15 juin dernier, il a remporté avec brio la World Skate Cross Series de Dijon. De quoi faire le plein de confiance avant de nouvelles échéances mondiales, qu'il a évoqué pour meltyXtrem !

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Anthony, tu viens de participer à la World Skate Cross Series de Dijon, comment l'as-tu abordée ?

J'ai d'abord connu une petite galère ! J'ai dû partir en voiture sur Dijon au dernier moment, car mon train a été annulé (rire). Cette étape des World Skate Cross Series était une compétition une étoile, ce n'est donc pas une étape où l'on va marquer le plus de points pour le championnat du monde. Cela reste malgré tout intéressant en terme d'entraînement et de préparation aux grosses compétitions. Je souhaitais prendre de l'expérience en vue des championnats de France de skate cross, qui ont lieu ce weekend à St Médard-en-Jalles. Je me devais de faire un résultat à Dijon, l'étape m'a servi de test. Je n'ai pas eu de pression particulière en arrivant sur la compétition, j'ai commencé à me monter le bourrichon une fois arrivé en demi-finale et finale, pour finir premier. Dans ce genre de compétition, il faut avoir un bon mental pour gagner !

Peux-tu nous parler de tes courses sur cette épreuve dijonnaise ?

Il y avait de bons compétiteurs en lice, comme Flavien Du Peloux. J'ai signé le second temps des qualifications, derrière lui. J'ai ensuite réussi toutes les courses, ce qui m'a conduit en finale. J'y ai notamment affronté Flavien et un membre de son club, Leandre Mage. Je me suis conditionné pour gagner cette finale, j'ai tout donné, j'ai réussi à faire un intérieur à Flavien sur le premier virage. La relance après le virage était très rude, nous étions vraiment au coude a coude. Sur l'obstacle suivant, le gros spine, j'ai réussi à faire la différence en le dépassant. Flavien a alors chuté sur la réception et j'ai remporté la course, grâce à ce dépassement et cette pression que j'ai mise sur la relance.

Pourquoi t'es-tu lancé dans le skate cross ?

Je suis un compétiteur depuis mon plus jeune âge. Le skatecross était attrayant car j'étais depuis des années dans le street et la rampe. Quand cela fait plus de 15 ans que tu pratiques la même discipline, au bout d'un moment tu as envie de changer. Je voulais rester sur les rollers, depuis plusieurs années je me suis mis en parallèle au roller foot (le Roller Sports Club Toulonnais fut vice-champion du monde de roller foot à l'été 2013, ndlr) et cette pratique me plaît beaucoup aussi. J'aime bien diversifier les choses. Le skatecross fait partie de ces disciplines que j'apprécie comme tant d'autres. En ce moment, je suis concentré sur le skatecross car je suis champion du monde en titre, je tiens à défendre et garder mon titre. Cette année, mes objectifs sont tournés là-dessus.

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Comment juges-tu le niveau de tes adversaires sur le circuit mondial skate Cross ?

Le niveau ne fait qu'augmenter en skate cross, il s'est élevé par rapport à la saison dernière. Il y a de plus en plus de riders qui s'intéressent à notre discipline. Cet hiver, je suis par exemple allé tester les Red Bull Crashed Ice pour me mesurer aux autres dans ce sport. De nombreux concurrents des Crashed Ice se mettent, l'été, au skate cross pour garder le rythme. Il y a beaucoup plus de pratiquants qu'avant en skate cross, on y découvre de nouveaux riders de talent. C'est toujours très difficile d'accéder aux premières places des compétitions, l'entraînement et la préparation physique sont donc importants !

Que retiens-tu justement de tes deux Red Bull Crashed Ice ?

Je peux dire que cette expérience des Crashed Ice fut l'un des trucs les plus fous que j'ai fait dans ma vie ! Je suis parti tout seul, avec peu d'expérience dans le patinage sur glace. Une dizaine d'heures d'entraînement dans une patinoire, pour enregistrer les mouvements et savoir freiner sur la piste ! En arrivant à Helsinki, j'ai été surpris de ce que j'ai découvert ! En regardant les descentes à la TV, on ne se rend pas compte de la verticalité des pentes. Quand j'ai vu ces pistes, ça m'a un peu refroidi sur le moment et j'ai failli me décourager. Mais j'ai continué et j'ai essayé d'obtenir le meilleur résultat, en donnant le maximum. Cette étape en Finlande, le 1er février, fut très dure au niveau de l'adaptation. A Moscou, le 7 mars, j'ai mieux figuré en parvenant à me qualifier et à accéder à ma première course à quatre. Malheureusement j'ai chuté lors du run, je me suis fait une petite entorse au genou et j'ai du abandonner. L'expérience Crashed Ice est à retenter, c'est sûr !

Tu as récemment pris part à deux autres events prestigieux, le FISE Montpellier et les Asian X Games. Quel bilan en fais-tu ?

Les Asian X Games, le 30 avril, furent ma 1ère compétition de l'année en roller agressif. Avec peu d'entraînement en rampe, j'ai réussi à finir à la 6e place parmi le Top niveau mondial. J'ai donné ce que je pouvais, je suis fier d'avoir représenté la France aux X Games ! Concernant le FISE Montpellier, je n'ai pas fait bonne figure en slopestyle avec une 14e place. Je n'étais pas vraiment dedans... Ça s'est mieux passé sur la mini-rampe, la discipline phare du roller. J'ai fini second, je suis assez content même si, à mes yeux, je n'ai pas réalisé le meilleur de ce que je pouvais faire. Les 27 et 28 juin, je serai en Andorre pour une étape de Coupe du monde de Street, en mini-rampe, puis le 29 juin à Barcelone pour une autre étape. Je veux me rattraper !

Continues-tu à participer à des compétitions freestyle ?

Absolument ! Les 24 et 25 mai, à Rennes, avait lieu la seconde étape des World Skate Cross Series. Je n'y ai pas pris part car j'étais ce week-end là au NL Contest, une compétition de roller freestyle. J'étais engagé en halfpipe et en street. J'ai fini à la troisième place dans ces deux disciplines, ce dont je suis assez content. Je gère un club de roller sur Toulon et je n'ai plus assez de temps d'entraînement halfpipe. En 2010, j'étais champion d'Europe de halfpipe, là je passe à la 3e place, mais je me dis qu'il faut savoir laisser la place aux autres ! J'ai beaucoup apprécié cette discipline, car elle permet de s'envoler très haut. Désormais, je vais peut-être passer à autre chose ! (rires) Le 11 juin, j'étais au Pro Bowl Contest à Marseille, un event international de roller freestyle. Petite déception car je suis arrivé 4e après une seconde place en qualifs. C'est le jeune Yuma Baudouin, âgé de 16 ans, qui a gagné. A 30 ans, ça me fait plaisir que des jeunes arrivent avec une grosse énergie et remportent ces compétitions. Cela prouve qu'il y a une nouvelle génération en roller !

Que penses-tu de ceux qui estiment que le roller a perdu son attractivité depuis plusieurs années et qu’il s'est fait supplanter par le skate ?

Je pense que l'industrie du skateboard a toujours essayé de faire de l'ombre au roller, depuis son apparition. A ses débuts, notre sport était méconnu mais il connaissait un boom, tant économique qu'au niveau des pratiquants. Le roller vivait exactement la même chose que le phénomène Trottinette qui s'est créé actuellement . Le skateboard a été géré, à l'époque, par des personnes plus matures. Ces dirigeants ont créé un business sans équivalent autour de leur discipline, ils en ont fait une mode. C'est pour cela que le skate est un sport indétrônable, tant pour les jeunes que pour les anciens : j'ai fait moi-même du skateboard et j'aime ça. Concernant le roller, de plus en plus de gens pratiquent ce sport de nos jours, ne serait-ce que pour se ballader ! Il faut savoir que le roller est un sport pluridisciplinaire, qui ne s'arrête pas juste à la pratique du freestyle . Un exemple, regardez du côté du sport féminin. Le roller derby est en pleine expansion, des clubs se créent tous les jours. Mais si l'on doit être sincère, le sport extrême qui supplante tous les autres en ce moment, c'est bien la Trottinette.

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