Yannick Granieri : "Cette année, objectif victoire sur une épreuve des Diamond Series !" (interview exclu)

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Yannick Granieri se prépare pour une nouvelle saison sur le FMB World Tour. Avant de partir en Nouvelle-Zélande pour le Crankworx Rotorua, le rider Red Bull s’est construit chez lui dans le sud un gros module et une piste de DH. Interview avec celui qui espère bien décrocher une première victoire en Diamond Series cette année.

Après Yoann Barelli qui nous racontait sa préparation à Whistler avec le début des Enduro World Series, on continue cet hiver notre tour des riders MTB français. Direction le sud de la France cette fois avec Yannick Granieri, revenu s’installer là il y a deux ans et qui en a profité pour se construire à deux pas de chez lui une belle descente de DH ainsi qu’un gros module comme il nous l’explique dans l’interview ci-dessous. Alors que le calendrier du FMB World Tour des Diamonds Series débute le 29 mars prochain en Nouvelle-Zélande, le rider YT Industries est de son côté directement qualifié pour ce Crankworx Rotorua à la faveur de ses résultats de l'an dernier. Et il en sera de même pour les cinq autres étapes de l’année en Diamonds Series. Une saison au cours de laquelle Yannick espère bien tout déchirer, lui qui avait vécu une année 2014 marquée par les chutes et les blessures mais terminée tout de même à la septième place. A lire aussi : Antoine Bizet : "La Nuit de la glisse, c’est vraiment une grosse production" interview exclu du rider MTB.

Comment as-tu organisé ton hiver avant de reprendre pour cette nouvelle saison 2015 ?

Ma saison 2014 s’est terminée en décembre dernier en Chine pour l’étape du FISE. Quand je suis rentré, j’avais envie de faire du gros vélo, de reprendre mon bike de descente. J’ai déménagé dans le sud il n’y’a pas si longtemps, donc je découvre encore la région. J’ai fouillé à gauche et à droite et j’ai trouvé une colline à un quart d’heure de chez moi. Je me suis mis à tracer cette descente (un spot situé près de Salon-de-Provence mais que Yannick préfère garder secret). Ça dure 2min50, c’est assez long, j’ai passé trois mois à shaper (regardez le résultat avec se caméra embarquée ci-dessous).

As-tu un peu skié également ?

J’ai fait du ski à Pra-Loup (Alpes du Sud) quelques fois. Mais pas tant que ça, notamment parce que je me suis fait mal. Une vieille blessure de septembre. Je m'étais arraché des ligaments sur le petit orteil droit. Je n’avais pas plus mal que ça jusque-là, mais en janvier, je me suis mis un coup dessus. Je me suis donc fait opérer, et ils m’ont enlevé la broche il y a 10 jours (il remontait sur le bike quatre jours après).

Un an après ton arrivée chez YT Industries, comment sens-tu ces vélos ?

Ce sont vraiment de supers bikes. En passant de chez Commencal à Polygon, je suis parti sur une belle offre. Je ne savais pas vraiment où je mettais les pieds. Au final, ça s’est bien passé chez eux où je suis resté deux ans. Et c'est la même chose chez YT Industries où ce n’est pas non plus un géant du marché mondial du VTT, donc on peut se demander sur quoi on va tomber. Mais les vélos sont vraiment étonnants, la gamme complète est pas mal du tout en fait. Et l’ambiance est assez familiale par rapport à d’autres structures. J’ai même déjà fait du vélo avec le boss, je l’appelle parfois, bref, c’est une bonne relation. Là, je vais tester prochainement un prototype de slopestyle que j’ai reçu il y a quelques jours.

Tu t’es fait installer un module près de chez toi par Shape and ride, peux-tu nous en dire un peu plus ?

J’ai acheté un air bag pour m’entrainer et du coup, il fallait que je le teste. J’ai demandé à Red Bull qu’ils m’aident et j’ai donc fait ma commande de bois chez un ébéniste. Mes potes de chez Shape and ride sont ensuite venus m’aider. On a mis une semaine pour créer la structure (voir photos). Elle fait 6m50 de haut, ça permet d’avoir de la vitesse. J’ai une bande de pote anglais qui ont prévu d'arriver dès demain (fin de semaine dernière) pour tester tout ça dont Sam Pilgrim, Daryl Brown et Matt Jones.

Yannick Granieri : "Cette année, objectif victoire sur une épreuve des Diamond Series !" (interview exclu) - photo
Yannick Granieri : "Cette année, objectif victoire sur une épreuve des Diamond Series !" (interview exclu) - photo

Au niveau du classement FMB, tu termines l’année à la septième place. Comment évalues-tu cette saison 2014 ?

C’est une année à oublier en gros. Comme en 2014, les cinq étapes des Diamond Series comptaient toutes pour le classement général, ça m’obligeait à être présent à chaque fois sur ces six épreuves. Quelques jours avant les 2 Alpes sur la première étape, j'étais en Italie sur les Nine Kinghts. Je faisais un shooting et je suis tombé sur les mains. En voulant me rattraper, je me suis disloqué un petit doigt. Je ne savais même pas qu’on pouvait se faire ça. Je suis arrivé aux 2 Alpes avec cette blessure et je suis allé voir un ostéopathe qui me la remise en place. Mais la douleur était quand même bien là et j’ai évidemment eu du mal à rouler à 100 % (il termine 16e).

Et comment s’est passé le reste de la saison ?

La suite a finalement ressemblé à ce que je viens de te dire. A Whistler, je fais le Speed and Style pour m’amuser. Et en faisait un whip, je me loupe et je me fais une grosse entorse trois jours avant le slopestyle. Autant dire que c’était mort. J’ai strappé, j’ai serré les dents, et je me suis quand même lancé dans la compet’. Finalement, je sauve les meubles sur cette épreuve (il termine à la sixième place). Sur le Bearclaw Invitational, c’est la seule compétition de l’année où je ne me suis rien fait. Je ressentais encore de la gêne sur mes deux blessures précédentes, mais c’était beaucoup plus supportable. Je termine troisième, donc le résultat est là.

Reste le District Ride et la Rampage.

Le District Ride en Allemagne, c’est là que je me foire sur le loop. Je tourne trop, j’arrive en travers et j'atterris sur mon pied. Là, je m’explose vraiment, j’ai vraiment mal, même si je termine quand même mon run (10e place). La dernière date de l’année, c’était sur la Rampage. Dans l’Utah, je ne suis pas trop mal niveau physique, mais un peu plus limité car le freeride n’est pas ma vraie discipline. Je ne me qualifie d’ailleurs pas pour la finale (30e). Voilà en gros, pourquoi je termine septième du général cette année. Après, je sais qu’il me manque aussi des figures, c’est pour ça que j’ai acheté un air bag. Je pourrai les bosser plus facilement chez moi. Cette année, l’objectif, c’est vraiment de claquer une victoire sur un event des Diamond Series. Je tourne autour depuis longtemps et je veux enfin aller au bout.

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Tu fais du dirt, mais aussi de la DH. Etre polyvalent, c’est forcément un plus, ou tu te dis qu’en te spécialisant encore plus sur une discipline, tu pourrais être plus fort ?

Les Diamond Series te doivent d’être polyvalent car il y a la Rampage en fin d’année. Aujourd’hui, c’est dur de séparer réellement dirt et slopestyle à notre niveau. Il faut être polyvalent. Savoir uniquement faire des figures sur trois bosses droites, ce n’est plus suffisant.

Au niveau des figures justement, que reste-t-il encore à inventer ?

J’ai toujours essayé d’avoir une approche différente des autres pour les tricks. On fait du freestyle et dans ce mot, il y a "free", ce n’est pas un hasard. On a déjà inventé pas mal de figures, mais il y a beaucoup de variations à faire sur les tricks. J’ai toujours voulu faire des figures que personne n’avait encore posé pour me démarquer. Ça m’énerve de voir que beaucoup de jeunes se contente de copier. Forcément, au début, tu es obligé de regarder ce que font les meilleurs pour apprendre, mais après, tu dois avoir ta propre personnalité, ta marque de fabrique. De mon côté, cet hiver, je veux bosser deux figures que j’ai en tête. Je parle pas mal avec Tom Pagès et lui aussi est bien dans cet aspect novateur de sa discipline (la preuve, Tom vient de replaquer le premier 540 Alley-oop Flair en motocross freestyle). C’est important de créer.

As-tu d’autres projets comme le saut du canal ? Un truc un peu dingue que tu voudrais tenter ?

Cette année, j’ai un projet avec Red Bull et Fox dans le même délire que celui du saut du canal (que vous pouvez revoir ci-dessous en vidéo). Ça va se faire en juin et juillet. Là ce sera sur une ligne entière. Je vais balancer tout ce que je sais faire. Ça devrait bien donner…

Au niveau de l’ambiance, tu es plus FISE Montpellier avec un public proche et qui te soutient forcément, ou Red Bull Rampage dans le cadre assez dingue des montagnes de l’Utah ?

Je suis à fond Rampage. Cette compétition, c’est l’essence de notre sport. Evidemment, un événement comme le District Ride, c’est 60 000 personnes sur le spot... Donc ça fait connaître notre sport, les sponsors sont contents car ils ont pas mal de visibilité, le public voit nos vélos, nos fringues, veut ensuite acheter le même matos que nous… bref, on connait le circuit. Mais pour moi, la meilleure compétition de l’année, c’est le Bearclaw Invitational (photo ci-dessous). Une ligne de slopestyle créé au fin fond d’une forêt. Il n’y a personne à part nous. En tout, on doit être 50 sur place. Là, c’est le vrai esprit du mountain bike.

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Tu shapes aussi parfois sur le circuit notamment sur le Crankworx Les 2 Alpes. Tu aimes imaginer des lignes, créer des nouveautés ?

Ça fait trois ans que je bosse avec le Crankworx Les 2 Alpes. Cette année, je devrais repartir pour un tour. C’est une partie de mon job que j’aime bien, car finalement, on nous donne l’opportunité de créer ce que l’on veut. Ce n’est pas comme un stade de foot où il y a des normes sur l’aire de jeu. De notre côté, on peut faire ce que l’on veut avec du bois, de la terre, de la ferraille… Tu crées vraiment ton truc. Les deux premières années sur le slopestyle du Crankworx des 2 Alpes, j’ai vraiment essayé de créer un parcours qui plaisait à tout le monde. Ça partait tranquille, sans trop de vitesse, et ensuite, ça s'emballait et les modules devenaient de plus en plus gros. C’était fait de manière à ce que tous les types de riders s’amusent dessus. L’année dernière, j’ai voulu innover avec cet open loop. Evidemment, certains étaient un peu étonnés du module, mais en général, ça a bien pris. J’ai de nouvelles idées pour cette année et mes potes vont me dire si ça le fait ou pas.

Quelle est la prochaine compet’ pour toi ?

Direction la Nouvelle-Zélande pour le Crankworx Rotorua (le 29 mars). Ce sera la première étape des Diamond Series. J’espère bien tout casser.

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